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LE VAPEUR A CL E M B Y

excessive ; malheureusement, la culture est insuffisante et le gibier est rare. L'alimentation est réduite à de la vieille farine de manioc, à du bacallao (morue) et du piraroucou desséché (grand poisson). Les rares Indiens qui occupent ces parages cultivent un peu de manioc, des bananes et quelques poignées de riz. Us ont deux espèces de manioc : l'une dont le suc est toxique, et qui sert à fabriquer du couac (farine en grumeaux), et l'autre appelée yuca, que l'on coupe en tranches et fait bouillir avec la viande comme des pommes de terre ; c'est le cramanioc des créoles de la Guyane. La végétation de cette région n'est pas la même que celle du cours inférieur de la rivière, et la plante qui fournit le poison des flèches (Strychnos Castelneana) n'existe pas dans ces parages ; les Indiens qui ont absolument besoin du curare pour la chasse sont obligés de descendre à cent lieues pour se le procurer. Cet agent toxique est très estimé dans le haut Iça ou Putumayo ; il me sert pour acquérir des objets que je ne puis obtenir avec de l'argent. Un

petit pot tle curare que j'ai payé une piastre (quatre francs) dans le Yahuas en vaut cinq à Cuemby.

La population établie sur les rives de l'Iça est des plus minimes. Nous n'avons pas compté deux cents personnes dans les huttes que nous avons rencontrées çà et là. L'Indien du haut Amazone, comme celui des Guyanes, fuit la grande rivière pour se réfugier dans les affluents; la pèche et la chasse y sont plus faciles, et il n'est pas tracassé par les blancs qui veulent exploiter son travail et lui ravir sa liberté.

De temps à autre ces enfants de la nature acceptent des relations avec un chercheur de salsepareille ou de cacao, mais elles ne sont pas de longue durée. Une fois qu'il a troqué sa hache de pierre contre un couteau ou un sabre d'abatis, il trouve la société du

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