‹ Voyages dans les AlpesChapitre 56 sur 66 · O0R AC COL PV 0£A!IT · texte numérisé non relu

O0R AC COL PV 0£A!IT

smt parce que le danger présent parait toujours plas grand que celui qui est passé, soit parce quUls croient flatter les voyageurs en leur 9isant qu'ils ont échappé à de grands périls. Mais toujours est-il vrai que ce passage de la Noire est réellement dangereux ; et même comme il avait gelé dans la nuit, il eût été impossible de passer sur ces ndges dures et rapides, si la veille, pendant que la neige était attendrie par Tardeur du soleil, nos ^ens n'étaient pas allés y marquer des pas.

Nous eûmes ensuite à courir, comme au Mont-Blanc, le danger des crevasses cachées sous de minces plateaux, de neige. Ces crevasses deviennent moins larges et moins fréquentes vers le haut de la montagne, et nous nous flattions d'en être à peu près quittes, lorsque tout à coup nous entendîmes crier : Des cordes, des cordes. On demandait ces cordes pour retirer du fond du glacier Alexis Balmat, l'un des porteurs de notre bagage, qui nous précédait d'environ cent pas, et qui avait dtôparu tout à coup du milieu de ses camarades, englouti par une large crevasse de soixante pieds 4e profondeur. Heureusement qu'à moitié chemin, c'est-à-dire à la profondeur de trente pieds, il fut soutenu par un bloc de neige engagé dans la fente. Il tomba sur cette neige sans s'être fait d'autre mal que quelques écorchures au visage. Son meilleur ami, P.-J. Favrét, se fit sur-le-champ lier avec des cordes et dévaler- en bas, pour aller l'attacher bien solidement : on remonta d'abord la chargte, puis les deux hommes l'un après l'autre. Alexis Balmat en sortant de là était un peu pâle, mais il ne témoigna aucune émotion ; il reprit sur son cou nos matelas qui

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composaient sa charge, et se remit en marche avec une tranqnillité inaltérable.

Le moment de notre arrivée au terme de notre voyage ne fut pas, comme à l'ordinaire, un moment de satisfaction. Je vis d'abord et avec chagrin, en comparant le site de notre cabane avec des hauteurs que je connaissais d'ailleurs, qu'il n'était pas situé au-dessus de mille huit cents toises, comme on nous l'avait fait espérer; ensuite je trouvai notre cabane trop petite : elle n'avait que six pieds en carré; si basse qu'on ne pouvait pas s'y tenir debout, et les pierres dont elle était construite si mal jointes, que la neige y était entrée et l'avait à moitié remplie. L'arête de rochers sur laquelle on devait tendre nos tentes, et à l'extrémité saillante de laquelle était notre cabane, était serrée entre deux glaciers extrêmement étroits, inégaux et bordés de toutes parts de pentes de neige et de rochers si raides, qu'on pourrait presque les qualifier de précipices. Pour une habitation de plusieurs jours, cet emplacement iie présentait pas une perspective agréable; mais pour un belvédère, la situation était vraiment magnifique. Nous avions du côté Âe l'Italie un horizon d'une étendue immense, ccmiposée de chaînes redoublées de montagnes en partie couvertes de neige, entre lesquelles on découvrait pourtant quelques vallons riants et cultivés. Du côté de ta Savoie, le Mont-fikitc, le Géant et les cimes intermédiaires, présentaient un tableau très-grand, très-varié et très-intéressant.

Les porteurs du bagage et des instruments repartirent sur-le-champ pour Ghamouni; mais je gardai, outre pion domestique, quatre des meilleurs guides» pour

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nous aider dans nos opérations, et pour aller altemati'* vement chercher du charbon et des provisions à Gourmayeur.

Dès qu'ils se furent reposés et rafraîchis, je désirai qu'ils commençassent les arrangements nécessaires à notre établissement ; mais un reste de fatigue et la perspective des incommodités qu'ils auraient dans ce séjour abattaient leurs forces et leur courage. Cependant lorsque la fraîcheur de la soirée commença à se faire sentir, ils comprirent qu'il fallait pourtant songer à un abri pour la nuit; ils commencèrent alors à arranger un peu les gros blocs de granit détachés qui formaient le sol de notre arête, et à tendre les tentes pour y passer la nuit; car la cabane était inhabitable jusqu'à ce que l'on eût piqué et enlevé un lit de glace vive que l'on trouva au-dessous de la neige dont elle était remplie.

