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Cowlitz, il se rendit aux Cascades où il baptisa plusieurs enfants etinstruisit un bon nombre d'adultes.
Durant l'année 1841, il y eut deux expéditions dans l'Orégon : l'une faite par les Anglais sous le commandement de sir George Simpson, et l'autre par les Américains sous les ordres du capitaine
Wilkes (1).
(1) « Nous nous arrêtâmes pendant quelques heures », dit le capitaine Wilkes, « à la mission catholique afin de faire visite
au Rév. M, Bachelet (Blanchet) pour lequel j'avais une lettre d'introduction du D' Mac Laughlin. Je fus reçu avec une trés-gfande politesse. M. Blanchet révide parmi les colons à quiil procure tous les avantages spirituels et temporels possibles........, M. Drayton , Michael et moi acceptâmes le modeste pot-au-feu de M. Blanchet ; nous eûmes pour dîner un potage à la farine de gruau, du gibier, des fraises et de la crème. L'hospitalité que nous reçûmes chez M. Bianchet nous laissa les meilleurs souvenirs ; impossible d’être accueilli avec plus d'urbanité, de bienveillance et de franche cordialité ; nous regrettâmes vivement d’avoir dù quitter si tôt une si bonne compagnie. »
Le capitaine Wilkes parle avec éloge des autres missions et des colons canadiens, dont les fermes sont dans un état florissant. C’est par erreur qu'il a mis M. Bachelet pour M. Blanchet, le supérieur de la mission de l'Orégon et récemment promu à la dignité de vicaire apostolique de cette contrée. — Explor. Exp., vol. 4, p. 350. (Voyage d'exploration, par le capit. Wilkes.)
En parlant des établissements méthodistes, le capitaine Wilkes dit : « J'ai vu partout, à mon grand regret, un manque
d'attention pour tenir les choses en bon état et une négligence
absolue des soins ies plus vulgaires de la propreté. Nous étions désireux de voir de près ces Indiens auxquels les méthodistes sont censés inculquer de bons principes et prêcher la parole de
plultes.
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Le P. De Smet, fidèle à sa parole, revint chez les Têtes-Plates, dans l'automne de 1841. Il était accompagné des Rév. Pères N. Point et Mengarini, et de trois frères coadjuteurs. La mission de Sainte-Marie fut aussitôt établie et bientôt les fruits de salut les plus abondants y furent cucillis (1).
Vers le même temps MM. Blanchet et Demers se retirèrent dans leurs quartiers d'hiver, comme d'ordinaire ; ils eurent le plaisir d'y apprendre que deux autres missionnaires, MM.Jean-Bapt. Bolduc et Ant. Langlois, avaient quitté le Canada pour venir les rejoindre et travailler dans la mission.
Dieu, mais , à l'exception de quatre Indiens esclaves, nous n'en vimes aucun, depuis-notre départ de la mission catholique. Ibid. p. 351, 2. — Dans cette dernière, le capitaine compta de quatre à cinq cents sauvages. — [es méthodistes ont une école d'une vingtaine d'enfants à une petite distance de là.
Près Port Orchard, la chapelle catholique de la mission a 172 pieds de long sur 72 de large. « Un bon nombre des sau- « vages, » dit le capitaine, « sont en état de dire leurs prières et « de réciter le chapelet, et nous en rencontrâmes quelques-uns « capables de chanter des hymnes catholiques dans leur propre « langue. » Quant à la mission protestante de Clatsop, le capitaine Wilkes remarque : « Il m'a paru que les ministres n'ont pas grande occasion d’y exercer leur zèle , quoique j'aie appris plus tard qu'à certaine saison quelques Indiens venaient pour entendre les prédicants. » — Vol. 4, p. 322.
(1) Voyez : Voyages awx montagnes Rocheuses, par le Rév. P. De Smet. Edition Victor Devaux et Cie, 26, rue Saint-Jean, Bruxelles, 1873, page 105.
Pendant l'hiver, M. Blanchet , allant visiter son confrère M. Demers, faillit périr victime de sa charité. Le 1G décembre, il remontait la rivière Willamette, gonflée par les pluies ; parvenu à l'extrémité de la chute, son canot chavira et les sept personnes qui le montaient furent entraînées par le courant. La Providence voulut qu'aucune d'elles ne périt. Heureusement M. Blanchet avait quitté le canot avant l'accident.
