‹ Voyages dans les contrées désertes de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 46 sur 83 · ER · texte numérisé non relu

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rencontrer de difficultés matérielles. Là, dans un campement des Naturels, il trouva sept Blancs, traînards de la caravane de M. Hunt, et qui, après avoir eu chacun leur part d'aventures et de malheurs,, s'étaient heureusement réunis en cet endroit. Trois de ces hommes, Turcotte, La Chapelle et Francis Landry, étaient les trois Voyageurs canadiens qui, démoralisés par les fatigues toujours croissantes du voyage, et par la crainte de périr de faim, avaient quitté M. Crooks, en février, dans le voisinage de la rivière des Serpents. Ils étaient retournés à un campement des Indiens, et y avaient passé l'hiver. Cependant, au commencement du printemys, ayant fatigué l'hospitalité de leurs hôtes, se trouvant privés de tout et dans une grande extrémité, ils résolurent de tirer parti des trésors cachés dont ils avaient connaissance. Ils informérent donc les Chefs serpents qu'ils savaient où était déposée une quantité de marchandises suflisante pour enrichir toute la tribu, etils offrirent de le leur révéler, à condition d’être récompensés en chevaux et en provisions. Les Chefs engagèrent leur honneur et leur: foi, comme des guerriers, comme des Serpents, et les trois Canadiens les conduisirent aux caches de la Chaudière. C'est ainsi que les Sauvages en avaient eu connaissance, et non point en suivant les traces des loups, comme l'avait supposé

M. Stuart. Jamais chercheurs de trésors cachés u'éprouvérent autant de délices en découvrant le magot d'un avare, qu'en ressentirent les Serpents lorsqu'ils aperçurent les richesses enfouies dans les caches. Les couvertures, les robes , les joyaux de cuivre, les grains de verre bleu , étaient amenés au jour avec des transports de joie; et de longues bandes d’étoffe écarlate produisirent des hurlements d’admiration.

Le pillage des caches effectua un changement dans la fortune et dans la conduite de toute la baude. Les Serpents se trouvaient mieux vêtus, mieux équipés que jamais Serpents ne l'avaient été. De leur côté, les trois Canadiens, se voyant tout à coup possesseurs d'armes et de chevaux, étaient, comme des mendiants à cheval, prêts à courir dans les plus folles entreprises. Une occasion s’en présenta bientôt. Les Serpents se déterminèrent à faire une grande chasse dans les prairies, pour avoir une provision de bœuf, afin de vivre dans l'abondance comme il convenait à des hommes possesseurs d'autant de richesses. Les trois cavaliers nouvellement montés les accompaoncrent. [ls traverserent sains et saufs les Montagues Rocheuses, descendirent sur les eaux supérieures du Missouri , eL firent un grand ravage parmi les bisons.

Leur camp était rempli de viande. Is s’en gor-

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geaient comme de véritables Indiens, Ts en sé chaient et en salaient de grandes provisions pour l'hiver quand , au milieu de leur bonne chère et de leurs galas, ils furent surpris par les Piedsnoirs. Plusieurs Serpents furent tués sur Ja place : les autres, avec leurs trois alliés canadiens, s’enfüirent vers les Montagnes, dépouillés de leurs chevaux, de leur viande, de tous leurs biens. Hs regagnèrent enfin la rivière des Serpents, plus pauvres que jamais, mais s’estimant heureux de s'être tirés d'affaire avec la vie sauve. I n’y avait pas long-temps qu'ils étaient revenus lorsque les trois Canadiens furent réjouis par Papparition d’un compagnon d'infortune. C'était Dubreuil, le pauvre voyageur qui avait quitté M. Crooks dans le mois de mars, parce qu'il n'avait plus la force de le suivre.

Peu de temps après, trois autres membres de la caravane arrivèrent. Ceux-ci étaient Carson, Saint-Michael et Pierre Delaunay , les trois trappeurs qui, au mois de septembre précédent, et en compagnie de Pierre Detayé, avaient été laissés dans les Montagnes par M. Hunt, pour trapper le castor. Ils s'étaient séparés de la caravane, bien armés et bien équipés, ayant des chevaux de selle et de bât pour porter les pelleteries qu’ils devaient réunir. Ils arrivérent dans le camp des Serpents, aussi gueux que leurs prédécesseurs. Ils avaient

ASTORIA, 27) lermine leur lrappage et se dirigeaient vers les sources du Missouri, lorsqu'ils avaient été rencontrés el attaqués par une forte bande des universels Corneilles. Après une résistance désespérée, après avoir tué sept Corneilles, ils s'étaient vus accablés par le nombre. Pierre Detayé avait été tué ; les autres, dépouillés de leurs chevaux, avaient été obligés de retourner sur leurs pas. Ils rencontrérent leurs anciens compagnons chez les Serpents, comme nous venons de le dire.

Il est bon d'observer que Pierre Delaunay trainait avec lui une femme indienne qu'il avait ramassée dans ses courses, car il s'était lassé du célibat parmi les Sauvages.

Les sept membres de cette confrérie infortuue se préparaient à traverser encore une fois les Momtagnes, quand quelques coureurs indiens les prévinrent de l’approche de la brigade conduite par John Reed.

Lorsque tous ces trætmards eurent raconté leur histoire, John Reed les réunit à sa troupe et les emmena à la Chaudière, pour ouvrir les deux ou trois caches qui n'avaient pas été révélées aux Indiens.

Ils trouvèrent dans cet endroit le vétéran du Kentucky, Robinson, qui y avait été laissé par M. Stuart, avec ses deux compagnons Rizner et Hoback. Ce tr10 aventureux avait été trapper plus

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