‹ Voyages dans les contrées désertes de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 45 sur 83 · ORIA · texte numérisé non relu

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la Colombia, nommée Camoenum par les naturels, mais communément appelée rivière Lewis, en honneur de celui qui l'explora le premier. On voyait, le long de cette rivière, des bandes errantes qui voyageaieut dans différentes directions; car les Indiens sont généralement des êtres inquiets, vagabonds, continuellement occupés d'entreprises de guerre, de tralie, et de chasse. Quelques-unes de ces bandes avaient de nombreux troupeaux de chevaux, qu'elles paraissaient conduire sur un marché lointain.

M. Mac Keuzie étant arrivé à l'embouchure du Shahaptan, remonta cette rivière pendant quelque temps, et établit son comptoir sur a rive. Il se trouvait sur le passage des tribus des environs des rapides de la Colombia, lorsqu'elles traversent les Montagnes Rocheuses pour faire des incursions de maraude, pour chasser le bison dans les plaines situées à lorient des Montagnes, ou pour trafiquer de racines et de robes de bison. C'était la saison des voyages, et les Indiens de différentes régions éloignées passaient et repassaient en grand nombre.

Une fois établi, M. Mac Kenzie détacha une brigade sous la conduite de M. John Reed, pour visiter les caches faites par M. Hunt à la Chaudière, et pour eu apporter le contenu à son poste,

dont l'approvisionnement en marchandises et én

ASTORIA, 271 munitions avait besoin d'être ainsi complété. H n'y avail pas une semaine que John Reed était paru, lorsqu'on vit arriver au comptoir deux Indiens, de la tribu Pallatapalla, qui habite près d'une rivière du même nom. Ceux-ci apprirent à M. Mac Keuzie la mauvaise nouvelle du vol des caches. Ils lui dirent que quelques membres de leur tribu, ayant traversé les montagnes dansle cours du printemps précédent, avaient vendu des chevaux aux Indiens serpents et en avaient recu en échange des couvertures, des robes et des marchandises de diverses natures. Ces objets provenaient des caches où les Serpents avaient été conduits par plusieurs Biancs qui résidaient parmi eux, et qui les avaient ensuite accompagnés de l’autre côté des Montagnes Rocheuses. M. Mac Kenzie fut singulièrement intrigué par ce récit, dont les deux Indiens coufirmèrent en partie la vérité en montrant une selle et une bride anglaise, que l’on reconvut pour avoir appartenu à M. Crooks. Cependant la perfidie des Blancs, qui avaient révélé le secret des caches, semblait inexplicable. Nous allons en donner la raison, en racontant l'expédition de M. Reed.

Ce digne Hibernien exécuta sa mission avec son habituelle alacrité. Son terrible voyage de lhiver précédent l'ayant instruit de la topographie du pays, il atteignit la rivière des Serpents sans

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