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XVI DERNIÈRES LETTRES DU DOCTEUR CREVAUX

D'un autre côté, à en croire les Indiens, nous aurons à franchir un rapide haut de plusieurs mètres. Mais j'espère, avec l'habitude que j'ai acquise de naviguer sur les rivières, pouvoir surmonter cet obstacle sans avaries notables. Ce qui me préoccupe bien davantage, ce sont les grandes lagunes dont parlent les anciens voyageurs. Si l'on considère le peu d'altitude de notre point de départ qui atteint à peine 400 mètres audessus du niveau de la mer, si l'on lient compte de la nature des terrains, et si l'on s'en rapporte aux renseignements vagues des Indiens, je crois que nous aurons à traverser quelques régions marécageuses où notre navigation sera difficile, sinon impossible. C'est en prévision de ces difficultés que j'ai fait construire des canots très légers.

Je pense que nous atteindrons l'Assomption du Paraguay dans vingt à trente jours. J'aurai l'honneur de vous adresser ma correspondance officielle par l'intermédiaire de M. le préfet de Tupiza'.

J'ai l'honneur d'être, de Votre Excellence, l'obéissant et fidèle serviteur.

J. Crevaux.

P. S. — Les RR. PP. Fransciscains, et particulièrement le Préfet des missions du Chaco, le P. Doroteo Diamichini, nous ont rendu les plus grands services. Je prends la liberté de prier Voire Excellence de vouloir bien les remercier officiellement pour leur concours efficace. Les services rendus par ces modestes religieux sont beaucoup plus considérables qu'on ne le croit généralement; ils ont rendu un grand service à la Rolivie en conquérant 10 000 sauvages à la civilisation.

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