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qui ne se corrigent que par elle et à la longue, on peut dire que les Cœurs-d'Alêne d'aujourd'hui sont de vrais croyants, des hommes craignant Dieu, et qu'avec un peu plus d'amour ou d'habitude du travail, la docilité, l'humilité, la piété, la résignation, la patience, la charné, et même le zèle dont ils donnent tous les jours de nouvelles preuves, ils feraient des chrétiens dignes d'être comparés à ceux de la primitive Église. Il n'y a que deux ans que la croix a été plantée sur leur erre, et tous ceux qui sont en âge, à fort peu d'exceptions près, ont déjà eu le bonheur de faire leur première communion, cérémonie sainte qui a été précédée, accompagnée et suivie de tant de bénédictions, que c’est à vous en retracer les principales circonstances que je consacrerai cette lettre ; mais avant d'entamer ce beau sujet, il ne sera pas inutile que je vous dise un mot de la manière admirable dont ils ont été tirés de l'abîime de misère où us étaient plongés.
Vers le temps où de nombreux missionnaires tournaient leurs regards vers les régions occidentales du nouveau monde, il y a de cela environ quinze ans, un jour chez les Cœurs d'Aléne la nouvelle se répandit « qu'il y avait un Dieu, que « ce Dieu, auteur de tout ce qui est, outre la terre « que nous voyons, avait fait deux choses que « nous ne voyons pas : une bonne place pour les
bons, appelée le ciel ; une mauvaise place pour
les méchants, appelée l'enfer ; que le fils de ce
« même Dieu, en tout semblable à son père, « voyant que les hommes couraient tous dans le « mauvais chemin, était descendu du ciel pour les « remettre dans le bon ; mais que, pour le faire, Q il avait fallu qu'il mourût sur une croix. » Ces vérités, qui paraissent, à tant d'hommes qui se piquent de raison, ne pas valoir la peine qu'on y réfléchisse sériersement, ne parurent pas telles à nos sauvages. À ce bruit, toutes leurs tribus dispersées se réunissent au lieu où se trouvais l'auteur de la nouvelle ; le rassemblement se fait sur le déclin du jour ; il se tient un grand conseil pendant la nuit ; les grandes nouvelles se confirment. Dieu est puissant, Jésus-Christ est bon, deux vérités qui devaient résulter de cette conférence. En ont-elles résulté en effet? Peut-être pas autant qu'il eût été désirable, du moins aux yeux de quelques-uns ; car les familles réunies ne s'étaient pas encore séparées que déjà le ciel (d’autres disent l'enfer, mais cuë bono ?) avait envoyé un fléau qui frappait de mort un grand nombre de leurs gens. Au moment où le fléau semblait sévir avec le plus de fureur, l'un des moribonds, nommé depuis Étienne, entend une voix qui vient d'en haut, et qui s'écrie : « Jette tes idoles, adore Jésus-Christ, et tu guériras. » Le moribond croit à la parole entendue, et il est guéri. Il se promène autour du camp, raconte ce qui vient de lui arriver, persuade à tous les malades de faire comme lui. Is le font, et ils sont guéris ! Je tiens le fait de la bouche
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même du pieux Étienne, qui pleurait de reconnaissance en me le racontant. Son récit m'a été confirmé par des témoins oculaires qui ont pu dire : Et quorum pars magna fui, et j'ai vu de mes veux la montagne au pied de laquelle les idoles
ont été Jetées.
