‹ Voyages dans l'intérieur du BrésilChapitre 18 sur 23 · TARES · texte numérisé non relu

TARES

A mon arrivée à Desterro, j'avais couché, comme on Ta vu, chez M. Dlogo Duarte da Silva, trésorier de la judte, qu'on appelait communément don Diogo (1), parce qu'il

(1) A Montevideo et dans le pays dépendant de cette ville, on donnait à tout le monde le titre de don; personne ne l'avait au Brésil, et, parmi les Portugais, les nobles, fort peu nombreux, pouvaient seuls le porter. C'est donc à tort que, dans une foule d'écrits, on applique ce titre à peu près à tous les Brésiliens ou Portugais revêtus d'un emploi ou ayant quelque aisance. Ceux qui écrivent sur le Brésil devraient ne pas oublier que ses habitants ont une nationalité qui leur est propre, et tâcher de ne pas leur attribuer la langue et les usages de leurs voisins ; les habitants de Rio Grande siirtout seraient fort peu flattés que l'on fit d'eux des Caslelhanos. M. le prince de Neuwied s'est déjà élevé contre la transformation étrange dont il s'agit ici, et a justement protesté contre son savant, mais trop inexact traducteur, qui lui fait dire San Mateo pour S. Matheus (Brasilien, 51, 58). Nos typographes sont tellement accon-

avait séjourné longtemps dans l'Amérique espagnole.Quand nous fûmes levés, nous nous rendîmes à Tembarcation qui m'avait amené, et nous trouvâmes mes gens fort impatients de me revoir.

De là, accompagné de mon hôte, j'allai faire ma visite au gouverneur de la province, M. Joao Yieiba Tovar de Albuquerque, qui refusa d'examiner mes papiers et m'accueillit de la manière la plus aimable (1). C'était un homme actif et assez gai, mais qui avait peu d'usage du monde. Il était colonel de cavalerie, et avait servi en Europe contre les Français , et au Rio de la Plata contre les Américains-Espagnols. Ayant perdu un bras en combattant, il avait demaqdé. sa retraite, et on lui avait donné pour récompense le gouvernement de Sainte-Catherine. Comment ne ferait-il pas un bon administrateur? disait quelqu'un malicieusement, il a perdu un bras à la guerre. Quand il était arrivé à Sainte-Catherine , la plus grande indiscipline régnait parmi les gardes nationaux , dont on ne s'occupait que pour en tirer de l'argent par la vente des grades et des congés : dans les commencements, il avait infligé aux récalcitrants des punitions très-sévères, souvent même illégales, on s'était beaucoup plaint de lui; mais il était parvenu à rétablir l'obéissance et à former,

lamés à voir ainsi changer r« mis en portugais devant les noms de saints, pour remplacer Sâo ou, comme on a écrit jadis, Sam, que d'euxmêmes ils corrigent souvent la seule orthographe qui soit correcte. II ne serait, par conséquent, point impossible que dans le manuscrit d'un ouvrage récemment imprimé il y eût S. Francisco et que les imprimeurs, croyant bien faire, eussent partout écrit San Francisco ^Castelnau. Expédition dans les parties centrales, I).

(1) M. Tamiral Roussin se loue beaucoup aussi de la récepticn que lui fit M. Tovar {Pilote du Brésil, 7).

dans sa province, quatre mille hommes de milice bien habillés et exercés d'une manière admirable.

