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dans ces nouvelles missions, où le doigt de Dieu s'est si visiblement manifesté, et que le Ciel accordera à l'Indien tout ce qu'il demandera pour vous. Que je serais heureux, Madame, de pouvoir vous faire comprendre combien est grande, douce et ravissante leur dévotion envers l’auguste mère de Dieu! Le nom de Marie, prononcé dans la langue indienne , a une suavité qui les réjouit et les charme. Les cœurs de ces bons enfants des forêts s'attendrissent et semblent déborder quand fs chantent les louanges de celle qu'ils appellent, . comme nous , leur Mère. Oh ! je suis sûr, d'après les dispositions que je leur connais, qu'ils ont une place distinguée dans le cœur de la sainte Vierge ; et que par l'intercession de Marie, que tant d'âmes ferventes invoquent , vous obtiendrez tout ce que vous demanderez ; car je connais assez bien votre piété pour être certain que vous ne demandecrez jamais que ce qui peut augmenter la gloire de "Dieu, sanctifier votre âme et celle de vos enfants. Permettez-moi maintenant de causer quelques instants avec vous des Indiens et de moi-même, car j'ai été privé de ce bonheur depuis le printemps de 1843, où j'eus l'honneur de m'entretenir avec vous. Le G novembre de l'année suivante, le R. P. A. Hoecken vint à ma rencontre, accompagné de plusieurs naturels de la tribu des Pendants-d'Oreille de la baie, parmi lesquels j'avais résolu deux années auparavant d'ouvrir une mission. Ils me témoignèrent la plus vive joie, et
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m'accablèrent d'amitiés en me voyant revenir parmi eux. Ils me conduisirent en triomphe à leur camp, et me reçurent au milieu des décharges de mousqueterie et au son des trompettes. Il me serait impossible de vous exprimer les sentiments que jéprouvai en voyant ainsi réunie la première troupe de mes chers néophytes et de mes enfants en Dieu , et de vous faire comprendre la joie vive et profonde que mon cœur ressentit en cetce circonstance. Combien de choses n'avions-nous pas à nous communiquer les uns aux autres ! Je leur donnai quelques détails courts et intéressants sur les vastes contrées que j'avais parcouraes depuis mon départ d'au milieu d'eux , c'est-à-dire depuis quinze mois, dans le but de travailler au bonheur et au salut des Indiens. J'ai traversé le grand désert américain , et visité un grand nombre de nations guerrières et nomades qui s'étendent depuis l'océan Pacifique jusqu'à la frontière de l'État da Missouri ; j'ai voyagé, dans les États-Unis, de la Nouvelle- Orléans à Boston ; j'ai franchi l'Atlantique, vu une erande partie de l'Irlande et de l'Angleterre, toute la Belgique, la Hollande et la France. J'ai passé par Marseille , par Gênes, la ville des palais, Livourne et Civita-Vecchia , pour me rendre dans la capitale du monde chrétien. De Rome, j'ai été à Anvers ; j'ai doublé le cap Horn ; j'ai touché au Chili etau Pérou, et passé deux fois sous l'équateur ; enfin J'ai débarqué au fort Vancouver, sur la Columbia, et j'ai eu le bonheur, le G novembre, ORÉGON 10
d'embrasser mes chers néophytes, qui ont prié pour moi avec ferveur pendant tous ces longs voyages par mer et par terre , accomplis sous des climats si différents et dans toutes les saisons de l'année, sans que ma santé en souffrit et sans qu'il m'arrivât le moindre accident. Gloire à Dieu pour sa protection si spéciale, et mille actions de grâces aux bons Indiens, qui depuis mon départ jusqu'à mon retour n'ont cessé d'appeler matin et soir les bénédictions et le secours du Ciel sur son indigne serviteur !
Les informations que le jeune missionnaire me donna sur leur condition présente sont trop intéressantes pour que je les passe sous silence. Je vous les donne comme une preuve des grâces que Dieu a répandues dans les cœurs bien disposés de ce peuple. Ils se sont soumis strictement à tout ce que je leur ai recommandé dans les visites que je leur fis en 1841-1842.