Bien que le sauvage conserve peu le souvenir d'un événement qui ne le touche pas d'une manière sensible, celui-ci néanmoins était marqué par des caractères si frappants qu'il laissa des traces dans la mémoire de tous ; mais ni la réflexion ni la constance ne sont le fort du sauvage. Aussi, après cinq ou six années seulement de fidélité aux impressions reçues, la plupart finirent-ils par ne plus y conformer leur conduite; mouvement rétrograde qui fut encore accéléré par les soi-disant forts en médecine (religion). Car ceux-ci, à la voix d'un de leurs chefs qui, selon toute apparence, n'avait pas cessé d'être idolâtre, convoquèrent une assemblée dite des croyants, où il fut résolu, du moins par le fait, qu'on reprendrait les anciennes pratiques, et dès ce moment les animaux, redevenus divinités, rentrèrent en possession de leurs anciens honneurs. La masse, il est vrai, n'avait plus en leur vertu la même confiance ; mais soit crainte du méchant chef, soit curiosité purement naturelle, elle prenait part, du moins par sa présence, au culte sacrilége qu'on leur rendait. Cependant, il faut le dire à la décharge de la nation, il y eut toujours dans son sein des âmes d'élite qui ne fléchirent jamais le
on- | genou devant Satan. J'en connais même, et l'une été des sœurs du méchant chef est de ce nombre, qui, re : depuis le jour où le vrai Dieu s'était manifesté à nes elles, n'avaient pas eu à se reprocher l'ombre d'une les infidélité quelconque. Tel était à peu près l'état de la peuplade des Cœurs-d'Alène quand la Proir vidence y envoya le R. P. De Smet... Sa visite, ère dont les circonstances sont rapportées ailleurs, les des disposa sibien en faveur des Robes noires, et leur ans docilité disposa si bien les Robes noires en leur :on- fveur qu'il fut décidé que le P. Pointirait à leur cinq secours. Trois moisaprès, c'est-à-dire sur la fin de [ons la chasse d'été de IS42, ce Père quitta Sainte-Marie for- avee autorisation de mettre les nouveaux néophytes | fut sous la protection du Cœur de Jésus. Le jour où éde- il mit le pied sur les limites de leur terre, qui urs était le premier vendredi de novembre, 1l fit, avec essé les trois chefs qui étaient venus le chercher, la dite consécration promise, et le premier vendredi de fait, décembre, au milieu des chants et des prières, dès tel: enfin qu'ils devaient être, la croix s'éleva sur ren- le be 4 du grand lac où la peuplade était réunie urs. pour : pêche. Dès ce moment, grâce à la puisu la sance : 4 Dieu sauveur, on peut dire que la pêche ant de S. Pierre se renouvela ; car outre qu'on ne Le tt nait parla plus ni de ces assemblées nocturnes, ni de ; | lége ces cérémonies sacriléges, ni de ces visions dia- no à la boliques si fréquentes auparavant, le jeu, qui avait | son fait jusque-là une grande partie de leur occupa- "#0 dl is le tion, fut abandonné ; deux semaines après, le 1 À oh
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mariage, qui depuis bien des, années ne connaissait plus ni unité ni indissolubiiité, fut rappelé à sa première institution. Enfin depuis Noël jusqu'à la Purification, chaque soir, le feu fut alimenté avec tout ce qui restait de l'ancienne médecine. Il était beau devoir ceux qui auparavant étaient les principaux suppôts de Ja superstition païenne faire de leurs propres mains justice des misérables hochets dont l'enfer s'était servi ou pour tromper leur ignorance où pour accréditer leurs impostures ; aussi, dans les longues soirées de cette époque, combien furent sacrifiés de plumes d'oiseaux, de queues de loup, de pieds de biche, de sabots de chevreuil, de morceaux d'étottes , d'images de bois, etc. ! Mais que Dieu est bon ! A peine le mauvais arbre eut-il été coupé et jeté au feu que les bénédictions de !a terre s’unissaient à celles du ciel pour récompenser leur sacrifice. Voilà une chasse dont jamais Cœur-d'Aléne n'avait vu d'exemple : en un seul jour trois cents chevreuils deviennent la proie des chasseurs. Quelle merveille ! dira-t-on ; c'était par une belle neige. Oui, mais qui avait fait tomber si à propos cette belle neige ? qui lui avait donné, ce qu'elle n'a point par elle-même, assez d'attrait pour inviter les chevreuils à une grande promenade ? qui en avait façonné la surface de manière à atteindre ce degré de consistance justement requis pour permettre à certains pieds de faire impunément ce qu'elle défendait à d'autres ? qui mit ensuite dans
vite
l'esprit des chasseurs chrétiens ce penchant invincible à croire que le bon Dieu avait mêlé du sien dans cette atfaire? qui faisait dire aux sauvages encore illusionnés des environs : Il faut en convenir, la médecine de la Robe noire est plus forte que la nôtre, etc. ?
