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POTERIE DES OREJONES

s'écriaient mes compagnons saisis d'enthousiasme; ayant échoué à ce point, nous passons la nuit en vue de la Cordillère.

\\ mai. — Une légère crue nous remet à flot et nous marchons en sondant. Nous éprouvons quelques difficultés au niveau de l'île Dionisio, qui est ainsi désignée du nom d'un Indien qui nous sert de pilote. Nous trouvons un chenal en rasant la rive gauche qui forme la grande courbure. Nous naviguons le reste de la journée sans rencontrer le moindre écueil.

12 mai. — Bien que le volume des eaux diminue considérablement, la navigation est plus facile que les jours précédents, parce que la rivière, traversant des terres plus élevées, se rétrécit de moitié et présente une profondeur double. Comme dans tous les endroits encaissés, on ne trouve pas d'îles.

A huit heures, nous passons devant la crique Youminia, près de laquelle on voit les restes d'une hutte occupée par une négresse brésilienne qui a remonté cette grande rivière pour fuir l'esclavage. Un peu plus haut, nous trouvons une autre femme qui est dans le même cas; elle nous raconte qu'elle a fait son voyage en quatre mois. C'est ce

temps qui a été employé par plusieurs canots en remontant depuis San Antonio jusqu'à Cuemby.

A huit heures quarante-cinq minutes, le capitaine commande de mouiller. Le Canuman est arrivé au terme de sa mission. Nous sommes devant Cuemby, petit hameau de trois huttes où la Compagnie Reyes a fait déposer un chargement de quinquina. Le baromètre indique 733mm,5, c'est-à-dire que l'altitude est d'environ deux cent soixantecinq mètres au-dessus du niveau de la mer. La température est très supportable : à sept heures du matin, le thermomètre indique 21°, 5 ; à dix heures, 25 degrés, et à midi, 26 degrés. L'équipage, qui n'est plus incommodé par les pions et les moustiques, réparerait rapidement ses forces épuisées par un travail pénible sous une température

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