On ne peut nier pourtant que Tovar n'attachât une trop grande importance à tout ce qui tenait au militaire. Sous les rois de Portugal, la place de gouverneur d'une province ou d'une capitainerie donnait au même individu une autorité tout à la fois militaire et civile ; cependant, comme les devoirs d'un gouverneur, en qualité de chef des troupes régulières et de la garde nationale, avaient, en général, moins d'importance que ceux qu'il devait remplir comme administrateur, il aurait été important qu'il connût mieux Tadministration que le métier des armes. Mais le contraire arrivait presque toujours. C'étaient, assez généralement, des militaires que l'on mettait à la tète des capitaineries: ils portaient dans la décision des affaires cet esprit absolu et cette dureté dont la discipline militaire fait prendre l'habitude; ils méprisaient les lois qu'ils ne connaissaient pas, ne s'occupaient que d'uniformes et de revues, traitaient les gardes nationaux comme une troupe soldée, les arrachaient aux travaux de la campagne pour leur foire faire un service souvent inutile, les dégoûtaient de leur pays, et rendaient continuelles les désertions qui, éloignant des hommes mariés de leurs femmes, de leurs enfants, de leurs propriétés, étaient si nuisibles à l'agriculture et à Taccroissement de la population (1).

Quand nous eûmes quitté le gouverneur, don Diogo me mena chez lejuiz de fora. Il était employé à Campos dos Goitacazes, lorsque j'avais passé par cette ville; je renouvelai connaissance avec lui, et il eut la bonté de m'aban-

(1) Voir plus baut, p. 285.

donner une maison de campagne fort commode, qu'il occupait ordinairement» et qui était située à peu de distance de la ville, sur un coteau voisin de la mer.

Un jour que j'étais allé voir mon hôte, la conversation tomba sur la jurisprudence portugaise. Gomme tous ceux qui en avaient quelque idée, il me dit que rien n'était plos embrouillé et plus incertain; que les juges étaient ians cesse embarrassés pour choisir entre une foule de lois qui se contrariaient; que la plupart du temps ils rendaient leurs arrêts en suivant les lumières de leur conscience quand ils étaient intègres , ou en consultant leurs intérêts quand ils étaient corrompus, ce qui arrivait presque toujours. Le juiz de fora se plaignait aussi , avec juste raison, de Tempiétement des gouverneurs de capitaineries sur l'autorité judiciaire ; mais en même temps il avouait qu'il n'y avait aucune loi qui fixât d'une manière précise les limites des différents pouvoirs. C'était là bien certainement un des défauts les plus graves de l'organisation intérieure de ce pays.

Le juiz de fora n'était pas la seule connaissance que j'eusse à Desterro; j'y retrouvai un colonel du génie que je voyais de temps en temps, lorsque j'étais à Rio de Janeiro, et qu'on appelait Antonio José Rodbigi/es. Cet officier maria sa fille pendant mon séjour dans l'île de Sainte-Catherine, et il eut la bonté de m'inviter à la cérémonie. Elle devait se faire le dimanche, à quatre heures après midi. Je me rendis chez le colonel quelques instants avant l'heure indiquée, un peu surpris de ce que, dans un pays catholique, on eût choisi le dimanche pour se marier. Mais je fus bien plus étonné encore lorsqu'en entrant dans le salon j'y vis un petit autel orné avec goût ; qui indi-

quait assez que ce local avait été choisi pour la célébration de la cérémonie. Les Tuturs parurent bientôt, accompagnés de quelques amis intimes et d'un prêtre. Celui-ci s*habilla; il commença la bénédiction nuptiale, et, pendant tout le temps qu'elle dura, les assistants et les fiancés rirent et causèrent à peu près comme dans une place publique. Le mariage célébré, on enleva promptement Tautel ; le salon se remplit de monde ; on se mit à danser, et le prêtre qui avait fait la cérémonie assista au bal, ainsi que plusieurs autres ecclésiastiques. Il y avait à cette petite fête un assez grand nombre d'hommes, officiers ou employés, et environ une quinzaine de femmes. Toutes celles-ci étaient parfaitement mises, et en général elles dansèrent fort bien (1) ; aucune n'avait ni la roideur ni la gène de celles de Minas. Les hommes étaient, en général, peu empressés auprès d'elles; mais, quand ils leur adressaient la parole, elles répondaient sans embarras et avec politesse. Ces dames, cependant, n'étaient point exemptes d'un défaut qui m'avait toujours choqué chez les habitantes de Minas Geraes : quelque chose de dur et de rauque dans le son de leur voix, qu'il faut attribuer, je crois, à l'habitude de commander à des esclaves.