Les deux bons tiers de la peuplade avaient été baptisés. Mais pour pouvoir vivre jusqu'à la sai-
son nouvelle, les diverses tribus avaient été
obligées de retourner chacune dans leurs terres. Dans les premiers jours du printemps de 1812, elles se réunirent de nouveau au lieu indiqué pour la construction du village. Déjà ce village, appelé du Cœur de Jésus, calqué sur le plan des anciennes réductions du Paraguay, est tracé sur place. Chacun , selon sa force ou son industrie, se fait un plaisir de concourir à l'exécution de ce qui presse davantage ; des arbres s'abattent , des bassins se creusent, des chemins s'ouvrent, des champs publics s'ensemencent ; une église s'élève, et, grâce à la piété des travailleurs , la semaine sainte , la fête de Pâques, le mois de Marie, l'Ascension , la Pentecôte résument sous les yeux de ces nouveaux enfants de la foi ce que les mystères de la religion peuvent avoir ou de plus pompeux ou de plus touchant. Ces solennités leur persuadent, mieux encore que la parole, que cette même religion ne fait pas moins le bonheur de cette vie qu'elle ne tend à assurer la félicité de l’autre. En un mot, selon l'expression française de ce pays, les choses
sont parties pour si bien aller que l'enfer plus que jamais en est jaloux ; et, comme il sent que les restes de sa proie sont sur le point de lui échapper, il n'est point d'efforts qu'il ne fasse pour la mieux ressaisir. [ci viennent des épreuves ; mais, post nubila Phæbus, après quelques dégâts partiels, les divers orages qui se succèdent n'ont pour dernier résultat qu'une plus grande épuration dans l'atmosphère. Sur la fin d'octobre 1844, les cent et quelques familles des Cœurs-d'Aléne se réunissent après leur récolte, pour la troisième fois, dans le voisinage de leur église. A voir leurs petites loges de paille ainsi groupées autour de la maison de prière, la touchante image du pélican des déserts s'offrit d'autant plus naturellement à l'esprit que tous les sauvages présents, jeunes et vieux, se réunissaient soit pour faire, soit pour renouveler leur première communion. Une quinzaine des plus exemplaires avaient déjà eu ce bonheur, tous déjà s'étaient confessés ; un bon nombre, principalement les jeunes gens, avaient déj acquis un certain degré d'instruction; mais la masse, surtout les vieillards, était loin encore d'avoir le suffisant, et la Robe noire (1) n'avait devant lui pour les amener là que novembre et décembre , maæinum du temps qui devait précéder la grande chasse d'hiver. Or, cette chasse est
(1) C'est le nom que donnent les sauvages aux prêtres catholiques missionnaires,
que les apr la ais, ar out ans ‘ent ‘eu- IS , ‘UTS e la can nt à s el OU!
