‹ Voyages dans l'Amérique septentrionale, Orégon [microforme]Chapitre 28 sur 52 · US · texte numérisé non relu

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non interrompue de rapides, de chutes, de cascades qui la rendent peu navigable. Les deux vallées du nord des Cœurs-d'Alône sont superbes, et leur terroir est fort riche ; elles sont arrosées par deux profondes fourches qui se jettent dans le lac des Cœurs-d'Aléne ; celui-ci forme une belle nappe d'eau d'environ trente milles de long sur quatre ou cinq de large, où la rivière Spokane prend sa source. J'ai donné le nom de Saint-Joseph et de Saint Ignace aux deux branches septentrionales. Elles sont formées par d'innombrables torrents qui descendent des montagnes des Cœurs-Pointus, une des ramifications des montagnes Rocheuses. Les deux vallées du nord ontenviron soixante à quatre-vingts milles de long sur quatre ou huit de large. J'y ai compté plus de quarante petits lacs. Tout le voisinage de la Spokane produit d'abondants pâturages, et plusieurs parties sont assez bien fournies de pins de différentes espèces.

En quittant la rivière, nous primes un sentier étroit et fort escarpé. Après avoir fait quelques milles à cheval à travers une forêt de pins, nous arrivêmes à une belle vallée conduisant à Colville ; elle est agréablement entrecoupée de plaines et de forêts bordées par de hautes montagnes boisées, et par des rochers pittoresques et d'une hauteur prodigieuse, dont la tête altière domine toute Ja contrée. Les fontaines et les ruisseaux sont trèsnombreux ici. À environ trente milles plus loin, nous étions au pied de la montagne Kalispel, dans

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le voisinage de Saint-François-Régis, où déjà soixante et dix métis se sont établis d'une manière permanente. Plusieurs d'entre eux m'accompagnèrent dans la montagne, dont la hauteur est d'environ cinq mille pieds au-dessus du niveau de la plaine. Son accès est facile du côté de l'ouest ; mais à l'est il y a un passage tortueux qui conduit à travers une forêt épaisse et escarpée. Après une marche d'environ huit heures, nous arrivâmes à la superbe baie Kalispel, sur les bords d'un beau lac, qui est presque en vue de la réduction Saint-Ignace.

La iettre que j'insère ici vous fera connaître toute l’histoire de cette mission.

Je suis avec le plus profond respect et avec considération , très-révérend Père Provincial, votre humble et obéissant serviteur.

P. J. DE SMET, S. d.

Saint-Ignace, 25 juillet 1846.

Madame,

Je suis vraiment honteux de n'avoir pu répondre plus tôt aux lettres que vous avez eu la bonté de m'écrire le 2 septembre et le 7 décembre 1844. Elles n’arrivérent aux montagnes Rocheuses que

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l'année suivante, pendant que j'étais occupé à une mission éloignée parmi les Indiens, en sorte que je ne les reçus qu'au mois de juillet 1846. S'il eût été en mon pouvoir de vous donner une plus prompte réponse, mon cœur m'assure que je l'eusse fait sans délai, car la dette de reconnaissance que mes pauvres Indiens et moi avons contractée à votre égard est fort grande, et il me tardait de vous apprendre que nous avons déjà commencé à prier pour vous, pour vos chers enfants et pour toute votre famille. J'ai engagé les Indiens de ces différentes tribus, à savoir : les Têtes-Plates, les Pendants-d'Oreilles et les Cœurs-d'Aléne, à réciter chaque semaine le rosaire pour une de leurs grandes bienfaitrices , et c'est vers vous que se dirigeait mon intention. Maintenant vous pouvez être certaine que dans chaque famille indienne on dit le chapelet, et j'ai la consolation de vous aflirmer que bien des milliers de Pater et d'Ave ont déjà été offerts pour vous à Dieu et à son auguste mère. Ces bons sauvages, ces enfants de la forêt si chers à mon cœur continueront de témoigner leur gratitude jusqu'à ce que je leur dise de cesser, ce qui r'arrivera pas de sitôt. Quelle confiance n'aije pas dans la prière äe ces Peaux Rouges dont le mérite n’est connu que de Dieu ! Eh! s’il est vrai que la prière de celui qui possède l'innocence, que la simplicité et la foi d'un enfant percent les cieux, peuvent tout et sont toujours exaucées, soyez persuadée que ces vertus règnent à un degré éminent

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