Au printemps de 1842, le R. P. De Sinet vint à l'improviste à Vancouver , après avoir échappé miraculeusement au danger d'être noyé en descendant la rivière Columbia. Il s'était embarqué sur une berge non loin de Colville. Après quelque temps de navigation, il mit pied à terre. Mais à peine fut-il sorti de la faible embarcation qu'elle s'engagea dans des rapides, où elle disparut avec cinq hommes de l'équipage. Le Père n’y perdit que ses effets.
Les trois missionnaires se réunirent d'abord à Willamette, puis à Vancouver ; ils concertèrent leurs plans qui, depuis, ont si merveilleusement tourné à l'avantage de la religion parmi les sauvages de l'immense territoire de l'Orégon.
Les Indiens de la Nouvelle-Calédonie (1) avaient
(1) NouveLLE-CALÉDONIE, contrée de l'Amérique anglaise, entre les montagnes Rocheuses et le Grand Océan, l'Amérique russe au N., longue de 900 kil. sur 660 kil. de largeur. Les côtes sont très-accidentées et bordées d'îles nombreuses , Revilla, Princesse-Royale, Banks, Reine-Charlotte, Quadra et
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constamment demandé des missionnaires catholiques, et M. Demers se mit en route pour cette contrée. Il s'embarqua sur les bateaux de la Compagaie de la baie d'Hudson et n'arriva dans la Calédonie qu'après deux mois de voyage. La moisson de salut y fut abondante. Les natur :s e reçurent à bras ouverts et n'eurent rien de plus empressé que de se rendre à ses instructions. I] était surprenant de voir tous ces sauvages rivalisant de zèle pour entendre les paroles de vie éternelle qui coulaient en abondance des lèvres du fervent et digne M. Demers. Il put se convaincre que ces Indiens ne le cédaient point en bonnes dispositions et en ferveur aux Tétes-Plates, qui o’.t pour la vertu un goût et un attrait particulier.
Pendant que M. Demers recueillait de si beaux fruits apostoliques dans la Nouvelle-Calédonie , le
Vancouver. Le pays est montueux, avec de profondes vallées Lien arrosées et des lacs nombreux ; au nord, l'hiver est long et rigoureux ; au sud, le climat est assez doux. Les côtes sont fertiles, l'intérieur est couvert de belles forêts. Le pays, qui fait partie du territoire de la Compagnie de la baie d'Hudson, comprend le Nouveau-Norfolk, le Nouveau-Cornouailles, le Nouveau-Hanovre et la Nouvelle-Géorgie. Il est habité par des tribus sauvages, faisant le commerce de pelleteries ; le Sud forme, depuis 1858, la Columbia Lrilannique.
Une autre Nouvelle-Calédonie est l'île de la Mélanésie, dont le chef lieu est Port-de-France ou Nouméa. Elle appartient à la France depuis le 24 septembre 1853, et sert de bagne ou lieu de déportation pou: les grands criminels.
s. (Note de la présente édition.) ORÉGON. 9
tév. Père De Smet, qui s'était imposé la pénible tâche derepasserles montagnes Rocheuses, se mit en route pour Saint-Louis dès le commencement de juillet. Il y arriva en décembre, après s'être arrêté à la mission de Sainte-Marie. Le but de son retour au Missouri était d'obtenir de son supérieur un nouveau renfort d'ouvriers évangéliques. Deux prêtres, les RR. PP. P. De Vos et
(1) « Le R. P. Pierre De Vos est né à Gand le 24 septembre 1797. Ilentra, étant déjà prêtre, au noviciat de la Compagnie de Jésus, à Montrouge, près Paris, le 9 décembre 1825. Parti pour les missions d'Amérique en 1836, il mourut au collége de Santa. Clara en Californie, le 17 avril 1859. Un journal de New- York, le Freeman's Journal, rendant compte du décès du P. De Vos, a dit : « Le célèbre P, de Ravignan et d’autres conovices du défunt, éminents eux-mêmes par leurs vertus et leur savoir, se rappelaient la ferveur extraordineire qui distinguait ce jeune prêtre durant ses deux années de probation. » Toute sa vie, ce fut un homme d'une foi vive, d’une piété soutenue, d'un zèle à toute épreuve. Les villes de Gand, d'Alost et d'antres localités se souviendront longtemps de ce fervent religieux. Quand, à force d'instances, il obtint la permission d'aller évangéliser les sauvages, dont le salut le préoccupait sans cesse, sa santé était si faible et il avait déjà tant de fois craché le sang, qu'on craignait qu'il ne mourût en route. Mais le P. De Vos comptait sur la Providence, qui l’a fait survivre pius de vingt ans à son départ, an milieu des plus rudes travaux. Pendant nlusieurs années, il fut missionnaire dans la Louisiane et le Missouri. Lors de l'établissement du ncviciat de Florissant, le bon Père y devint maître des novices. Bientôt sa demande d'être envoyé parmi les Indiens des montagnes