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cornme la condition sine quä non de la vie du sauvage. Il fallait donc se hâter, conséquemment
préférer à toute autre la méthode d'enseignement
la plus abrégée. On sait que le sauvage , qui à l'œil du Iynx, n'oublie presque jamais ce qu'il à vu, et que lorsqu'il attache à un signe extérieur une idée quelconque, l'idée se représentera tou- Jours à son esprit, pourvu quil ne perde pas de vue le signe. De là leur prodigieuse facilité à parler par gestes, la fréquence des métaphores dans leurs discours, et leur penchant à peindre aux yeux, par une sorte d'écriture hiéroglyphique, ce qui autrement ne serait pas saisi. C'est sur ces données que la Robe noire basa son système : il fit des images représentant, avec tous leurs attributs, l'une, toutes les vérités que l'on doit croire ; l’autre, toutes les fautes qu'il faut éviter ; la troisième, le sacrement destiné à en purifier l'âme; la quatrième, entin, la grande action à laquelle ils se préparaient. Ces premières dispositions faites, l'instructeur, tue longue baguette à la main, appelait l'attention de ses auditeurs sur chacun des voints du tableau, dont 1l tâchait de donner une explication claire. Le succès du procédé surpassa son attente; car ayant fait répéter ce qu'il avait dit par ceux qui lui paraissaient les plus sensés, il s'assura qu'ils n'avaient
rien perdu des points les plus essentiels, et séance tenante, il en fit ses répétiteurs. La premiére répétition avait lieu immédiatement après l'expli-
cation ; la seconde se faisait dans les loges ; la troisième entrait comme elle pouvait dans la harangue des chefs; la quatrième ouvrait la séance suivante. I] y avait unité dans le plan, insistance sur les mêmes points, il devait y avoir progrès, et il fut sensible dès les premiers jours ; ce qui contribua à encourager ceux qui avaient le plus besoin d'encouragement, je veux dire ceux qui, avec un cœur tendre et une conscience délicate, avaient la tête dure. Pour ceux qui avaient des défauts et des qualités contraires, ils ne furent pas non plus oubliés, car la partie morale, qui pour les chefs et les vieillards était la plus facile à saisir, était naturellement celle qui se traitait le plus souvent, soit en publie, soit en particulier ; et comme les exhortations Joignaient à l'autorité de la parole la force du bon exemple, il en résulta un entrainement si universel que, bon gré mal gré, ceux-là qui avaient le plus en partage la puissance d'inertie, comme les vieux cœurs et les vieilles intelligences, étaient bien obligés de marcher comme les autres. Marche forcée! dira-t-on ; entrainement naturel! feu de paille !... On dira ce que l’on voudra ; mais ce que toute la peuplade sait, c’est que, grâce à Celui qui avait donné à l'eau la vertu de purifier l'âme de ses enfants, cette marche, cet entraînement, ce feu, de quelque épithète qu'on les décore, ont produit des effets qui assurément ne sont ni forcés, ni purement naturels, ni éphémères. De cela que de preuves !
Il est de fait, par exemple, que depuis septembre jusqu'au moment où j'écris ces lignes, il ne s'est pas commis dans le village du Cœur-de-Jésus, au su des chefs ou des Robes noires, une seule faute que l'on puisse appeler grave, du moins par ceux qui étaient baptisés; que tous ceux qui n'avaient pas encore eu ce bonheur ont fait des
instances pour y être admis; que tous ceux qui:
s'étaient réunis pour se préparer à leur première
communion l'ont faite ; que la plupart ont donné
des preuves de dispositions beaucoup plus qu’ordinaires ; par exemple : quoi de plus extraordinaire, même parmi ce que nous appelons en Europe de bons chrétiens, que l'usage de la confession publique ? Or combien , chez les pauvres Cœurs-d'Aléne qui sont venus se confesser publiquement, je ne dirai pas de crimes énormes ! non... de fautes publiques... pas même; mais de ces légers manquements qui échappent sept fois le jour à la fragilité humaine, et cela en des termes qui décelaient une douleur vraiment surnaturelle ! J'ai vu des maris venir après leurs épouses, des mères après leurs enfants, non pour appuyer les accusations que leurs devanciers avaient faites, mais pour s'accuser eux-mêmes d'y avoir donné lieu par leur peu de patience et de charité. Que d'autres vertus pratiquées, et je ne dirai pas de vertus humaines, mais de vertus chrétiennes, comme l'humilité, la foi, la charité et toutes celles qui s'y rattachent ! Assurément il en fallait quel-