«€ La première chose qui me frappa en arrivant parmi eux, dit le P. Adrien Hoecken dans une lettre familière, fut l'affection vraiment fraternelle et l'union parfaite qui animait toute la tribu et semblait n'en faire qu'une famille. [ls ont voué amour, respect et obéissance à leurs chefs, et, ce qui est plus admirable encore, si l'on en croit le témoignage de leurs chefs eux-mêmes , ils ne demandent et ne désireñt tous que la même chose. Ces chefs sont réellement les pères de leurs peuples, comme un bon supérieur est le père d'une
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communauté religieuse. Les chefs des Kalispels parlent avec autorité, mais jamais en vain, au moment où un vœu est exprimé, un de leurs serviteurs s'empresse de l'accomplir. Quelqu'un est-il impliqué dans quelque difficulté ; est-il pauvre ou malade, on désire-t-il entreprendre un voyage long ou court, il consulte son chef et conforme sa conduite à l'avis qu'il en reçoit. Lorsque les Indiens veulent se marier, ils consultent encore leurs chefs, qui sanctionnent, diffèrent ou désapprouvent les unions, suivant qu'ils les jugent utiles ou contraires au bonheur des parties. Le chef, en qualité de père, s'efforce de pourvoir aux besoins de sa nation. C'est lui, par conséquent, qui règle Ja chasse, la pêche et la récolte des racines et des fruits. Tout is gibier et le poisson sont apportés dans sa loge et divisés en autant de portions qu'il y a de familles. La distribution s'en fait avec une scrupuleuse impartialité. Les vieillards, les infirmes et les veuves reçoivent une part égale à celle des chasseurs. Ceci ne ressemble-t-il pas un peu à l'âge d'or, à ces temps heureux où tout était mis en commun, et où il n'y avait qu'un cœur et qu'une âme, ainsi que nous l'apprennent les apôtres ? Les plaintes, les murmures et les médisances sont inconnus ici. Le blasphème n'est
Jamais sorti d'une bouche indienne ; il n'ÿ a même pas de mot dans leur langue pour J'exsrimer.
A l'arrivée de la Robe noire, les grands chefs lui
expliquèrent leur manière de vivre avec une sim-
plicité patriarcale. « Nous sommes ignorants , dirent-ils , mais maintenant que nous avons le bonheur d'avoir ure Robe noire parmi nous, nous écouterons sa voix et lui obéirons. Nous nous soumettrons avec joie à toutes les réformes qu'il jugera nécessaires et qu'il exigera. »
La Robe noire confirma et approuva les bons usages et les coutumes qu'il trouva établis dans ce petit coin du monde où, malgré leur pauvreté, les Indiens semblaient tous heureux et contents. On est vraiment ému de les entendre parler des ténèbres dans lesquelles ils étaient jadis plongés, et de les voir tressaillir de joie à l'explication de la doctrine de l'Évangile et des vertus chrétiennes , qu'ils pratiquent et qui semblent enflammer leurs cœurs. Toute leur ambition consiste à écouter avec docilité la parole de Dieu, et à être tout à fait capables de comprendre et de réciter leurs prières. La piété est ce qu'un jeune homme recherche avant tout dans celle qui doit être sa femme , et ce qu'une jeune femme désire trouver dans celui qui doit devenir son mari. Dans leurs moments de loisir, ils entourent et, si je puis m'exprimer ainsi, ils assiégent leur missionnaire. Ils ajouteraient volontiers la nuit au jour, si le prêtre pouvait avoir les forces suffisantes pour leur parler sans cesse des choses célestes. L'orgueil et le respect humain leur sont absolument inconnus. (Uombien de fois n'avons-nous pas vu des vieillards à cheveux blancs et même des chefs s'asseoir à côté de
nts , jeunes enfants de dix ou douze ans, qui leur ensei- ll ns le gnaient les prières et leur détailiaient avec une fe nous gravité doctorale les figures de l'échelle catho- Ï nous lique ; on écoutait leurs explications, qui duraient Mb : qu'il une ou deux heures, avec toute l'attention d'élèves fi î soumis. Dans les temps de disette, quand le gibier | 1 FA bons ou le poisson manquent, où qu'ils sont éprouvés f in dans par d'autres revers, vous ne voyez paraître aucun | ‘Ai reté , signe dl'impatience. Ils sont paisibles et résignés , 4 lents. et acceptent ces rudes privations comme des puni- à r des tions de leurs péchés ; tandis qu'ils attribuent leurs de igés , succès à la bonté de Dieu, qu'ils glorifient de tout k de la leur cœur. Le lieu de résidence habituelle des S'ASER Ines , Kalispels, où se trouve maintenant la Réduction de leurs | de Saint-[gnace, est une prairie étendue , appelée DEN outer la baie des Kalispels , située à trente où quarante < à fait milles au-dessus de l'embouchure de la rivière ères. Clark ou Flat-Head. Dans le voisinage de ia mis- PE erche sion existe une belle grotte que j'ai nommée la PR et ce grotte de Manresa, en l'honneur de notre saint al Ï qui Fondateur. Elle est très-grande et pourrait, à peu "ENS ts de de frais, être transformée en église. Puissent les nu ainsi, Indiens s'assembier en foule dans cette nouvelle hu aient Manresa, et, à l'exemple de leur patron S. Ignace, à uvait être pénétrés du sentiment des #hoses célestes et À à sans enflammés de l'amour de Dieu ! ca spect Je me souviendrai toujours avec plaisir de nbien l'hiver de 1IS£4-1845 que j'eus le bonheur de | che- passer au miieu de ces bons Indiens. Le lieu tt té de destiné au quartier d'hiver avait été bien choisi ; { hi
