‹ Voyages d'un fantaisiste Vienna--Le Danube--Constantinople--Chapitre 65 sur 122 · VOYAGE A LA RECHERCHE D'UNE LETTRE · texte numérisé non relu

VOYAGE A LA RECHERCHE D'UNE LETTRE

Je n'insiste pas autrement sur tous ces petits détails, qui sont nombreux et qui viendront à tour de rôle réclamer quelques lignes dans mon courrier; le lecteur me permettra d'arriver à l'hôtel et de m'y reposer quelques instants.

Ce ne sera pas long. L'aspect de Constantinople est si curieux, si étrange, si nouveau, si imprévu, si loin de Paris que nous oublions bien vite nos pieds endoloris, nos chemises trempées de sueur, une nuit passée dans un tiroir de commode avec ce roulis, et que nous nous mettons en route au hasard.

Il faut d'abord passer à la poste. Un flot de lettres doit nous y attendre. Le drogman de l'hôtel ne nous cache pas qu'il faut un certain courage et une notable énergie pour courir après des lettres adressées poste restante. Je suis trop impatient d'avoir des nouvelles de Paris pour attendre un meilleur moment, et je pars de mon pied le plus léger.

Il n'y a pas de poste générale à Constantinople. La poste turque ne s'occupe pas des étrangers. Chaque ambassade a donc créé une poste soit à

Péra, soit à Galata, pour le service de ses nationaux. Je me rends naturellement à ma poste, à la poste française, qui me remet une lettre nnique, signée Isidore. Cette lettre ne m'annonce rien de neuf. J'insiste près de l'employé, qui finit par avoir pitié de mon désappointement et me conseille de remonter deux rues et d'aller voir à la poste prussienne, qui reçoit aussi des lettres de Paris par une voie différente. Je soupire longuement et je m'en vais à la poste prussienne. Je n'y trouve rien, mais si je consens à descendre deux autres rues, l'employé prussien, qui porte des lunettes comme tous les Prussiens , m'assure que je trouverai des lettres à la poste autrichienne, qui vient de recevoir son courrier du Danube.

Cette réponse me donne quelque espérance, et je me rappelle que ce fameux courrier a dû arriver avec nous ce matin même.

Nous redescendons sur les pavés moelleux; mes souliers sont percés d'outre en outre. Arriverons-nous ? Nous arrivons.

Le courrier n'est pas encore dépouillé; on nous

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