D'UNE
Lettre du R. P, Accoltli, supérieur de la résidence
de Saint-François Xavier à Willamette, au R. P, Van de Velde, provincial |l,.
re —— Saint-François-Xavier de Willamette, 1°r juin 1847. Mon Révérend Père,
Votre Révérence connaît déjà l'état de nos missions et les fruits qu'elles ont produits. Le Ciel a
daigné récompenser les travaux de vos enfants. Déjà plus de six mille Indiens adorent le Tout-
(1) Voici la notice nécrologique de cet homme remarquable ; elle est tirée des Précis Historiques, année 1856 : :
Le 13 novembre, est mort à Natchez, aux États-Unis, Mgr Van de Velde, second évêque de ce siége. Jacques-Olivier Van de Velde était né à Saint-Amand, dans la province d'Anvers, le 2 avril 1795. Il s’embarqua pour l'Amérique en 1817, et entra au noviciat de la Compagnie de Jésus, au Maryland. — Après les deux années d'épreuves ordinaires, ses supérieurs l'appliquèrent à l'étude des sciences, où il fit de rapides progrès. IL excella dans les mathématiques , et montra un rare talent pour: l'éloquence. Après avoir enseigné, pendant plusieurs années, au collége de George-Town, il fut envoyé aux missions de la Compagnie de Jésus au Missouri, où il eut la joie de retrouver plusieurs de ses compatriotes, les PP. Van Quicken-
Puissant comme le seul vrai Dieu et professent la foi en Jésus-Christ. Des tribus entières suivraient bientôt l'exemple de ces nouveaux et fervents néophytes, si nos supérieurs, dans leur charité et leur zèle, augmentaient le nombre des ouvriers apostoliques. Peut-être trouverez-vous des personnes qui , amateurs de la critique, supposeront do
borne, De Theux, Verhaegen, Helias, Elet, De Smet, Verreydt, Smedts, Van Assche, etc. Mgr Van de Velde fit les vœux solennels de religion en 1837. Il remplit d'abord la charge d'économe à l'Université de Saint-Louis , et fut appelé, en 1840, à gouverner cette institution en qualité de recteur, À une rare: prudence il joignait un discernement extraordinaire. Ces qualités le rendaient éminemment propre au gouvernement. Sa vertu n'avait rien que d’aimable : austère pour lui-même, il était toujours plein d'égards et d'affabilité pour ses inférieurs. Il possédait le talent de gagner les cœurs, grâce à la confiance franche et cordiale qu'il témoignait à tous ceux qui travaillaient sous sa direction. Vers la fin de l'année 1841, ayant été nommé député à Rome par la congrégation provinciale du Missouri, il revit la Belgique, et y séjourna quelque temps. De retour en Amérique, en 1842, il fut nommé provincial de la mission du Missouri, et la gouverna durant l'espace de six ans avec une grande sagesse et un zèle infatigable.
Ses vertus et ses talents avaient attiré sur lui l'attention des prélats américains. Les Pères du sixième concile provincial de Baltimore le proposèrent à Sa Sainteté pour l'évêché de Chi- Cago, vacant par la mort de Mgr Quarter, son premier évêque. “Ayant reçu de Rome les bulles d'institution, avec l'ordre exprès de les accepter, il fut sacré évêque à Saint-Louis en 1849.
Depuis nous l'avons revu en Belgique, lorsque en 1853 il fit
un second voyage à la ville Éterncile.
Sur sa demande, il passa, au mois de juillet 1853, du siége
l'exagération dans les rapports que nous faisons des missions. Ne les écoutez pas ; je puis vous assurer que, lorsque ces missions sont vues de près et sans préjugé, la réalité surpasse toutes les relations qui en ont éte faites jusqu'à présent.
Pendant une seule excursion dans la Norivelle- Calédonie, le P. Nobili a baptisé au delà de six cents sauvagss ; il a bâti quatre églises et planté plusieurs croix. Les demandes et les instances urgentes de ces pauvres Indiens pour obtenir des prêtres qui résident parmi eux, excitent la compassion de ceux qui voudraient leur accorder des
épiscopal de Chicago à celui de Natchez, vacant par la mort de Mgr Chanche.
La ville de Natchez, située sur le Mississipi, a une population d'environ 10,000 âmes. Elle tire son nom des Natchez, peuplade indigène des bords du bas Mississipi, jadis très-puissante et immortalisée par un ouvrage du célèbre Chateaubriand. Le diocèse de Natchez comprend tout l'État du Mississipi, dont la population est de 606,000 âmes.
D’après le Propagateur catholique, journal de la Nouvelle- Orléans, Mgr Van de Velde avait fait une chute, en descendant un esCalie: qui conduit de la sacristie de la cathédrale à sa résidence ltans cette chute il se fractura la jambe en deux endroits. {ne dizaine de jours plus tard, une dépêche télégraphique apportait à l'archevêché de la Nouvelle-Orléans la triste nouvelle que Mgr Van de Velda était à l'extrémité et qu'on n’avait plus d'espoir de le sauver. Mgr l'archevêque partit immédiatement pour Natchez, mais en arrivant il n’a plus trouvé que les restes inanimés du prélat. « Voilà une perte immense, dit le Propagateur, nous dirions presque irréparable, pour le diocèse de Natchez. »
secours spirituels et matériels, mais qui n'ont ni ouvrier: évangéliques, ni moyens à leurs dispositions.
Les dispositions naturelles de ces sauvages sont très-favorables ; si nous avions trois missionnaires zélés dans ces régions du nord, la connaissance du saint nom de Jésus et de sa sainte loi ne tarderait pas à s'étendre jusqu'au bord glacial du détroit de Behring. Je ne parlerai pas de nos premières missions de Sainte-Marie parmi les Têtes-Plates ; du Sacré-Cœur de Jésus parmi les Cœurs-d'Alône et de Saint-Ignace à la baie des Kalispels, où nous avons des résidences et des stations ; ni de plusieurs autres tribus que nos Pères visitent régulièrement. La plupart de ces sauvages ont été baptisés, et le nombre des catéchumènes qui suivent les instructions, et qui se préparent au bonheur du baptême , est trèsgrand. La piété, de prime abord paraît naturelle à ces Indiens; tel cependant n'est pas le cas; plusieurs de ces tribus ont été plongées dans un profond abime de débauches et de crimes. Il a fallu, de leur part, de grands efforts pour vaincre la perversité et la dureté de leurs cœurs. La grâce du Seigneur est puissante : elle leur a été offerte, et les sauvages y ont été fidèles. Mon cher Père, je parle consciencieusement ; je n'exagère rien ; jexprime l'opinion générale de tous les étrangers , des protestants eux-mêmes, qui sont forcés de rendre témoignage à l'évidence des faits.
Mic