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il était pittoresque, agréable et convenable. Le camp était placé près d'une belle chute d'eau occasionnée par un immense rocher qui barrait le passage du Clark. Cette rivière, obligée de s'ouvrir d'étroites issues, se précipite du haut de cette masse granitique. Une épaisse et interminable forêt nous protégeait contre les vents du nord, et un nombre incalculable d'arbres morts gisant de tous côtés fournissaient abondamment à l'entretien de nos feux pendant cette saison inclémente. Nous étions entourés de hautes montagnes dont les sommets neigeux , illuminés par le soleil, reflétaient leur éclat sur tout le pays environnant. Lorsque le lieu d'hivernage fut choisi , le premier soin des Indiens fut de construire la maison de prière. Pendant que les hommes abattaient de jeunes arbres, les femmes apportaient des écorces ou des nattes pour couvrir l'édifice. En deux Jours cette humble demeure du Seigneur fut terminée. Elle était réellement humble et pauvre ; mais c'était la véritable maison de la prière, où des âmes simples, pures et innocentes offraient au Grand-Esprit leurs vœux et le tribut de leur affection. C'est ici que les missionnaires continuérent avec soin et diligence leurs instructions préparatoires au baptême. Combien il était consolant de nous voir entourés par cette assemblée fervente qui avait renoncé à la chasse du buffle, si attrayante pour un Indien, et qui était venue des différentes parties du pays pour se placer sous
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notre direction, avec l'espérance bien fondée d'être promptement régénérée dans les eaux salutaires du baptême ! Ils avaient déjà appris leurs prières et toutes les choses qu'il faut pratiquer. Ils s'appliquèrent avec ardeur à connaître la nature et les obligations du sacrement de la régénération , et à acquérir les dispositions nécessaires pour is recevoir dignement.
La grande fête de Noël, jour auquel la petite troupe devait être mise au nombre des vrais enfants de Dieu, ne s’effacera jamais de la mémoire de nos bons Indiers. La manière dont nous célébrâmes la messe de minuit pourra vous donner une idée de notre fête. Le signal du lever se donna quelques minutes avant minuit, au moyen d'un coup de pistolet qui annonça aux Indiens que la maison de prière allait bientôt être ouverte. Cette explosion fut suivie d'une décharge générale de fusils en l'honneur de la naissance de l'Enfant sauveur, et trois cents voix s'élevèrent spontancment du milieu de la forêt et entonnèrent, dans la langue des Pendants-d'Oreilles, le beau cantique : « Du Dicu tout-puissant tout annonce la gloire. » En un moment une multitude d'adorateurs prirent le chemin de l'humble temple du Seigneur, qui ressemblait vraiment à l'étable dans laquelle naquit le Messie. Dans cette nuit, qui était brillante comme le jour, ils éprouvèrent je ne sais quoi qui leur fit dire à haute voix: « O Dieu ! je te donne mon cœur, » J'espere que
l'heureuse impression que ce spectacle inaccoutumé a faite sur leurs cœurs ne s'effacera jamais. De quoi était construite notre petite église du désert ? Je vous l'ai déjà dit : de poteaux fraichement coupés dans les bois, et recouverts de nattes et d'écorces ; c'étaient à tous les matériaux. Elle était ornéc de guirlandes et de couronnes de rameaux verts, qui représentaient en quelque sorte les touchants mystères de la nuit de Noël. L'intérieur était tapissé de branches ; l'autel était proprement décoré de paillettes qui formaient des étoiles d'un éclat divers, et d'une grande quantité de rubans : toutes choses qui attirent excessivement les regards des naturels. À minuit, je célébrai une messe solennelle pendant laquelle les Indiens chantèrent plusieurs cantiques analogues à la circonstance. La promesse de la pai: annoncée dans le premier verset de l'hymne angélique « le Gloria, — Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, » était, je puis le dire, accomplie à la lettre parmi les enfants de la forêt. Un grand banquet, selon la coutume indienne, suivit la première messe, Quelques morceaux choisis de venaison avaient été mis de côté pour cette circonstance. J'y ajoutai un demi-sac de farine et un grand chaudron de café sucré. L'union, le contentement, la joie et la charité qui régnaient dans toute l'assemblée peuvent bien faire comparer ce repas aux agapes des premiers chrétiens.
