‹ Voyages dans les contrées désertes de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 18 sur 83 · SARA · texte numérisé non relu

SARA

ASTORIA. 109 prennent de différentes manières. Quelquetois ils le harponnent, mais plus souvent ils se servent de la ligne et du filet. D'autres fois ils jettent dans l’eau une corde dont un bout est attaché à une bouée qui surnage, landis que l’autre extré-

mité est chargée d'un gros poids. Des hamecons

sont fixés à cette corde et amorcés avec de petits poissons. On la pose ordinairement vers le soir, et le lendemain matin on y lrouve souvent plusieurs csturgeons accrochés; car, quoique ce soit un poisson grand et fort, il ne fait que peu de résistance quand il se sent pris.

Le saumon, qui est aussi important pour les tribus pêcheuses de la Colombia que le bison pour les chasseurs des Prairies, n’entre dans la rivière que vers la fin de mai. Depuis lors jusqu’au milieu d'août il est très abondant. On le prend en grande quantité, soit avec le harpon, soit avec la seine, et principalement dans les endroits où l'eau est profonde. Une espèce inférieure arrive ensuite et continue à abonder depuis le mois d'août jusqu'à celui de décembre. Cette espèce se fait remarquer par une double rangée de dents, extrêmement aiguës, qui lui ont valu le nom de saumon à dents de chien. On le tue généalement avec le harpou dans les petites rivières; et on le fume pour l'hiver. Nous avons déjà rapporté, dans le chapitre X, de quelle manière les

saumons sont pris et préparés aux chutes de la Colombia, puis divisés en paquets destinés à l’exportation. L'établissement d’Astoria tirait en grande partie ses ressources précaires de ces différentes pêcheries des Sauvages.

Une année de résidence à l'embouchure de la Colombia et plusieurs expéditions dans l’intérieur, avaient alors valu aux Astoriens quelque connaissance du pays. Toute la côte est extrémement inégale et montueuse. Elle est couverte d’épaisses forêts de pins (pinus canadensis, L.), de cèdres blancs (cupressus thuyoïdes, L.), de cèdres rouges (juniperus virginiana, L.), de cotonniers, de chênes blancs, de ‘rênes blancs (fraxinus acuminata, Lamarck), de frênes des marais (Swamp ash), de saules et de quelques noyers. Sous ces arbres végètent des arbrisseaux aromatiques, des vignes vierges, des vignes et d’autres plantes grimpantes qui rendent les forêts presque impéuétrables. Eufin, on y trouve des baies de différentes espèces, telles que des groseilles, des groseilles à maquereau, des fraises, des framboises rouges et blanches, des sorbes, des mûres, des ronces, des prunelles et des airelles. (Oxycoccus macrocarpus, Pursh.; —amelanchier botryapium, Lindl.; — pyrus arbutifolia, L.; — cerasus virginiana, Mx. ; — vaccinium uliginosum).

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mention particulière, Chaque fleur est composée de six pétales qui ont environ trois pouces de long et sont d’un beau cramoisi, avec des taches blanches à l’intérieur. Les feuilles, d’un beau vert, sont ovales et disposées trois à trois. Cette plante grimpe sur les arbres sans s’y attacher : quand elle a atteint les branches supérieures elle redescend perpendiculairement, et, continuant de croître, elle s'étend d’arbre en arbre, et s’entrelace dans les branches comme les agrès d'un vaisseau. Les tiges de cette plante sont plus fortes et plus flexibles que le saule, et ont depuis cinquante jusqu'à cent brasses de longueur. Avec ses fibres, les Indiens fabriquent des paniers tellement serrés qu'ils peuvent contenir de l’eau.

Les principaux quadrupèdes remarqués par les ÂAstoriens dans leurs expéditions sont le cerf, le daim, l'ours noir et l'ours gris, l’antilope, la Longue-corne, le castor, la loutre de mer, la loutre de rivière, le rat musqué, le renard, le Joup et la panthère. Mais celle-ci est extrémement rare. Les seuls animaux domestiques des Naturels étaient le cheval et le chien.

Le pays est abondamment peuplé d'oiseaux de terre et d'oiseaux aquatiques, tels que le cygne, l'oic sauvage, le brandt, les canards de toutes espèces, le pélican, le héron, la mouette, la bécassie, le courlieu, l'aigle, le vautour, la corneille,

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