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vaient jamais vu un prêtre, mais qui étaient déjà familiarisés avec le signe de la croix et qui savaient un grand nombre de cantiques. Pendant que M. Blanchet était à Cowlitz (1), son collaborateur visitait Nisqually, où il trouva les sauvages dans les meilleures dispositions. N'ayant que peu de temps à passer parmi eux , il ne put que jeter les fondements d'une mission plus importante, et il retourna à Vancouver vers le mois de juin, époque à laquelle les agents de la Nouvelle-Calédonie, de la Haute-Colombie et des autres postes sy rassemblent pour déposer leurs fourrures.
Après avoir passé un mois à Vancouver, il profita de l'occasion favorable que lui offrait le concours des visiteurs, pour répandre les vérités de la foi, et il partit pour la Haute-Colombie, où il visita Walla Walla, Okinagan et Colville, baptisant tous les enfants qu'on lui apportait dans le cours de son voyage. Il employa trois mois à cetteexcursion ; pendant ce temps, M. Blanchet s'occupait des besoins spirituels des fidèles de Vancouver, de
(1) En parlant de la ferme appartenant à la Compagnie de
la baie d'Hudson à Cowlitz, le capitaine Wilkes dit : « Les terres paraissent bien cultivées et se couvrent d’abondantes moissons (mai 1841). A l'extrémité de la prairie on voyait un établissement avec ses vergers, etc., et au milieu des arbres, la chapelle et le presbytere dela mission catholique, qui donnaient àtout un air de civilisation. Le degré de progrès peut être comparé à celuid'une colonie fondés depuis plusieurs années
dans nos Etats de l'ousst, »
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Willamette et de Cowlitz. Bien que ces différents postes donnassent de nombreuses occupations à un seul missionnaire, M. Blanchet fit une seconde visite à Nisqually, où il rencontra un nombre considérable de sauvages du détroit de Puget, qui, aussitôt qu'ils apprirent son arrivée, s'empressèrent de venir à Nisqually et écoutèrent avec joie et profit les paroles de la vie éternelle.
Dans le mois d'octobre, les deux missionnaires se rencontrèrent à Vancouver, dont ils avaient fait leur résidence, grâce à l'obligeance de M. James Douglas, et le 10 du même mois, ils se séparèrent de nouveau : M. Blanchet partit pour Willamette, et M. Demers, pour Cowlitz. Leur projet était de passer l'hiver dans ces deux pays pour donner des instructions plus approfondies à leurs ouailles. Pendant la première année ils baptisèrent trois cent neuf personnes. Le printemps suivant, M. Demers fit une visite aux Chinouks, tribu située au-dessous du fort de Georges. De là, il se rendit à Vancouver pour se trouver au milieu du concours des marchands qui s’y rassemblent au mois de juin; puis, comme il avait fait l’année précédente, il se dirigea vers les stations de Walla Walla, Okinagan et Colville. Vers ce temps, le P. De Smet, de la compagnie de Jésus, reçut de son supérieur la mission de visiter les Indiens Têtes-?lates, qui avaient imploré cette faveur par des députations nombreuses envoyées à l'évêque de Saint-Louis. Il trouva, à son grand étonnement,
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que l'Orégon possédait déjà deux missionnaires catholiques ; il écrivit à M. Demers pour l'informer qu'il retournait à Saint-Louis, conformément aux ordres de ses supérieurs, afin de prêter son concours à la mission des montagnes Rocheuses.
M. Blanchet, après avoir visité les peuples de Nisqually, reçut une ambassade spéciale des Indiens du détroit de Puget, qui réclamaient son ministère. Ce fut dans cette circonstance qu'il se trouva à Whitby avec des sauvages qui connaissaient déjà certaines pratiques de l'Église catholique, bien qu'ils n'eussent jamais vu un missionnaire (1).
Ses travaux apostoliques parmi les Indiens eurent les plus consolants résultats. Une grande croix fut érigée et servit de point de ralliement. Beaucoup d'enfants reçurent le baptême, et deux tribus qui étaient en guerre furent réconciliées.
(1) Voici ce que M. Wilkes dit de la mission catholique de Penn’s-Cove (crique de Penn), entre l’île de Whitby et le continent : « L'île est occupée par la tribu des Sackets, qui y possède un établissement permanent, consistant en loges grandes . et bien construites en poutres et en planches... Toute cette tribu est catholique et professe un affectueux respect pour ceux qui l'ont dotée des lumières de la foi. » Parlant ensuite des bons sentiments excités parmi les Indiens par le clergé catholique, il ajoute : « Les prêtres ne se sont pas contentés d'apporter les bienfaits de la morale et de la paix dans ce pays, mais ils ont engagé les Indiens à cultiver le sol, et nous avons vu un enclos de trois ou quatre acres plantés de pommes de terre et de fèves. »
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L'échelle catholique passait d'une tribu à une autre et tous les sauvages demandèrent des prêtres pour être instruits dans toutes les vérités de la religion. Les missionnaires, après avoir béni plusieurs mariages et conféré le sacrement du baptême à 104 personnes, retournèrent à Vancouver, et de là regagnèrent leurs postes respectifs pour y passer la saison de l'hiver.
Un large champ s'ouvrait à leur zèle, non-seulement pour évangéliser les catéchumènes, mais aussi les colons désireux de réparer, en servant fidèlement le Seigneur , les années qu'ils àvaient perdues au service du démon.
Ce fut pendant l'été de 1810 que le capitaine anglais Belcher remonta le Columbia, avec une petite escadre, pour dresser la carte du fleuve.
Au printemps de 1841, le Rév. M. Demers donna encore la mission à Vancouver : il se rendit ensuite à Nesqually et pénétra, grâce à des guides indiens, jusqu'au fort Langley sur la rivière Fraser. Il y fut aussitôt environné de plusieurs milliers de sauvages qui ne demandaient pas mieux que de recevoir les enseignements de la foi. Ils laissérent tous baptiser leurs enfants, au nombre de plus de sept cents, et supplièrent le missionnaire de fixer sa résidence parmi eux.
Pendant que M. Demers recueillait les prémices d'une moisson si abondante à Puget Sound, M. Blanchet de son côté ne demeurait pas oisif. Après avoir visité Wilamette, Vancouver et