Après la seconde grand'messe, tous les adultes,
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ayant les chefs à leur tête, se présentérent à l'église pour recevoir le baptême, objet de leurs vœux et de leurs longs désirs. Les hommes et les femmes âgés que j'avais baptisés deux années auparavant furent les parrains de tous. Les hommes étaient placés d'un côté, suivant la coutume du Paraguay (1), ét les femmes de l'autre.
(1) Personne n'ignore que les missionnaires jésuites avaient, au prix de leurs sueurs et de leur sang, essayé, veis le commencement du dix-septième siècle(1610), d civiliser les nations féroces du centre de l'Amérique méridionale, et de les amener à la connaissance et à la pratique du christianisme. Ils étaient parvenus à réunir un grand nombre de peuplades sauvages dans des habitations fixes, connues sous le nom de Réductions, et presque toutes situées aux environs des grands fleuves du Paraguay, de l'Uruguay, du Parana, etc. Ces nations, en embrassant la foi chrétienne, s'étaient volontairement placées, à la persuasion de leurs missionnaires, presque tous Espagnols, sous la domination des rois d'Espagne, dont la puissance les protégeait contre les insultes âes Portugais du Brésil, moyennant un léger tribut et un service militaire en cas d'invasion. Les jésuites, seuls fondateurs et pères spirituels de ces colonies, en surveillaient encore l'administration temporelle ; et l'entrée en était sérieusement interdite, par les rois d'Espagne, aux étrangers qui, ainsi que l'expérience l'avait fait connaître, n'y paraissaient que pour y apporter les vices de l'Europe ou essayer d'y faire des esclaves. Nous n'entrerons pas dans le détail de ce qu'elles offrent d'édifiant et d’admirable dans leurs lois et leurs coutumes, dans les mœurs et les vertus de leurs habitants, autrefois indignes du nom d'hommes, et, depuis leur conversion, dignes de servir de modèles aux plus saintes et aux plus heureuses sociétés. Mais, hélas ! tout cela n'existe plus ! Les Réductions sont détruites depuis que les jésuites furent
Je fus assisté pendant la cérémonie par le P. Hoecken, leur digne et zélé missionnaire, Chaque chose se fit avec ordre et convenance. Permettez-moi de répéter ici que je serais heureux de pouvoir com-
muniquer aux âmes zélées et ferventes ces délicieux sentiments, ce débordement du cœur qu'on éprouve en de pareilles circonstances. C'est là vraiment la plus grande consolation du missionnaire ; c'est ce qui lui donne la force et le courage de iravailler avec tant de zèle à amener les hommes à la connaissance du vrai Dieu en dépit de la pauvreté, des privations de tout gere et des dangers qu'il rencontre à chaque pa ‘u, certainenent la promesse du Sauveur s'accomplit à son égard, même en cette vie : « Vous serez récompensés au centuple. » Les frivolités du monde qu'il abandonne ne peuvent pas être comparées aux bénédictions qu'il trouve dans le désert. Le prêtre n'adresse pas en vain aux Indiens ces belles paroles du rituel romain : « Recevez cette robe blanche, etc. Recevez ce manteau, etc. » Il peut être certain que le plus grand nombre deses catéchumènes porteront ce vêtement sans tache, et
expulsés du Paraguay par le trop célèbre marquis de Pombal, (1757) et plus tard (1767), chassés de l'Amérique par l'ordre du roi d'Espagne Charles IT. Tristes fruits d'une pulitique brutale et satanique ! Mais l'impiété applaudit à la destruction des jésuites ; peu lui importait le sort des Indiens qui allaient retomber dans toutes les hontes et les horreurs de la barbarie ! (Note de la présente édition.)
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conserveront leur innocence baptismale jusqu'à l'heure de la mort. Quand je leur demandais ensuite s'ils n'avaient pas offensé Dieu, si leur conscience ne leur reprochait aucune faute, combien de fois j'ai reçu cette consolante et touchante réponse : « O Père ! dans le baptème j'ai renoncé au péché, je m'efforce donc d'éviter le péché ; la seule pensée d'offenser Dieu m'effraie! » Les cérémonies du baptême furent terminées par une seconde instruction et par ia distribution de chapelets ; les Indiens ont coutume de dire une partie du rosaire, chaque soir, en public.
Vers trois heures «e l'après-midi, on donna pour la première fois la bénédiction solennelle du très Saint-Sacrement. Immédiatement après, plus de cinquante couples, parmi lesquels se trouvaient plusieurs personnes âgées de quatre-vingts ans, vinrent pour renouveler devant l'église leurs promesses de mariage. Je ne pus retenir mes larmes à la vue de cette simplicité vraiment primitive , des témoignages d'amour et d'affection qu'ils se donnaient les uns aux autres pour gage de leur foi. On leur fit une dernière instruction, et des actions de grâces furent rendues à Dieu pour toutes les bénédictions qu'il avait daigné verser sur eux en ce jour à jamais mémorable. La récitation des prières et le chant des hymnes retentirent dans toutes les loges jusqu'à une heure bien avancée de la nuit.
