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Voyages dans les contrées désertes de l'Amérique du Nord [microforme]

Abondance de gibier. -- Chasseurs Shoshonics. — Rivière d'Hoback. — Rivière Enragée. Campement près des Mamelons-Pilotes. — Délibérations.

M. Hunr et ses COmpaguons passèrent cinq Jours dans les vertes prairies arrosées par la petite rivière, fraiche et claire, qui allait se perdre dans la rivière Espagnole. Tandis que les chasseurs exterminaient les bisons et rapportaient des quantités de viande, les Voyageurs s'OCCupaient autour des feux à la faire bouillir ou rôtir pour le moment présent, ou à la faire sécher pour la provision du voyage ; les chevaux de somme, débarrassés de leurs fardeaux, se roulaient sur l'herbe, OU paissaient en liberté les S'as pâturages ; les individus dont les services n'étaient pas nécessaires, s’'abandonnaient aux douceurs du repos :

tout le camp, enfin, présentait ce spectacle de Il, I

réjouissances grossicres, de laisser-aller mêlé d’activité, qui caractérise une halte dans un pays abondant en gibier.

Dans une de leurs excursions, quelques-uns des hommes ayant rencontré une petite troupe d'Indiens qui s'enfuit à leur approche, rapportérent immédiatement au camp cette nouvelle.

Aussitôt M. Hunt et quatre autres sautérent sur leurs chevaux, et sortirent pour faire une reconnaissance. Après avoir trotté pendant près de trois lieues, ils arrivèrent à l'entrée d’une petite vallée entourée de hauteurs escarpées. Des bisons la parcouraient en galopant, poursuivis par les flèches d’une troupe de cavaliers sauvages. L'apparition de M. Hunt et de ses compagnons termina brusquement le conflit. Les bisons s’échappèrent d'un côté, tandis que les Indiens, eraployant vigoureusement le fouet, s’enfuirent dans une autre direction, de toute la vitesse de leurs chevaux. M. Hunt leur donna la chasse, et il s’ensuivit une course furieuse, quoique de peu de durée. Deux jeunes Indiens, qui n'étaient que médiocrement montés, furent bientôt reioints. Ils étaient horriblement eflrayés, et se regardaient évidemment comme perdus. Par degrés, leurs craintes furent apaisées par de bons traitements, mais ils continuaient à considérer les

étrangers avec un mélange d'étonnement et de

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respect, car c'était la première fois de leur vie qu'ils voyaient des hommes blancs.

Ls appartenaient à une troupe de Serpents qui avaient traversé les montagnes, comme c'est leur usage en automne, afin de se procurer pour l'hiver une provision de viande de bison. Une fois persuadés des intentions pacifiques de M. Hunt et de ses compagnons, ils les conduisirent volontiers à leur camp, qui était assis dans une étroite vallée, sur le bord d’une rivière. Les tentes étaient en peaux préparées ; quelques-unes peintes d’une manière fantastique. Des chevaux paissaient à l’entour. L'approche de la petite troupe de M. Hunt causa une alarme passagère dans le camp, ces pauvres Indiens étant toujours sur le qui-vive, à cause de leurs implacables ennemis. Cependant, aussitôt qu'ils eurent reconnu le costume et le teint de leurs visiteurs, leurs appréhensions se changèrent en joie; car quelques-uns d’entre eux ayant trafiqué avec des blancs, savaient qu'ils étaient justes et qu'ils possédaient des objets d’une singulière valeur. Ils les reçurent donc avec empressement dans leurs tentes , placèrent de la nourriture devant eux , et les traitèrent, enfin , le mieux qu'ils purent.

Ils avaient été heureux dans leur chasse, et leur amp était rempli de chair de bison salée, tous morceaux choisis et extrêmement gras. M. Hunt

leur en acheta assez pour compléter la charge de tous les chevaux de la caravane, excepté ceux qui étaient réservés pour les Partners et pour la femme de Pierre Dorion. Il trouva aussi plusieurs peaux de castor, qu’il leur paya libéralement pour les engager à en recueillir d’autres ; enfin, il les informa que quelques hommes de sa troupe se proposaient de vivre dans les Montagnes, et de trafiquer avec les chasseurs Indiens pour des pelleteries. Les pauvres Serpents comprirent promptement les avantages qu'ils en retireraient, etpromirent de mettre tous leurs soins à rassembler des peaux de castor , pour des échanges futurs. j

Se trouvant alors bien approvisionné, M. Hunt leva son camp, le 24 septembre, et continua sa route vers l’ouest. Une marche de cinq lieues, par-dessus une ligne de hauteurs , l’amena à une petite rivière, large d’une cinquantaine de pieds. Hoback, l’un des guides, qui avait trappé dans le voisinage quand il était au service de M. Henry, la reconnut pour un des affluents de la Colombia. Nos voyageurs la saluérent avec délices , car c'était le premier cours d’eau tendant vers leur but, qu’ils eussent rencontré. Pendant deux jours, ils la suivirent , et la virent s'augmenter peu à peu, par les contributions de nombreux ruis-

seaux. Comme elle s'égarait parmi des rochers et

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des précipices, on était fréquemment obligé de la traverser, et sa rapidité était si grande qu’on risquait d'être entrainé par le courant. Quelquefois, les berges s’avançaient tellement sur la rivière, qu'on était forcé de gravir leurs rapides promontoires, ou de suivre, le long de leur base, un rebord à peine assez large pour poser le pied. Les chevaux firent de dangereuses chutes dans ces passages. L'un d'eux roula dans la rivière, avec sa charge, d’une hauteur de près de 200 pieds, mais sans se blesser. A la fin on sortit de ces épouvantables défilés, et l'on continua à marcher pendant plusieurs milles le long de la rivière d'Hoback. Elle se joignait bientôt avec une autre rivière plus grande et plus rapide. Leurs eaux réunies roulaient à travers la vallée , avec une vitesse el une turbulence qui leur avaient fait donner le nom de rivière Enragée (Mal river). Nos voyageurs campèrent au confluent. Ils avaient obtenu un point important dans leur pénible voyage, car, à peu de milles de leur camp, s'élevaient les trois pics neigeux appelés les Mamelons-Pilotes, ces grands phares de la Colombia, sur lesquels ils avaient dirigé leur course à travers ces déserts montueux. À leurs pieds passait la rivière Enragée , dont le courant rapide était capable de porter des canots, et pouvait

eut-être transporter: la caravane jusqu'au cours P ut-etre tran port y la caravane jusqu

| principal de la Colombia. Les Voyageurs canadiens se réjouissaient à l’idée de s’élancer de nou- | veau sur leur élément favori, d'échanger leurs hi chevaux contre des barques, et de glisser sur les ondes légères, au lieu de gravir péniblement les [1 montagnes. D’autres membres de la caravane, | quoique inexpérimentés dans cette manière de d voyager , croyaient aussi approcher du terme fl de leurs fatigues. Ayant surmonté les difficultés principales de cette grande barrière rocheuse, ils se flattaient que le reste de leur voyage s’accomplirait avec facilité ; car ils se doutaient peu des L fatigues et des périls qu’ils auraient à subir , sur | l’eau comme sur la terre , dans l'effroyable désert qui se trouvait encore entre eux et les côtes de l'Océan Pacifique.

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