Quoique assez mal couchés, nous dormîmes d'un très* bon sommeil, qui nous rendit à tous nos forces et notre activité. Dès le matin nous nous mîmes avec ardeur à purger de glace notre cabane, et à l'exhausser assex pour que l'on pût s'y tenir debout; nous construisîmes des piédestaux pour le magnétomètre, pour la boussole de variation, pour le plateau qui sert à tracer la méridienne, et nous commençâmes même quelques observa*» tioDs. Nos guides, qui prévoyaient un changement de temps, s'appliquèrent surtout k assujettir solidement nos tentes, opération difficile sur cette arête, plu& étroite qoA les tentes mêmes, inégale et composée de grandes masses incohérentes.

Nous nous trouvâmes bien heureux ù'avoir pris toutes ces précautions, car dès la nuit suivi^gte, celle du k au

5 juillet, nous fûmes accueillis par le plus terrible orage dont j'aie jamais été témoin. Il s'éleva, à une heure après midi, un vent du sud-ouest d'une telle violence, que je croyais à chaque instant qu'il allait, emporter la cabane de pierre dans laquelle mon fils et moi nous étions couchés. Ce vent avait ceci de singulier, qu'il était périodiquement interrompu par des intervalles du calme le plus parfait. Dans ces intervalles nous entendions le vent soufiQer au-dessous de nous dans le fond de l'Allée-Blanche, tandis que la tranquillité la plus absolue régnait autour de notre cabane. Mais ces calmes était suivis de rafales d'une violence inexprimable ; c'étaient des coups redoublés qui ressemblaient à des décharges d'artillerie : nous sentions la montagne même s'ébranler sous nos matelas ; le vent se faisait jour par les joints des pierres de la cabane; il souleva même deux fois mes draps et mes couvertures et me glaça de la tête aux pieds; il se calma un peu à l'aube du jour, mais il se releva bientôt et revint accompagné de neige, qui entrait de toutes parts dans notre cabane. Nous nous réfugiâmes alors dans une des tentes où Ton était mieux 4i l'abri. Nous y trouvâmes les guides obligés de soutenir continuellement les mâts, de peur que la violence du vent ne les renversât et ne les balayât avec la tente.

Vers les sept heures du matin, il se joignit à l'orage de la grêle et des tonnerres qui se succédaient sans interruption ; l'un d'eux tomba si près de nous que nous entendîmes distinctement une étincelle, qui en faisait partie, glisser en pétillant sur la toile mouillée de la tente, précisément derrière la place qu'occupait mon.

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fils. Pour qu'on se fasse une idée de l'intensité du vent, je dirai que deux fois nos guides, voulant aller chercher des vivres qui étaient dans l'autre tente, choisirent pour cela un des intervalles où le vent paraissait se calmer; qu'à moitié chemin, quoiqu'il n'y eût que seize à dixsept pas de distance d'une tente à l'autre, ils furent assaillis par un coup de vent tel, que pour n'être pas emportés dans le précipice, il furent obligés de se cramponner à un rocher qui se trouvait heureusement à moitié chemin, et qu'ils restèrent là deux ou trois minutes avec leurs habits que le vent retroussait par-dessus leurs tête, et le" corps criblé des coups de la grêle, avant que d'oser se remettre en marche.

Vers le midi le temps s'éclaircit, et nous fûmes trèssatisfaits de voir qu'avec nos débris, tout chétifs qu'ils étaient, nous pouvions résister aux éléments conjurés ; et bien persuadés qu'il était à peu près impossible d'essuyer un plus mauvais temps, nous nous trouvâmes rassurés contre la crainte des orages, qu'on nous avait peints comme très-dangereux sur ces hauteurs. Nous continuâmes donc avec ardeur les dispositions nécessaires pour nos observations. Elles commencèrent dès le lendemain à former une suite régulière et non interrompue. Lorsque 'le temps n'était pas trop mauvais, mon fils se levait à quatre heures du matin pour commencer ses observations météorologiques ; je ne me levais qu'à sept heures, mais en revanche je veillais jusqu'à minuit, tandis que mon fils se couchait vers les dix heures. Dans le jour nous avions chacun nos occupation^ marquées.

' Cette vie active faisait passer notre temps avec une

extrême rapidité; mais nous souffrions beaucoup du froid dans les mauvais temps et dans la plupart des soirées, même des beaux jours. Presque tous les soirs,

' vers les cinq heures, il commençait à souffler un vent

qui venait des pentes couvertes de neige qui nous diOWnaieat au nord et à l'ouest : ce vent, souvent accompagné de neige ou de grêle, était d'un froid et d'une in-

I commodité extrêmes. Les habits les plus chauds, les

fourrures mêmes ne pouvaient nous en garantir : nous ne pouvions point allumer de feu dans nos petites tentes de toile; et notre misérable cabane, criblée à jour, ne se réchauffait point par le feu de nos petits réchauds; le charbon ne brûlait même, dans cet air rare, que d'une manière languissante et à force d'être animé

I par le soufflet, et si nous parvenions enfin à réchauffer

I nos pieds et le bas de nos jambes, nos corps demeu-

raient toujours glacés par le vent qui traversait la ca-

^ bane. Dans ces moments, nous avions un peu moins de regret de n'être élevés que de mille sept cent soixant^etrois toises au-dessus de la mer; car plus haut le froid eût été encof^ plus incommode ; nous nous consolions

^ d'ailleurs en pensant que nous étions là d'environ cent quatre-vingts toises plus haut que la cime du Buet, qui

^ ^ , passait, il y a quelques années, pour la sommité accessible la plus élevée des Alpes.