que chose de ces vertus à ces bons vieillards pour se faire écoliers de leurs petits-enfants, et à ces petits-enfants pour se faire les graves et patients précepteurs de leurs vieux pères, et à ces mères de famille qui, non contentes d'avoir donné à la réfection corporelle de leurs enfants le morceau qu'elles se refusaient à elles-mêmes, passaient de longues soirées à rompre le pain de la divine parole qu'elles avaient recueilli dans la journée, non-seulement avec leurs parentes, leurs amies, mais encore avec des étrangères avides de les entendre, et à es jeunes gens plus intelligents que les autres dont la curiosité naturelle, piquée par l'idée des choses nouvelles qu'ils auraient pu apprendre, se mettait en quelque sorte aux fers pour répéter cent fois ce qu'ils avaient saisi de la première, et à ces robustes chasseurs dont la vie est le mouvement, et pour qui la chasse est chose
en même temps si utile et si agréable, pour passer des nuits entières à faire entendre à des sourds ce que la Robe noire désespérait presque de leur faire entendre, et à ces pauvres sourds ou à ces
pauvres aveugles, pour venir tous les jours les premiers prendre place auprès du père prédicateur que les uns n'entendaient pas, où auprès de ces tableaux que les autres ne voyaient pas, enfin et surtout à ces chefs vraiment pères et pasteurs de leur peuplade, pour se lever avant le point du jour, quelquefois au milieu de. la nuit, par des temps froids ou pluvieux, et se
ards et à s el ù ces onné moralen!
ivine rnée, mies, le les gents iquée nt pu fers de la a vie chose passer rds ce » leur à ces rs les prédiuprés yaient pères avant de. la et se
livrer à toute l'ardeur du vrai zèle pour réveiller de leur assoupissement les mes qui avaient besoin d'être excitées.
Ce zèle avait sa source dans la foi. Comme elle est simple, comme elle est pure, comme elle est confiante, comme elle est universelle la foi du sauvage ! Foi dans la vertu des sacrements ; foi dans la vertu de la prière ; foi dans la vertu du signe de la croix, du chapelet, des images, des médailles, de Ja parole de Dieu, de celle de ses ministres, etc. Comme la pureté de cette foi est erande ! Jamais le plus léger doute ne vient la ternir, Quel intérêt d'ailleurs auraient-ils à douter ? On leur à dit que la bonté divine voulait leur bonheur ; que la puissance divine peut tout ce qu'elle veut; ”que la sagesse divine voit tout, arrange tout pour le bien de ses enfants ; qu'ils sont les enfants chéris de Dieu, etils le croient ; que le sacrement de baptême remet tous les péchés ; que celui de la pénitence remet ceux que l'on a commis après le baptême ; que celui de l'extrême-onction. touten fortifiant l'âme contre les terreurs de la mort, sert aussi à rendre la santé au corps, et ils le coient. Ils croient tout cela, comme ils le disent bien fort : Ngonenegquenemen rairhatte. Aussi le dirais-je, s'il m'était permis de le dire, leur foi fait des miracles.
J'ai administré l'extrême-onction à sept ou huit d'entre eux. On disait de l'un : Il se meurt ; de l'autre : Elle est morte, et nour cette dernière, qui
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me servait d'interprète pour les confessions, tous les gens de sa loge étaient si bien persuadés que c'en était fait d'elle, que son pauvre mari, quand jarrivai, était à faire son oraison funébre. Or, de toutes ces personnes ou mortes ou mourantes, pas une qui n'ait recouvré une santé florissante. Autre exemple qui montre combien leur prière est forte sur le cœur de Dieu. Un matin que je sortais de l'église on me dit : Une telle, qui n'était encore que catéchumène, n'est pas bien. Je réponds
J'irai la voir. Une heure s'était à peine écoulée, la même personne, qui était sa sœur, vient me dire : Elle est morte. Inconsolable de cette perte, qui était double, je cours à sa loge dans l'espérance que peut-être on se sera trompé. Je trouve, autour de son corps immobile, une foule de parentes ou d'amies qui me répètent : Elle est morte ; il y a longtemps qu'elle ne respire plus. Pour m'assurer du fait, je me penche vers le corps : nul signe de vie. Je gronde ces bonnes gens de ne m'avoir pas dit plus tôt tout ce qui en était, et j'ajoute , Dieu veuille me le pardonner ! avec une sorte d'impatience : Mais priez donc !... Et toutes ces bonnes gens se mettent à prier fort, bien fort. Je me penche une seconde fois vers la prétendue morte , et je lui dis : La Robe noire est là ; veuxtu qu'il te donne le baptême ? Oh! quelle joie à ce mot de baptême ! Je vois sa lèvre inférieure faire un léger mouvement, puis un moment après,
l'autre y joindre le sien, et me donner ainsi la
ous que and , de pas atre orte de ’ore ds lée , | me ‘rte, spéuve, > parte ; >our PPS :
is de it, et une utes fort.