(1) M. Barrai, auteur de rimporlaute carte citée plus haut, et le lieutenant de marine russe Kotzebuc, racontent, chacun de leur côté {N(h lions dans les Annales marilimes, 1833, II; —Endeckunfs rHse, 1, 106), qu'étant dans la province de Sainte-Catherine ils y virent danser des fandangos. Ce mot espagnol est absolument inconnu aux Brésiliens ; MM. de Barrai et Kotzebue auront voulu, sans doute, parler des baltiqueSf cette danse obscène dont j'ai eu occasion de parler dans mes précédents ouvrages et qui a été empruntée aux nègres. C'est là un exemple de la transformation que j'ai signalée à la note de la page 348. Dans une relation bien rédigée, un autre navigateur parle de la province de las Minas (Voyage Favorite, IV, 135).

Pendant que j'étais à Sainte-Catherine, un bataillon de SOO soldats portugais du 42*" régiment d'infanterie de ligne tenait garnison dans cette île. C'étaient tous des hommes faits, dont on vantait généralement l'honnêteté , et qui, par leur excellente discipline, faisaient honneur à l'armée portugaise. Quelle différence il y avait entre ces braves militaires et les soldats de la garnison de Rio de Janeiro, la plupart gens de couleur mal choisis, sans force, qui n'avaient rien de l'homme de guerre, et se livraient, pour de l'argent , à la débauche la plus honteuse ( i ) I Toutes les fois que les soldats en garnison à Sainte-Catherine pouvaient obtenir la permission, ils se louaient pour travailler chez les cultivateurs, et plusieurs d'entre eux avaient fait la guerre en France ou y avaient été prisonniers, et ils parlaient de notre pays avec regret. Les officiers étaient polis, bien élevés, et savaient tous un peu de français.

Accompagné du chirurgien-major du bataillon, j'allai voir l'hospice de Menino Deos dont on avait fait momentanément, comme je l'ai dit plus haut, un hospice militaire. Les salles sont parfaitement éclairées , mais le bâtiment a l'inconvénient d'être très-bas, et par conséquent les fenêtres ne peuvent , en certains cas , être ouvertes sans quelque danger pour les malades. Avant que l'iitafiUssement fût devenu militaire, toutes les salles étaient divisées, par des cloisons, en un certain nombre de petites

(1) J*ai dit ailleurs combien les dignes militaires de Minas Geraes et les dragons de Goyaz méritaient d*éloges. Ils n'avaient non plus rien de commun arec les hommes qui, à Tépoque de mon voyage, composaient les régiments de Rio-Janeiro.

cases destinées chacune pour un malade (1) ; comme Vair se renouvelait difficilement dans ces réduits et qu'on ne pouvait y maintenir une propreté bien exacte , le chirurgien-major avait fait enlever les cloisons. L'établissement était bien tenu; rien ne manquait aux malades; et Ton suivait avec exactitude les règlements , qui me parurent fort sages. Chaque malade couchait seul, et les lits étaient sufQsamment écartés le$ uns des autres et sans rideaux, comme cela devait être dans un pays fort chaud. Au lit de chaque malade, on voyait un tableau où se trouvaient inscrits son nom, le jour de son entrée, etc. Lorsque le chirurgien faisait sa visite, il indiquait, sur chaque tableau, la potion qui pouvait être donnée au malade et les remèdes qu'il devait prendre. Les recettes étaient désignées par un simple numéro qui renvoyait à un formulaire général composé d' un certain nombre d'articles. La visite terminée, l'infirmier faisait le relevé des tableaux. L'o/rnoxorife (2) ou économe achetait les objets nécessaires ; il se faisait donner des reçus par les marchands, et il fallait que ses livres fussent d'accord avec les relevés de T infirmier.