Vers les dix heures du soir, le vent se calmait ; c'é-

t tait l'heure où je laissais mon ûls se coucher dans la

i ' cabane; j'allais alors dans la tente de la boussole me blottir dans ma fourrure avec une pierre chaude sous mes pieds, et prendre des notes de ce que j'avais fait daiis la journée. Je sortais par intervalles pour observer

276 siJOUR AU COL DU GÉANT.

mes instruments et le ciel, qui presque toujours était alors de la plus grande pureté. Ces deux heures de retraite et de contemplation me paraissaient extrêmement douces; j'allais ensuite me coucher dans la cabane sur mon petit matelas étendu à terre à côté de celui de mon fils, et j'y trouvais un meilleur sommeil que dans mon lit de la plaine.

Gomme nos observations nous obligeaient à nous tenir en plein air pendant presque tout le jour, j'avais recommandé à mon fils et à mon domestique d'avoir toujours, comme je le faisais moi-même, un crêpe sur le visage. Mon domestique crut pouvoir s'en passer, mais il lui survint une enflure de toute la face, et en particulier des lèvres, qui le rendait hideux et qui fut même accompagnée de gerçures très-douloureuses. Il nous parut qu'en général nous avions le genre nerveux plus irritable, que nous étions plus sujets à l'impatience, et même à des mouvements de colère; nous étions sensiblement plus altérés, la faim paraissait plus inquiétante et plus impérieuse, mais aussi nous étions beaucoup plus faciles à rassasier. D'ailleurs, il ndis semblait, à mon fils et à moi, que dans nos travaux et nos observations relatives à la physique nous avions l'esprit sensiblement plus libre, plus actif, je dirai même plus inven-* tif que dans la plaine, et moins facile à fatiguer.

Nous ne pûmes découvrir sur le haut de notre arête qu'une seule espèce de plante parfaite, ou à fleurs distinctes; cette plante, Varetta helvetica, formait, dans les abris, de petits gazons couverts de fleurs, ici blanches, là purpurines, extrêmement jolies. Mais les rochers avçiient leur surface tapissée d'une grande va-

riété de lichens ; j'en formai une eolleclion dans l'espérance qu'un site aussi élevé présenterait plusieurs productions peu communes; en effet, plusieurs de ces espèces furent jugées nouvelles.

Le seul animal qui parut avoir son domicile constant sur le col du Géant était une araignée toute noire, qui se tenait sous les pierres. Mais nous eûmes la visite de trois chamois qui de la vallée d'Aoste passaient en Savoie. Nous vîmes aussi des oiseaux de trois espèces différentes : un pic de muraille, un moineau de neige et des choucas ou corneilles à pied et bec rouges. Les deux premiers ne parurent qu'une fois ; au lieu que les choucas nous faisaient de fréquentes visites. Gomme notre arête était élevée entre deux profonds glaciers, lorsque le vent soufflait d'un côté, le calme régnait de l'autre ; et alors les insectes, charriés par le vent, des papillons, des tipules, des mouches de différentes sortes, tom-« baient sur le glacier, où régnait le calme; et les choucas, attirés par les insectes, faisaient, en leur donnant la chasse, des courses et de petits vols qui animaient et égayaient un peu notre sauvage solitude.

La structure du Mont-Blanc ne se manifeste nulle part aussi distinctement que du côté qui regarde le col du Géant. On voit jusque sous sa cime les coupes des tranches verticales de granit dont cette masse énorme est composée ; et comme ces tranches se montrent là de profil, et coupées par des plans qui leur sont perpendiculaires, leur régularité, qui ne se dément nulle part dans le nombre immense que l'œil en saisit à la fois, ne permet pas de douter que ce ne soient de véritables couches. On voit ces couches se répéter jusqu'au pied

278 siJOUR AU COL DU GiART.

méridional du Mont-Blanc, qui repose snr FAllée- Blanche, mais ces couches deviennent ^graduellement moins inclinées à mesure qu'elles s'éloignent du milieu de l'épaisseur de la montagne. On peut les comparer à des planches appuyées contre un mur, auxquelles on donne plus de pied à mesure qu'elles en sont plus éloignées.