Kocheuses fut écoutée, et, en 18143, il se dirigea vers ces
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C. Hoecken (1) ainsi que trois frères lais, partirent aussitôt pour la mission, où ils n’arrivèrent toutefois qu'en l'automne de l'année 1843. Le Père De
régions, explorées, quelques années auparavant, par le célèbre Père De Smet. Ce qu'est la vie d'un Jésuite missionnaire parmi les tribus indiennes, un missionnaire Jésuite seul peut le comprendre. Les dangers, les privations, les labeurs qui éprouvérent la constance du P. De Vos, pendant les huit années qu'il passa chez les Tètes-Plates et dans la vallée de Willamette, ne sont connus que de ses compagnons, et de Dieu qui maintenant le récompense. » (Précis Historiques. — Note de la présente édition.)
hi) « Le R. P. Chrétien Hoecken, de la Compagnie de Jésus, est mort du choléra, le 19 juin 1851, à bord du Saint-Anyge sur la rivière Missouri. Il était natif de Tilbourg (Brabant sept.) Ceux qui ont eu le bonheur de connaître le défunt peuvent sa faire une idée de la perte que la religion a faite. Cette perte, on peut le dire, est irréparable. A l'intelligence de plusieurs langues indiennes, il joignait une connaissance parfaite des mœurs, des préjugés et des prédilections des sauvages ; il avait la plus grande attention pour tous leurs intérêts, tant temporels que spirituels. Il jouissait d’une constitution robuste, jointe à une énergie de caractère qui lui faisait entreprendre sans hésiter tout ce qui promettait d'augmenter la plus grande gloire de Dieu. Les qualités qui le distinguaient le plus au milieu de ses travaux et de ses privations étaient son admirable franchise, sa simplicité, son bon jugement, une disposition d'esprit et de cœur toujours joyeuse et tranquille et un contentement inébran!able que l’auteur de cette notice n'a jamais trouvé, au méme degré, dans aucun autre individu. Il serait impossible de trouver un missionnaire plus apostolique, et nous sommes convaincu que l'illustre société dont il était membre ne comptait pas parmi ses enfants un religieux plus fidèle et plus fervent. » (Précis Historiques. — Note de la présente édition.)
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Smet reçut en même temps l'ordre de se rendre en Europe afin de procurer de son côté les secours nécessaires pour la conversion et la civilisation des Indiens de l'Orégon.
Depuis le départ de M. Demers pour la Nouvelle-Calédonie et celui du R. P. De Smet pour Saint-Louis, M. Blanchet, resté au bas de l'Orégon, se trouvait chargé seul de toute cette partie. Willamette, Vancouver et Cowlitzréclamaient tour à tour sa présence. Il lui fallait de plus avoir soin de tous les sauvages des enviror ” Pendant tout l'été, ce fut en quelque sorte ou: iul une course continuelle ; mais, le 16 septembre, il vit arriver MM. Langlois et Bolduc, qui avaient voyagé pendant un an depuis leur départ du Canada.
Malgré leurs fatigues, ces nouveaux missionnaires furent obligés de se mettre aussitôt à l'œuvre. M. Langlois demeura à Willamette tout l'iver ; M. Blanchet était à Vancouver et M. Bolduc à Cowlitz. Au printemps de 1843, M. Demers revint de la Nouvelle-Calédonie épuisé par ses travaux apostoliques et par ies privations qu'il 4 .' e1durées dans son voyage. Mais rien ne pur it "le zèle qui le dévorait. Pendant les mois d'été, :ui et ses compagnons trouvèrent amplement de quoi s'occuper dans les exercices du saint ministère, et, de fait, leur besogne était si multipliée et si urgente, dans les trois principales stations où ils séjournaient, au'il leur fut absolument impossible de se reudre à des points plus éloignés fin de
satisfaire aux exigences spirituelles des Indiens qui s'y trouvaient. Il fallut donc remettre à une autre époque le projet qu'on avait formé de créer une station à Whitby.