ndue euxoie à ieure prés, si la
st !
certitude que j'ai été compris. Elle était instruite, je la baptise ; elle s'asseoit sur sa couche funèbre, fait le signe de lu croix, et aujourd'hui elle est à la chasse, bien persuadée qu'elle a été morte. Quelques jours après, un homme que j'avais baptisé récemment vient me dire : Père, ma petite va mourir ; tous les remèdes que tu lui as donnés n'ont rien fait ; elle ne veut plus prendre le sein
de sa mère. — A-t-elle une médaille, ta petite fille ? — Non. — ‘Tiens, en voilà une: tu la lui
mettras au cou et tu prieras comme cela. Le pauvre père de l'enfant qui se meurt fait comme il est dit. La petite reprend le sein de sa mére, s'endort d'un sommeil paisible, et le lendemain, à la question : Comment va ta petite? Remi, c'était le nom du père de cette fille, répond : Elle est bien.
Ils ont, ai-je dit, une grande confiance dans le signe de la croix, et, il faut le dire, cette confiance n'est pas aveugle, depuis surtout qu'ils voient de leurs yeux la puissance que la croix exerce sur leurs terres. Non-seulement ils le font au commencement et à la fin de leurs prières et de leurs principales actions ; mais encore s'il est question de se porter le calumet à la bouche, ils ne l'y porteront pas qu'il n'ait été sanctifié par le signe de la croix. Se penchent-ils sur un ruisseau pour étancher leur soif, leur main semble se refuser à faire immédiatement autre chose que le signe de la croix. Leur donnez-vous permission de regar-
gerer peur re
RE SRE
der les images de votre bréviaire, avant de satisfaire leur pieuse curiosité ils feront le signe de [a croix. Faites-vous le signe de la croix pendant la récitation de votre oflice, ceux qui en sont témoins le répéteront après vous, s'ils ne le font en même temps. On leur à dit que le vlus petit enfant armé du signe de la croix est plus fort que tous les démons ensemble ; aussi, à peine les leurs saventils balbatier quelques mots, que déjà on leur fait faire le signe de la croix. J'ai vu, scène bien touchante ! le père et la mére inclinés devant leur petit Ignace qui se mourait (il était leur unique enfant et n'avait que trois ans), Je les ai vus recueillir toute la force dont leur cœur était capable, s'efforcer de scirire pendant que les larmes
æcrer de
roulaient dans leurs veux, pour lui suge faire le sigae de 14 croix, et la main mourante de leur petit enfant chercher son front pour fiure ee dernier acte de foi et d'obéissance. C'est pour en rappeler le souvenir si constant que l'on voit s'élever sur sa tombe une croix un peu plus ornée que les autres.
Le souvenir seul de cette pieuse famille me
porte à bien faire. Un jour que je me rendais à
l'endroit où à été inhumé le pieux enfant, Je vis quelque chose peut-être de plus religieux encore. C'était une jeune femme assise auprès de la tombe de sa fille unique ; elle s'entretenait avec une autre enfant qu'elle avait adoptée et qui venait de recevoir le baptême. Que lui disait-elle en lui montrant
satis-
de la
int la