On avait le projet de construire un hôpital militaire, et l'on devait rendre aux pauvres l'établissement qui leur appartenait. L'emplacement du nouvel hôpital était déjà marqué; mais on n'aurait pu en choisir un qui fût moins convenable : c'était près de la caserne, au pied des mômes,

(1) G^est ce qne j'avais déjà tu à Villa Rica, ou Ouro Preto, dans Thospice militaire, en 1816 {Voyage dans les provinces de Rio de Janeiro et de Minas Gérais, 1, 146).

(2) Almoxarife signifie, à proprement parler, un receTeur (Jâoraes^ Dice., 3« éd.).

dans un enfoncement où Tair ne circulait pas, que Ton prétendait bâtir Fédifice projeté (1).

Pendant le temps que je restai à Sainte-Catherine, je fis presque tous les jours des promenades. Comme Thiver approchait, elles furent peu profitables pour la botanique ; souvent elles ne me procurèrent pas une seule plante en fleur que je ne connusse depuis longtemps ; mais elles me firent goûter le plaisir d'admirer des sites délicieux.

Un genre d'industrie particulier à Sainte-Catherine est la fabrication de certaines poteries où Teau se maintient extrêmement fraîche, et que Ton expédie pour Rio de Janeiro et d'autres villes du Brésil. Je me dirigeai , dans une de mes promenades, vers Tun des endroits où se font ces poteries. Elles sont d'un rouge foncé, lisses, luisantes et d'un grain très-Qn. Les plus communes sont des espèces de cruches {moringues) d'une forme arrondie, qui ont une anse et deux goulots, l'un plus large servant à remplir le vase d'eau, l'autre par lequel on boit et qui n'est percé que d'un trou fort petit. On donne une forme plus élégante à d'autres vases également destinés à entretenir la fraîcheur de l'eau, et qui peuvent servir d'ornement. Toutes ces poteries se font au tour avec une argile olivâtre que Ton tire du lieu appelé Cubatào (2) situé sur la terre ferme. Après les avoir fait sécher à l'ombre, on les imbibe d'une eau dans laquelle on a délayé une terre fort rouge prise sur les bords du canal {estreito) qui sépare l'île du continent (3). C'est à

(1) L'hôpital militaire n'a point été construit, et Ton a rendu l'hospice de Menino Deos à sa destination primitire.

(2) On peut voir ce que j'ai écrit sur ce mot dans un des premiers chapitres de cet ouvrage.

(3) C'est à tprt^ comme on voit, qu'un voyageur {Coquille^ hisL, 68)

l'aide d'un lioge que Ton fait cette petite opération. On frotte les vases avec un caillou très-lisse pour les rendre luisants et polis^ et enfin on les fait sécher au four.

Pendant mon séjour à Desterro , on fêta l'anniversaire de la naissance du roi Jean VI. A cette occasion , tous les gardes nationaux du district furent obligés de se rendre c^ la ville plusieurs jours d'avance , et le gouverneur les ])assa en revue. J'assistai à celle de la cavalerie» et j'admirai non-seulement sa bonne tenue» mais encore la précision de ses manœuvres ; on aurait pu prendre ces miliciens pour des soldats de la ligne. Le 12 mai au matin, des salves d'artillerie annoncèrent la fête. Le bataillon d'infanterie et celui d'artillerie, ainsi que les gardes nationaux ou miliciens, se réunirent autour de la place, et l'on chanta dans l'église paroissiale un Te Deum auquel assistèrent les membres du sénat municipal» le gouverneur et rétat-major. Après être sorti de l'église» le gouverneur

a cm que les poteries de Sainte-Catherine étaient faites avec une argile rouge. Si elles n'avaient pas une couleur d'emprunt, eUes seraient probablement brunâtres, après avoir passé au feu. C'est très-vraisemblablement des anciens indigènes que les habitants caucasiques de Sainte- Calherine auront appris Fart de colorer les vases de terre , car voici de qnclle manière s'exprime Hans Stade , qui écrivait, en 1557, sur les usages des Tupinambas : « Les femmes fabriquent les vases de la ma- « nière suivante : elles pétrissent avec de la terre une espèce de pAte, i « laquelle elles donnent la forme qu'elles veulent, et quelles savent « très-bien colorer. » (IHsloire cfun pays.,, nommé Anufrique, 261, dans la Collection de voyages publiés par Henri Ternaux). Les Indiens de la côle méridiouale du Brésil n'eiistent, pour ainsi dird, plus ; mais on ne saurait croire combien ils ont laissé de traces dans les habitudes et le langage de leurs destructeurs. La lettre du vénérable José Anchieta sur l'histoire naturelle de S. Paul tend aussi, ce me semble, à prouver, contre l'opinion des savants Spix et Biartius, que les Portagais ont dû aux indigènes la connaissance de bien des remèdes.