Malgré ses nombreux travaux, M. Blanchet entreprit de fonder à Willamette une académie pour laquelle des fonds lui furent donnés par M.dJoseph Laroque de Paris , et qui fut appelée collége Saint-Joseph, en l'honneur de son généreux donateur.
Deux professeurs, l'un de français et l'autre d'anglais, enseignaient dans cette institution, qui fut ouverte au mois d'octobre, et qui comptait dès le début vingt-huit écoliers. Le Rév. M. Langlois, supérieur de la mission de Willamette, surveillait l'académie.
Au bout d'un an, on fit subir aux élèves un examen public, et les assistants parurent très-satisfaits des progrès que ces élèves avaient faits dans l'étude du français, de l'anglais, dans l'écriture, l'arithmétique et les autres branches de l'enseignement.
Au printemps de 1844, M. Blanchet retira M. Demers de Cowlitz et l'envoya aux Cascades ou OUregon-City , poste important qui contenait déjà soïxante maisons. La cure où M. Demers résidait avait un revenu d'au moins dix dollars par mois. M. Bolduc resta à Cowlitz, et M. Blanchet allait d'une station à l'autre pour pourvoir aux besoins des différentes localités.
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Pendant les vacances du collége, M. Blanchet resta à Willamette pour remplacer M. Langlois, qui était allé faire une visite aux Pères Jésuites en mission chez les Têtes-Plates, dans la vue d'obtenir quelque aide pour son école. M. Demers était alors à Vancouver. Les missionnaires, qui ne savaient pas que le P. De Smet voyageait en Europe, attendaient avec une vive anxiété son arrivée parmi eux. Quinze mois environ s'étaient déjà écoulés depuis son départ pour l'Est, et le vaisseau de la compagnie de la baic d'Hudson, qui aborda au printemps sur les côtes de l'Orégon, n'apportait aucune nouvelle. M. Blanchet et ses compagnons commencaient à être alarmés, lorsque, au milieu de leurs appréhensions, l'infatigable jésuite parut tout à coup à Vancouver, vers le commencement du mois d'août. Il avait quitté la Belgique le 9 Janvier avec quatre prêtres, qui étaient les RR. PP. Accolti, Nobili (1), Ravalli et
a) Le 1e mars 1856, mourut, au collége de Santa-Clara , en Californie, le R. P. Mobili, de la Compagnie de Jésns, recteur de cet établissement. Il était né à Rome en 1812. Il entra dans la compagnie en 1828, commença ses études de philosophie en 1831, et enseigna ensuite dans les colléges de Rome, de Lorette, de Plaisance et de Fermo. Ayant terminé ses études de théologie, il fut ordonné prètre en 1843. Vers la fin de cette même année, il partit avec le P. De Smet pour les missions üe l'Grégon. Il fallait doubler le cap Horn et le voyage devait être de huit mois avant leur arrivée à Oregon-Cily. Le KR. P. Nobili travailla ensuite avec le plus grand zèle parmi les tribus sauvages de l'Orégon. Pendant son séjour dans la Nouvelle-
AL. Vercruysse (1), un frère lai nommé Huybrechts et six religieuses de Notre-Dame de Namur.
Après avoir doublé le cap Horn, le capitaine du vaisseau que montait le P. De Smet toucha à Valparaiso et à Lima, dans l'intention d'obtenir quelques renseignements sur l'entrée de la rivière Columbia, et de décharger une part'e de la cargaison. N'ayant pas reçu de réponse favorable , il se dirigea de nouveau vers le nord et continua sa route jusqu'à ce qu'il se trouvât sous le 46° 19° de
Californie, il eut beaucoup à souffrir. 11 y passa une année entière sans autre nourriture que des racines, de la chair de cheval, etmême quelquefois de chien et de loup. Après six années de travaux incessants dans les missions les plus pénibles et après avoir recueilli les plus amples fruits de salut, il fut rappelé aux missions fe la Californie , où il arriva en 1840. Il travailla ensuite dans celles de San-José et de Santa-Clara jusqu'à ce qu'il fat nommé en 1855, recteur au collége de Santa-Clara, le premier qu'on établit dans la Californie. Un accident, qui semblait d'abord bien léger, causa sa mort : en visitant les nouvelles constructions, il mit le pied sur un clou qui sortait d'une planche et se fit une légère blessure , elle provoqua les convulsions du tétanos et le mena au tombeau. Mgr Alemany , archevêque de San-Francisco, voulut faire lui-même l’absoute sur le corps de ce fidèle serviteur de Dieu. Ses restes ont été déposés dans une petite chapelle que le Père avait fait construire en l'honneur de la Vierge /a Consolata. (Note de la présente édition. Précis Hist.)