Les PP. Mengarini et Serbinati (ce dernier est
mort depuis) eurent la consolation de voir toute la tribu des Flat-Heads (Tétes-Plates), qu'ils avaient évangélisée, s'approcher de la sainte table en ce jour. Douze jeune Indiens, que le P. Mengurini avait instruits, exécutèrent avec exactitude plusieurs morceaux de musique pendant la messe de minuit. Les PP. Point et Joset eurent aussi la consolation d'admettre à la sainte communion, en ce jour propice, la tribu presque entière des Cœursd'Aléne. Le P. Point a donné les détails de cette première communion dans une lettre qui a été publiée, et que vous avez lue sans doute avec plaisir. La fête de Noël de 1844 fut donc un grand et glorieux jour aux montagnes Rocheuses.
Je terminerai certe lettre, qui est déjà bien longue, par quelques mots sur les Pendantsd'Oreilles de la baie. Dès les premiers jours du printemps de 1845, ils commencèrent à bâtir dans le lieu destiné à être la Réduction de Saint-Ignace, et à labourer les terres.
Le jour de l'Ascension de la même année, le P. Hoecken administra le baptême à plus de cent adultes. Dans la dernière visite que je leur fis au mois de juillet dernier, ils avaient déjà construit quatorze loges et une large grange où était préparé le bois pour l'érection d’une église, et entouré d'une forte clôture trois cents acres de champs de bié. Tout le monde dans le village, hommes, femmes et enfants, s'était mis joyeusement à l'œuvre. Je comptai trente bêtes à cornes. Les
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squaws (les femmes) avaient appris à traire les vaches et à faire le beurre. Ils avaient quelques pourceaux et quelques volatiles domestiques. Le nombre des chrétiens a doublé depuis la fête de Noël ISf{. Un moulin à farine et une scierie, quelques charrues de plus avec d'autres instruments d'agriculture et des outils de charpentier, seraient nécessaires dans le village de Saint- Ignace. Tout est à commencer chez ces pauvres
et bons Indiens, qui implorent notre concours et
notre assistance, que nous leur accordons autant que nous le pouvons.
Déjà un appel a été fait aux chrétiens généreux et charitables, et il m'est doux de dire que cet appel a trouvé un écho dans le cœur des amis des Indiens, ce qui nous a mis à même d'étendre le cercle de nos opérations de mission. Je ne dois pas omettre d'ajouter que les prières reconnaissantes des Indiens s'élèvent chaque jour vers le trône du Tout-Puissant pour appeler les bénédictions du Ciel sur leurs bienfaiteurs. Eu 1845 et 1846 on a établi plusieurs stations et commencé la mission étendue de la Nouvelle-Calédonie.
Je suis , avec un profond respect et une entière estime, votre très-humble et très-obéissant serviteur,
P. J. DE SMET, S. J.
Vallée de Sainte-Marie. 10 août 1846.
Trées-Révérend et cher Pêre Provincial,
Le 27 juillet, je fis mes adieux au P. Hoecken et à son intéressant petit troupeau , composé d’environ cinq cents Indiens. Deux kalispels et quelques Cœurs-d'Aléne , qui étaient venus à ma rencontre, maccompagnérent. Le temps était beau , et notre route tout à fait libre des obstacles si incommodes aux voyageurs des montagnes. Vers le milieu de la journée, nous arrivâmes à un beau lac entouré de collines et à une épaisse forêt de mélèzes. Il unit ses eaux limpides à celles de la rivière Spokane , au moyen d'un étroit passage qui forme un beau rapide.
