VIII NOTICE SUR LE DOCTEUR CREVAUX
11 alla jusqu'à proposer à M. le Ministre de l'instruction publique l'abandon de celle qui lui était décernée pour faire aboutir la demande qu'il avait faite en ma faveur. 11 ne m'en avertit qu'après coup, siir, du reste, que je n'aurais pas accepté un si généreux mais si injuste renoncement.
Son tour d'esprit était vif, enjoué ; mais ses mots, justes, spirituels, n'étaient jamais
méchants.
Nommé aide-médecin le 24 octobre 1868, grade correspondant à celui d'aspirant de première classe ou de sous-lieutenant, il fit ses débuts dans la carrière maritime sur le transport la Cérès et put jeter, en passant, un coup d'oeil sur nos colonies du Sénégal et des Antilles.
C'est à bord de ce navire qu'il observa un cas d'hématurie chyleuse qui devint le point de départ de sa thèse inaugurale.
La fatale guerre de 1870 vint à éclater. La marine ne joua dans la première partie de la campagne qu'un rôle assez effacé. Les membres du gouvernement de la Défense Nationale surent comprendre le parti qu'on pourrait tirer, sur terre, du dévouement, du savoir et du courage de nos valeureux marins. En même temps que les canonniers se dirigeaient sur Paris, des bataillons de fusiliers-marins tirés de tous les ports venaient les soutenir ou se dirigeaient sur les armées de province. Crevaux, désespéré des premiers événements, était dévoré d'impatience et depuis longtemps cherchait à faire utiliser le grand courage et l'ardent patriotisme qui se révoltaient en lui à l'idée de l'inactivité forcée. Il put enfin obtenir un emploi dans le quatrième bataillon de marins de Cherbourg. A la journée de Fréteval, ce bataillon fut décimé, son commandant tué, son médecin fait prisonnier en soignant ses blessés. Crevaux parvint à s'échapper et se rendit à Bourges, où il se mit à la disposition du Ministre de la guerre. Celui-ci lui confia plusieurs missions, et le jeune médecin {(orla divers ordres, d'abord dans Orléans occupé, puis dans Salins investi par l'ennemi. Blessé à Chaffois, le 24 janvier 1871, d'une balle à l'avant-bras, il vint reprendre son poste dans les bataillons de marins, qu'il ne quitta qu'en avril pour rentrer à Brest.
Le 28 octobre 1873, il fut nommé médecin de deuxième classe, grade correspondant à celui d'enseigne de vaisseau ou de lieutenant.
Embarqué sur le Lamothe-Piquet, il fil la campagne de l'Atlantique sud et se rendit à la Plala, qu'il ne devait revoir que pour y mourir.
Déjà il avait découvert dans les urines chyleuses le ver de Wucherer ; ici, il se distingua de nouveau par sa sagacili' : une doctrine établie à cette époque considérait les énormes pierres polies et striées des pampas de la IMata comme des blocs erratiques transportés par un glacier. Il n'eut pas de peine à démontrer à la Société de géologie que ces roches sont les mêmes (|ue celles sur lescjuelles elles reposent, (M (pielles ont dû