(1) Le 12 juillet 1867, est pisusement décédé à la résidence des Pères Jésuites de Courtrai, à l'âge de soixante et onze ans, le R. P. Aloïs Vercruysse. Né à Courtrai, dune famille très-
honorable qui compte encore trois Jésuites dn même nom, il
latitude et le 123° 5{ de longitude. Le capitaine mit trois jours à découvrir l'embouchure de la rivière, qui lui fut enfin révélée par un vaisseau qui en sortait. Bien qu'il commençât à faire nuit, il dépêcha immédiatement un officier à la poursuite
‘du navire, afin de savoir comment il fallait entrer
dans la Columbia ; muis le messager ne rapporta pas de réponse, et le capitaine, abandonné à ses propres ressources, se prépara à entrer dans le fleuve ; il fit route de l'est à l'ouest à travers un canal qui lui était tout à fait inconnu. C'était le 31 juillet, fête de S. Ignace de Loyola. À mesure qu'il avançait, la sonde lui apprenait qu'il était dans les bas-fonds , et que le vaisseau n'avait que deux pieds et demi d'eau sous sa quille, bien qu'on se trouvât à une distance considérable
du continent. Dans cette situation, on paraissait désespérer du salut de l'équipage et du vaisseau.
entra en religion en 1816, dut se rendre à cet effet en Suisse comme la plupart de ses confrères belges, et ne put rentrer en Belgique qu'à la suite de la révolution de 1830. Après avoir enseigné les humanités dans différents colléges de la compagnie de Jésus, il fut envoyé aux missions d'Amérique , chez les Tètes-Plates, en décembre 1843. Revenu à Courtrai en 1865, pu suite du délabrement de sa santé, il y passa les deux dernières années de sa vie dans l'exercice des vertus sacerdotales et religieuses. Homme à convictions profondes , sévère observateur des règles de son institut, missionnaire infatigable, il a fourni une carrière bien remplie et très-méritoire dont il a déjà reçu, espérons-le, la *écompense dans une vie meilleure, (Note de la présente édition. Précis Hist.)
Pendant que l'imminence du naufrage consternait ies passagers qui se regardaient entre eux avec effroi, les eaux devinrent tout à coup plus profondes ; la barre était traversée , et deux heures après , le vaisseau mouillait au fort George ou à Astoria {1).
Dès que M. Blanchet et les habitants de Willamette apprirent l'arrivée du P. De Smet à Vancouver, ils s'empressèrent d'aller à sa rencontre. Le bon Père et sa suite furent reçus avec toute espèce d'égards par le docteur Mac Laughlin et M. Douglas, qui mirent à la disposition des missionraires un des bateaux de la Compagnie qui les transpor.a à Willamette. Leur voyage jusqu’à ce lieu fut un véritable triomphe, tant fut vive la
a) C'est la barre de la rivière Columbia qui fut cause du naufrage du Peacock, un des vaisseaux attachés à l'expédition d'exploration du capitaine Wilkes, qui raconte ce déplorable événement dans ses Æécits de voyage. Voici ce qu'il dit de la barre : « Une description ne peut donner qu'une faible idée des terreurs qu’inspire la barre de la Columbia ; tous ceux qui l’ont vua ont couservé une impression profonde de cette scène sauvage et du tumulte des vagues, qui en font un des spectacles les plus effrayants qui puissent s'offrir aux regards du navigateur. Les dangers du canal, la distance des jalons qui indiquent la marche à su‘vre, la difficulté de les connaître, l'inexpérience de la force et de la direction des courants, la crainte d'approcher de périls inconnus , la transition de l'eau claire à l'eau trouble, tout vous jette dans une cruelle inquiétude. Je dois avouer que je me sentis moi-même faiblir sous le poids de ces émotions. » (Vol. 4, p. 293.)
ne
joie que causa parmi les habitants l'arrivée des nouveaux ouvriers évangéliques. Les sœurs de Notre-Dame occupèrent le bâtiment qui avait été construit à leur intention ; on fit l'ouverture de ce pensionnat au mois de décembre.