Le lendemain, le soleil se leva majestueux et présageait une journée agréable ; mais ces belles apparences disparurent graduellement sous d'épais nuages de mauvais augure, qui en peu de temps voilérent le ciel, et versèrent de tels torrents de pluie que tous nos vêtements furent aussi complétement trempés que si nous avions traversé une rivière à la nage. Arrivés au pied des grands rapides , nous traversämes heureusement la Spokane, puis nous arpentâmes une plaine étendue agréablement entrecoupée de bosquets de pins , et
ersé ands Spondue s , et
vers le coucher du soleil nous campâmes pres d'une fraiche fontaine. Une courte description de nos campements pendant les temps pluvieux ne sera pas déplacée ici. On dresse la tente à la hâte et l'on jeite les selles , les brides , le bagage, etc., dans un abri couvert. On coupe une grande quantité de branches de mélèze ou des broussailles dont on couvre le coin de terre qui doit vous servir de lit. On apporte pour la nuit autant de bois sec qu'on en peut trouver , et l'on fait un feu à rôtir un bœuf. Lorsque ces préparatifs sont terminés, on s'occupe du repas (qui sert à la fois de diner et de souper), et qui consiste en farine, racines de ‘amash et graisse de buffle, qu'on jette dans un grand chaudron presque rempli d'eau. L'énorme chaleur du brasier obligeant le cuisinier à se tenir à une distance respectueuse, ilse sert, en guise de cuiller à pot, d'une longue perche pour remuer le contenu , jusqu'à ce qu'il ait acquis la densité convenable. Le contenant subit alors une vigoureuse attaque, qui est faite d'après une coutume vraiment singulière. Nous étions au nombre de six, et nous n'avions qu'une seule cuiller pour tous ; mais la nécessité suppléa bientôt à ce qui manquait. Deux personnes de la compagnie prirent des morceaux d'écorce, deux autres des lanières de cuir, et la cinquième une petite écaille de tortue. On dit les grâces, et l'on se rangea en cercle autour du chaudron ; les divers instruments s'y plongeaient et replongeaient avec autant de régularité
et d'adresse que les marteaux du forgeron frappent ‘enclume. En quelques minutes tout le contenu du chaudron disparut sans qu'il en restàät le moindre vestige. Nous trouvâmes ce repas délicieux, grâce à notre énergique appétit. Indulgent pour le goût des autres (de qustibus enim nil disputanduin), il m'est permis de dire que les festins qui m'ont procuré les plus grandes jouissances sont ceux que je viens de décrire, et qui se préparent en plein air d'après les usages indiens. Toutes les inventions et raffineries de l'art culinaire, telles que les sauces, les marinades, les pâtés, les confitures,etc., auxquelles on a recours pour exciter ou restaurer les débiles estomacs européens, sont tout à fait inconnues ici. La perte de l'appétit, qui est chez les riches la maladie régnante et fournit d'abondantes occupations aux pharmaciens et aux médecins, n'est pas connue dans ce pays. Si ces malades avaient le courage d'abandonner pour quelque temps leur vie ordinaire pour traverser à cheval les déserts de ces régions, de déjeuner au point du jour, et de diner au coucher du soleil après une course de quarante milles, j'ose prédire qu'ils n'auraient pas besoin de ces excitants raflinés pour savourer, comme je le fis, le simple plat préparé par les Indiens. Après avoir séché nos couvertures et dit nos prières du soir, nous nous couchämes, et quoique nous eussions dîné si simplement et que notre lit fût une rude couche de broussailles, notre sommeil fut profond et le repos complet. Le
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lendemain, nous nous levämes de bon matin, et nous arrivanes vers le milieu du jour à la mission du Sacré-Cœur, où je fus reçu avec la plus grande cordialité par les PP. Joset et Point, accompagnés des frères lais Magri et Lyons. Tous les Cœurs-d'Alêne du voisinage vinrent me souhaiter la bienvenue. [4 ferveur et la piété de ces pauvres [Indiens me remplissaient de joie et de consolation, surtout lorsque je considérais le changement remarquable qui s'est opéré en eux depuis leur conversion au christianisme. Les détals de cette conversion ont été publiés par le P. Point, et à ce propos je fais remarquer que j'ai inséré dans cette lettre quelques incidents qui ont rapport à nos précédentes missions en ce pays. À ces récits J'ajouterai que les autres tribus fuyaient ces [ndiens avant leur conversion, à cause, dit-on, de leur grande habileté dans la jonglerie et de leurs pratiques idolâtres. En effet, ils étaient adonnés aux superstitions les plus absurdes, adorant aveuglément les plus vils animaux et les objets les plus communs. Maintenant ils sont les premiers à se moquer de ces ridicules simagrées et à dire en
même temps, avec les sentiments de respect les plus profonds : « Dieu a eu pitié de nous. Il a ouvert nos yeux ; ilest infiniment bon pour nous. » Un seul exemple servira à vous donner quelque idée des objets de leur culte et de la facilité avec laquelle ils adoptent leurs manitous ou divinités. Ils me racontèrent que le premier homme blanc
qu'ils virent portait une chemise de calicot, toute marquée de noir et de blanc qui leur parut semblable à la petite vérole ; cet homme portait aussi une couverture blanche. Les Cœurs-d'Aléne s'imaginérent que la chemise souillée était le grand Manitou lui-même, qui commande en maitre à cette terrible maladie qu'on nomme la petite vérole, et que la ccuverture blanche était le grand = Manitou de la neige ; et que s'ils pouvaient posséder ces divinités et leur rendre les honneurs divins, leur nation serait à jamais exempte de ce fléau mortel, et leurs chasses hiver seraient favorisées par la grande quantité de neige qui tomberait.Ils lui offrirent donc, en échange de ces deux objets, plusieurs de leurs meilleurs chevaux. Le marché fut accepté avec empressement par l'homme blane. La chemise maculée et la couverture blanche furent dès lors pendant plusieurs années des objets de profonde vénération. Dans les grandes solennités, les deux manitous étaient portés processionnellement sur une éminence trèsélevée, habituellement consacrée à l'accomplissement de leurs rites superstitieux. On les étendait alors respectueusement sur l'herbe , et on leur offrait la grande pipe de médecine avec toute la vénération ordinaire aux Indiens, lorsqu'ils la présentent au soleil, au feu, à la terre et à l'eau. Toute la troupe des jongleurs ou des médecins entonnait alors des cantiques en leur honneur. La cérémonie se terminait généralement par une
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grande danse dans laquelle les acteurs faisaient les plus hideuses contorsions et des gestes extravagants accompagnés de hurlements inhumains.
