‹ Voyages d'un fantaisisteChapitre 94 sur 116 · VOLO · texte numérisé non relu

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est circulaire et circonscrite par des collines boisées et fertiles ! Les indigènes nous apportent des morceaux d’os, des tronçons d’épées romaines, des débris de cuirasses qu’ils prétendent authentiques. Nous nous méfions et nous laissons ces souvenirs aux Anglais qui nous suivent.

Rien n'est plus pittoresquement situé que Yolo. Yolo n’est point une ville, c’est une série de petits villages grecs et turcs, anciens repaires de bandits, semés sur le rivage et dans les infractuosités de la montagne. La ville grecque n’offre aucun intérêt. Quant à la ville turque, nous n’avons pas pu y séjourner longtemps.

La ville turque est tellement séparée et éloignée de la ville grecque que les habitants semblent n’avoir jamais vu les Européens. Nous nous

étions réfugiés, loin des rayons du soleil, autour d’un arbre qui croissait au milieu d’une place. Assis par terre, à la turque, nous contemplions une superbe négresse qui, les bras nus, puisait de l’eau à la fontaine pour en remplir sa cruche à la forme biblique, quand une nuée d’enfants

turcs, à peu près nus, envahirent notre campe-

ment et se mirent à nous jeter des cailloux en nous appelant : « Giaours /»

De graves Turcs, qui assistaient à la scène, contemplaient ces jeunes drôles avec une impassibilité parfaite et en fumant gravement. Ils n’attendaient qu’un simulacre d’hostilité de notre part pour nous faire un mauvais parti. *Ce dernier cas échéant, notre consul n’aurait pas manqué de nous dire avec raison : « Et que diable aussi alliez vous faire dans la ville turque? »

Souvenirs mythologiques et classiques. — Le Pirée. — Athènes. — L’Acropole. — Pleine iner. — Le mal de mer. — La Sicile. — Le Stromboli. — Arrivée à Naples.

2 octobre.

Nous nous réveillons dans le golfe d’Athènes. Pendant la nuit, nous avons longé l’ile d’Eubée, dont la pointe sud disparaît dans le brouillard. Nous sommes depuis l’aube installés sur le pont. Déjà, avec une bonne lunette, on aperçoit sur un mamelon assez escarpé les ruines de l’Acropole ; au pied, s’étendant dans la plaine, la moderne Athènes, et devant nous le Pirée, avec son port rempli de vaisseaux.

Ma foi, je confesse que celte vue m’a impressionné. On n’a pas fait impunément cinq ans de

' grec pour ne pas s’en souvenir à l’occasion, et les ruines d’Athènes ont une majesté et une grandeur (lui sont faites pour émouvoir le cœur le plus sceptique et le plus indifférent.

Aussi supplions- nous le capitaine Thumin de nous faire arriver de bonne heure. A midi, nous pénétrons dans le port du Pirée; à une heure, nous roulions en chemin de fer vers Athènes, et dix minutes plus tard nous faisions notre entrée dans la vieille capitale de l’Atlique.

- O éducation du collège ! O saint baccalauréat ! O professeurs de troisième ! O racines grecques ! à quoi nous avez-vous servi ? Eh quoi! nous aurons pendant plusieurs années appris le grec, traduit le grec, écrit le grec, pour être incapables de demander à la buraliste d’un chemin de fer un billet d’aller et retour pour Athènes?

Je fais ce procès à l’Université, non pas pour qu’elle apprenne aux élèves le grec moderne, mais pour qu’elle leur enseigne la prononciation véritable du •grec ancien. Il y a cent à parier contre un, que Thérnistoclo prononçait le grec à peu près comme on le prononce aujourd’hui, et qu’il

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