Vers cette époque, le P. De Smet, remplacé dans son poste méridional par le P. De Vos, alla faire une visite aux Têtes-Plates. Les travaux des Jésuites parmi les tribus du nord furent couronnés des succès les plus complets. En 1842, une nouvelle mission, appelée le Sacré-Cœur de Jésus, fut fondée à euviron huit journées au sud de Sainte- Marie. Nous devons mentionner comme accroissement de secours que reçut la mission en 1844 l'arrivée de deux autres pères Jésuites et d'un frère lai, qui vinrent dans l'Orégon à travers les montagnes Rocheuses.
Tels étaient l'état du pays et le progrès de la religion parmi les indigènes et les colons, lorsque M. Blanchet reçut, au mois de novembre dernier, des lettres du Can°da, qui l'informaient que, sur la demande du cinquième concile provincial de Baltimore, il avait été nommé vicaire apostolique du territoire de l'Orégon, et que ses bulles, datées du 1° décembre 1843, lui avaient été envoyées. Ses compagnons l’engagèrent à accepter immédiatement ces fonctions, et à se rendre dans la Californie pour la cérémonie du sacre. Mais voulant obtenir du renfort pour sa vaste mission, il résolut de partir pour l’Europe. Ayant désigné
M. Demers (1) pour son vicaire général et l'administrateur de son diocèse pendant son absence, il quitta Vancouver vers la fin de novembre, et arriva le 22 mai à Londres, d'où il s'embarqua , le À juin, sur un des paquebots de la compagnie Cunard. Il fut de retour dans le Canada le 24 du même mois, après avoir fait un voyage de plus, de 22,000 milles. M. Blanchet reçut, il y a peu de temps, la consécration épiscopale à Montréal, et retourna en Europe pour les besoins de sa mission. Six mille sauvages ramenés dans le giron de l'Église sont sans doute peu de chose, si on les compare aux ceni mille qui habitent cette immense contrée; mais si l'on considère que ce succès à été obtenu en peu d'années et par un petit nombre de missionnaires, obligés de lutter contre tant de difficultés, on trouvera que ce résultat est consolant et important, et qu'il démontre jusqu'à l'évidence que ceux qui ont reçu mission d'aller enseigner toutes les nations peuvent cueillir des fruits nombreux sur ce sol béni.
Le 1° décembre 1843, Sa Sainteté Grégoire XVI
.érigea le territoire de l'Orégon en vicariat aposto-
lique, et nomma le Rév. Francis Norbert Blanchet évêque de ce vaste diocèse. Celui-ci fut sacré à Montréal le 25 juillet de l'année 1845, et repartit
(i) Voir la notice nécrologique de Mgr Demers dans l'ouvrage : Voyages aux montagnes Rccheuses par le R. P, De Smet, S. J., page 295.
immédiatement après pour l'Europe, dans le désir d'accroître les forces de sa mission et de propager le christianisme dans l'Orégon. Sur sa demande et par un acte récent du Saint-Siége, le territoire de l’Orégon, à partir du 42° jusqu'au 54° degré de latitude nord, a été divisé en huit diocèses, qui sont : la ville de l'Orégon (Oregon-City), Nesqually, les îles Vancouver et la Reine-Charlotte , sur les côtes; Walla Walla, les forts Hall, Colville, et la Nouvelle-Calédonie, dans l'intérieur. Ces diocèses forment une province ecclésiastique, dont la ville d'Orégon est la métropole. Jusqu'à présent, il n'y a que trois évêques dans cette province, à savoir : ceux de la ville d'Orégon, de Walla Walla et de l'ile Vancouver, avec une juridiction provisoire sur les autres diocèses. Les districts épiscopaux des îles Vancouver , Reine-Chirlotte et de la Nouvelle-Calé: donie ne sont pas renfermés dans le territoire qui appartient aux États-Unis. Le Rév. M. Modeste Demers, un des missionnaires qui visitèrent l'Orégon en 1838, avait été chargé du diocèse de l'ile Vancouver , et de l'administration des deux autres districts qui se trouvent sur le territoire anglais. Les cinq autres diocèses susmentionnés sont situés dans les pays dépendant des États- Unis. |