Le mot médecine est généralement employé par les blancs pour exprimer tout ce qui regarde la Jonglerie et les pratiques superstitieuses des sauages ; probablement parce que l'Indien, sentant qu'il ignore les remèdes propres à guérir la maladie, et qu'il dépend presque entièrement du hasard pour sa subsistance , demande simplement aux manitous quelque adoucissement à sa détresse. Ce quelque chose, que les Indiens appellent pouvoir, ne peut accorder, disent-ils, qu'une seule chose, comme la guérison d'une maladie. Les autres pouvoirs ne sont pas aussi limités ; 1ls étendent leur action à beaucoup d'objets , comme au succés de la chasse et de la pêche, aux déclarations de guerre et à la vengeance des injures. Tout ceci cependant varie, suivant le degré de confiance du suppliant , le nombre de ses passions ou l'intensité de sa malice. Quelques-uns des pouvoirs sont considérés par les sauvages eux-mêmes comme des êtres méchants à l'excès. Le seul but de ces génies est de faire le mal. De plus, le succès est. quelquefois refusé même à ceux qui sont réputés les plus célébres médecins, et qui le désirent ardemment. C'est pendant le sommeil, ou une défaillance, ou un fort éclat de tonnerre, ou même dans l'excitation délirante de quelque passion, qu'il arrive; mais jamais sans un but
DL otre ne piges
Rd ee à Vu TR RER EEE PTT RE pie te a
défini, comme de fomenter des dissensions, d'exciter à des actes de violence où d'obtenir quelque avantage corporel ; faveurs qui sont toujours achetées aux dépens de l'âme. Une grande exagération est le caractère manifeste des effets produits par ce pouvoir surnaturel.
La plupart de ceux qui sont venus à ma connussance, et que les Indiens attribuent aux agents surnaturels, étuient les effets de causes purement naturelles. Malgré ces déplorables désordres de l'âme, ce m'est une grande consolation de penser que ces pratiques superstitieuses, à cause de leurs nombreuses et évidentes contradictions, deviennent une des maladies spirituelles les moins difficiles à guérir.
Le 5 août, Je quittai la mission du Sacré-Cœur de Jésus accompagné du R. P.Point.Trois familles indiennes , désireuses de visiter Sainte-Marie, nous servirent de guides. Notre voyage de quelques jours se fit le long de la rivière Saint- Ignace, qui serpente dans la vallée du nord.
Le sol de cette vallée est en grande partie riche, très-propre à la culture, mais sujet à de fréquentes inondations. Les Indiens le cultivent avec un grand succès et y récoltent des grains et des pommes de terre. Le P. Joset, aidé des sauvages, a déjà enclos et préparé pour la culture un champ immense capable de fournir la subsista ice nécessaire à plusieurs familles indiennes. Nous espérons voir sous peu, avec la grâce de Dieu, ces
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pauvres Indiens pourvus denombreuses provisions, et leurs habitudes de courses errantes converties en une vie sédentaire. Pour atteindre ce but désirable de les réunir en villages, et de les former ainsi à l'exercice de l'industrie, nous avons besoin de plus de moyens que nous n'en possédons ; nous manquons de bien des sortes de graines et d'outils d'agriculture.
