G ALLIPOT.I ET LES DARDANELLES
docteur m’indique et me montre où se trouvait Troie,
Campos ubi Troja fuit,
et me désigne le Scamandre , dont les eaux se marient à celles où nous roulons, et me fait voir un tumulus sur le bord de la mer, lequel doit être le tombeau d’Achille, une voix narquoise chante derrière moi ce morceau moderne :
Je suis le bouillant Achille,
Bouillant Achille,
Bouillant Achille,
Le grand myrmidon, etc., etc.
Le moyen d’être ému !
Je dois dire que tout ce que nous voyons ne ressemble en rien aux poétiques descriptions d’Homère et de Virgile ; partout des côtes plates, de petites montagnes sans verdure et dévastées ; le seul intérêt qu'offre cette partie du voyage, consiste en quelques retranchements, armés de - canons, que les Turcs ont construits en vue d’une guerre avec l’Occident.
Les Dardanelles ferment l’Hellespont. Une fois le détroit franchi, on entre incontinent dans la
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pleine mer. Les vagues sont déjà plus montueuses, le vent siffle dans les cordages et le roulis commence à travailler quelques estomacs mal équilibrés.
A peine avons nous débouché dans l'Archipel que :
Est in conspectu Tenedos.
Je vous demande pardon de tant d’érudition :
cela ne m’arrivera plus.
Dès lors nous courons à travers les îles chantées parles poètes. Yoici Lemnos à notre gauche, Imbros à notre droite et Samotraki, l’antique Samothrace qui se découpe en perspective. Toutes ces îles ne sont plus que des grandes masses de rochers volcaniques, sans un pouce de verdure et sans un habitant. Admirables refuges pour des contrebandiers , on comprend combien elles étaient favorables à la piraterie de ces mers hérissées d’écueils.
Vers le soir, nous approchons du golfe de Salonique. Le docteur nous montre dans le lointain une immense montagne conique qui semble sortir des flots et dresser sa tête majestueuse dans