P. J. DE SET, S. J
Fort des Mortagnes, 5 oc‘obre 1845.
+ Monseigneur,
L'aspect du pays n'offrit rien de bien intéressant pendant les quelaues jours que nous voyageñmes avec le petit camp des Assiniboins. Nous traversâmes plusieurs vallées situées entre deux hautes chaînes de montagnes granitiques, dont les versants sont çà et là défendus par des remparts d'une neige éternelle. Une belle source limpide sort du centre d'un rocher perpendiculaire d'environ cinq cents pieds de haut, et répand ensuite ses eaux écumantes dans la plaine qu'elle couvre de vapeurs.
Le 29, nous nous séparämes des Assiniboins.
Le sentier nous conduisit à travers une épaisse forêt de cyprès. On m'a dit que c'était la dernière. Deo gratias ! Ces ceintures d'énormes sapins sont très-nombreuses et présentent de grands obstacles aux communications du pays entre l'est et l’ouest des montagnes. J'ai un petit avertissement à donner.à ceux qui désirent visiter ces latitudes. En entrant dans une forêt épaisse, il faut tâcher de se rendre aussi mince, aussi court et aussi resserré que possible, et imiter, dans toutes les circonstances, mais avec adresse et présence d'esprit,