Les eaux des* neiges qui s'infiltrent continuellement dans les interstices ouverts des couches iiîclinées, et qui y sont ensuite dilatées par la congélation, les séparent et les dégradent. Ainsi tous ceux qui ont observé les montagnes de ce genre ont-ils reconnu qu'elles étaient dans un état de dégradation continuelle. Mais au col du Géant, cette vérité s'annonce avec une fréquence et un fracas qui l'inculquent dans l'esprit avec la plus grande force. Je n'exagérerais pas quand je dirais que nous ne passions pas une heure sans voir ou sans entendre quelque avalanche de rochers se précipiter avec le bruit du tonnerre, soit des flancs du Mont-Blanc, soit de l'aiguille Marbrée, soit de l'arête m^me sur laquelle nous étions établis.

La seizième et dernière soirée que nous pass&mes sur le col du Géant fut d'une beauté ravissante. Il semblait que toutes ces hautes sommités voulussent que nous ne les quittassions pas sans regret. Le vent froid qui avait rendu la plupart des soirées si incommodes ne souffla point ce soir-là. Les cimes qui nous dominaient et les neiges qui les séparent se colorèrent des plus belles nuances de rose et de carmin ; tout l'horizon de l'Italie paraissait bordé d'une large ceinture, et la pleine lune vint s'élever au-dessus de cette ceinture avec la majesté

d'une reine, et teinte du pîus beau vermillon. L'air, autour de nous, avait cette pureté et cette limpidité parfaite qu'Homère attribue à celui de l'Olympe, tandis que les vallées, remplies des vapeurs qui s'y étaient condensées, semblaient un séjour d'épaisses ténèbres.

Mais comment peindrai-je la nuit qui succéda à cette belle soirée, lorsque après le crépuscule la lune, brillant seule dans le ciel, versait les flots de sa lumière argentée sur la vaste enceinte des neiges et des rochers qui entouraient notre cabane? Combien ces neiges et ces glaces, dont l'aspect est insoutenable à la lumière du soleil, formaient un étonnant et délicieux spectacle à la douce clarté du flambeau de la nuit ! Quel magnifique contraste ces rocs de granit rembrunis et découpés avec tant de netteté et de hardiesse formaient au milieu de ces neiges brillantes ! Quel moment pour la méditation I De combien de peines et de privations de semblables moments ne dédommagent-ils pas ! L'âme s'élève, les vues de l'esprit semblent s'agrandir, et au milieu de ce majestueux silence on croit entendre la voix de la nature, et devenir le confident de ses opérations les plus secrètes.

Le lendemain, 19 juillet, comme nous avions achevé les observations et les expériences que nous nous étions proposées, nous quittâmes notre station et nous descendîmes à Courmayeur. La première partie de la descente que l'on fait sur des rocs incohérents est extrêmement pénible, mais sans aucune espèce de danger ; et à cet égard elle ne ressemble nullement à l'aiguille du Goûté, à laquelle on l'avait comparée. Du pied de ces rocs on entre dans des prairies au-dessous desquelles on trouve

des bois, et enfin des champs cultivés par lesquels on arrive à Gourmayeur. Toute cette route ne présente aucune difficulté. Nous y souffrîmes cependant beaucoup, d'abord de la chaleur, qui, en sortant du climat froid auquel nous nous étions habitués, nous parut insupportable; puis surtout de la faim. Nous avions réservé quelques provisions pour ce petit voyage, mais elles disparurent dans la nuit qui le précéda. Nous avions violemment soupçonné quelqu'un de nos guides de les avoir soustraites, moins pour en profiter que pour nous mettre dans l'absolue nécessité départir. Ils s'ennuyaient mortellement sur le col du Géant, et notre admiration pour la dernière soirée, quelques regrets qu'avait témoignés mon fils, leur avaient fait craindre que nous pe voulussions prolonger notre séjour. La chaleur el l'inanition m'ôtaient les forces, me donnaient même des commencements de défaillance et me portaient à la tête, au point que je ne pouvais pas trouver les mots nécessaires pour exprimer mes pensées. Mon fils et mon domestique en souffrirent aussi, mais beaucoup moins que moi. Ma faiblesse retardait notre marche et éloignait par cela même le remède. Nous n'arrivâmes qu'à sept heures du soir au village d'Entrèves, où étaient les premières maisons où l'on pût trouver quelque chose k manger. Mais un jour de repos, à Gourmayeur, me rétablit parfaitement.

De là nous vînmes par le col Perret à Martigny, et de Martigny à Ghamouni, où nous passâmes encore trois jours pour faire quelques expériences comparatives à celles que nous avions faites sur le col du Géant. De là nous revînmes à Genève à la fin de juillet.

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