reparut au milieu de la place avec les principaux officiers ; il se découvrit , cria vive le rai , et ce cri fut répété par tous les militaires et par les assistants. Les troupes firent par deux fois un feu de file qui fut suivi d'une décharge d'artillerie, et ensuite elles défilèrent avec beaucoup d'or* dre. Les miliciens, tous agriculteurs, qui étaient dans la ville depuis, plusieurs jours , dépensant leur argent et ne travaillant point, s' empressèrent de retourner chez eux aussitôt que la cérémonie fut achevée, et, toute Taprès-dinée, le canal fut couvert de pirogues qui le traversaient avec rapidité. J'étais invité au bal que donna le gouverneur, et, à la nuit, je me rendis au palais. J'y trouvai les employés, les principaux habitants de la ville et une trentaine de femmes parfaitement mises. Déjà, chez le colonel Antonio José Rodrigues, j'avais admiré le talent des dames do Sainte-Catherine pour la danse ; mais je l'admirai bien plus encore quand je sus qu'elles n'avaient pas de mailre et qu'elles apprenaient en s' exerçant entre elles.

Les officiers de la frégate française la Bayadère s'étaient trouvés, l'année précédente, à la même fête, et l'on m'a dit que, jugeant, par ce qu'ils avaient vu à Sainte-Catherine, du Brésil tout entier, ils avaient emporté l'idée la plus favorable de cet empire. Si , dans la petite ile de Sainte-Catherine, d'où Ton ne tire guère que de la farine de manioc et de l'huile de poisson, auront-ils dit, sans doute, on trouve des gardes nationaux si bien vêtus et si bien exercés, des femmes si bien mises et si polies, quelle idée ne doit-on pas se former des capitaineries de l'intérieur qui ont produit tant d'or et des diamants I Mais il faut savoir qu'il n'est dans l'intérieur aucun point aussi peuplé que Sainte-Catherine , que les communications y sont dif-

ficiles , que la plupart des denrées ne peuvent en sortir à cause de l'embarras et de la cherté des transports, et que, depuis r abandon des anciennes minières , on n'y trouye plus guère de moyens de s'enrichir ; il faut savoir encore que les personnes qui, à Sainte-Catherine, font le plus de figure n'appartiennent point à l'île, et enfin que ce luxe extérieur, dont l'étranger est ébloui un instant, couvre presque toujours une misère réelle (1820).

Pendant mon séjour à Desterro, je fus comblé de politesses par les employés et les officiers de la garnison. Le gouverneur en avait donné l'exemple; il m'avait invité à diner, et ne cessa de me faire des offres de service. Je fus également bien accueilli par le brigadier Feus XXX et par le maréchal Joâquim de Oliyeira âxvares, pour lequel j'avais une lettre de recommandation. Ce dernier donna en mon honneur un diner auquel toutes les autorités du pays furent invitées, et fut pour moi d'une amabilité parfaite. Le maréchal était né à Madère ; il avait été élevé au collège anglais de Douai, et s'était fait recevoir à Coimbre docteur es sciences mathématiques. Après avoir d'abord servi dans la marine , il avait passé dans les troupes de terre, et avait servi contre les Espagnols-Américains. Ses connaissances étaient variées ; il parlait assez bien le français et aimait l'histoire naturelle. Aimable, gai, jovial, s' abandonnant à un aimable laisser-aller, il avait aussi peu de prétention que de morgue.

Page 1