Avant d'arriver à la chaîne de montagnes couronnées de neige qui sépare les Cœurs-d'Alêne des Têtes-Plates (Flat-Heads), nous fimes route pendant deux Jours à travers des forêts presque impénétrabies, et au milieu d'immenses couches de rochers, en suivant toujours la rivière, excepté lorsque son cours tortueux nous aurait obligés à trop de circuits. Cette rivière en effet fait tant de méandres qu'en moins de huit heures nous la traversâmes quarante-quatre fois. Las cèdres majestueux qui en cet endroit couvrent la gorge de leur ombre sont vraiment prodigieux ; la plupart d’entre eux ont de vingt à trente pieds de circonférence et ils sont hauts en proportion ; leur nombre est si considérable que les rayons du soleil ne peuvent pénétrer leurs masses épaisses ; on peut dire sans exagération qu'il y règne une nuit perpétuelle. Je doute que le hibou puisse choisir un lieu plus conveneble ; il n'en trouverait certainement pas un plus majestueux ni plus mystérieux. Le silence de mort de ce vallon, qui n’est interrompu que‘par la brise qui passe, par la rare visite de
quelque animal sauvage, par le constant murmure des ruisseaux courant sur leurs lits de roches,
remplit l'âme du spectateur de sentiments qui ne
sont pas terrestres , sans toutefois être dépourvus de charme.
Nous nous ouvrimes, avec beaucoup de difficultés et de fatigue, un chemin à travers cette forêt si épaisse, en nous baissant la moitié du temps sur le cou de nos chevaux, pour éviter les branches basses et épineuses, qui s'entrelacent en si grand nombre qu'à la première vue on perd tout espoir de trouver une issue au milieu de tant d'obstacles. Enfin nous arrivâmes, au sortir de ce dédale, au pied de la grande chaîne de montagnes, que nous mimes presque un jour à gravir, en suivant un étroit et- tortueux sentier , ombragé par une des plus belles forés de l'Orégon. Vers le coucher du soleil, nous atteignimes le sommet, et nous campâmes à quelques pas d'une de ces énormes masses de neige qui couvrent perpétuellement cette chaîne élevée. Ici se déploya devant nous la scène la plus magnifique qu'on puisse imaginer. L'horizon, dans un rayon de plusieurs centaines de milles, présente un spectacle d'un grandiose surprenant : le regard étonné se promène aussi loin qu'il peut atteindre sur une longue suite de montagnes, de rochers gig: atesques et de cimes escarpées, qui montrent leurs éblouissants sommets couronnés de neige. Le silence solennel de ce vaste désert inspire au spectateur des sentiments d'une
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rare sublimité ; il ne s'élève pas même une brise pour le distraire des attraits de cette vue enchanteresse. Je n'oublierai jamais la splendeur de la scène qui s'offrit à nos yeux lorsque les derniers rayons du soleil couchant doraient les myriades de sommets qui bordent le lointain et vaste horizon.
Le versant du côté oriental de la montagne est moins escarpé ; 1l présente des pentes couvertes d'une riche verdure et ornées de plantes et de fleurs variées. Il nous fallut aussi un jour entier pour descendre cette chaîne. Nous arrivämes ensuite à une forêt, sœur jumelle, si je puis m’exprimer ainsi, de celle que je viens de décrire. Ici, la rivière Saint-François-Régis fait mille circuits à travers d'innombrables cèdres chenus, de pins et d'impénétrables buissons de toute espèce. Enfin nous campâmes avec le plus grand bonheur sur les bords de la rivière Sainte-Marie, dans la vallée des Têtes-Plates, théâtre de nos premiers travaux apostoliques dans les contrées occidentales.
Dans ma prochaine lettre, Je me propose de vous donner quelques détails sur la condition actuelle de nos premiers enfants en Jésus-Christ, les bons et obligeants Tétes-Plates. Je me recommande à vos honnes prières, et suis avec un profond respect, révérend et cher Père, votre très-humble serviteur et frère en Jésus-Christ,
P. J. De SuET, NS. J.
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LETTRE
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R. P. Point, missionnaire de l'Orégon.
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Village du Sacré-Cœur de Jésus, 1845.
Mon Révérend Père,
J'ai appris, par des lettres venues d'Europe, que vous portiez toujours le plus vif intérêt à la mission des Rocky-Mountains, d'où j'ai conclu que vous ne seriez pas fiché que je vous misse au courant de ce qui regarde la peuplade dont j'ai été spécial” 1ent chargé, ce que je ferai d'autant plus volontiers qu'en vous faisant part des détails édifiants que je connais, je vous mettrai entre les mains une nouvelle preuve de la vérité que vous aimez tant à répandre. Oui, aujourd'hui peut-être plus que jamais , c'est à la dévotion au saint cœur de Jésus et au cœur immaculé de Marie que les pasteurs des âmes doivent leurs plus douces consolations ; du moins, ce qui est bien sûr, nous leur devons les nôtres. Tous les jours nos sauvages invoquent ces trésors de bonté, et voilà ce qui explique les merveilles dont nous sommes témoins.
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