HUM
2, ners à Astoria, que M. Hunt s’embarquerait dans 84 e, ce vaisseau , afin de s’instruire dans le commerce on L . : .! à
c- côticr et de faire des arrangements avec le com- w 8N
16 maudant russe. Le Castor devait ensuite ramener vs
M. Hant à la Factorcrie, et continuer sa route
ST A Et TN À
ni
pour les iles Sandwich et pour Canton.
Le Castor mit en mer dans le mois d'août.
Son départ et celui des diverses brigades n'ayant laissé dans la petite forteresse d’Astoria qu'une faible garnison, cela fut bientôt remarqué par quelques-unes des tribus indiennes. Leur conduite en devint plus insolente, ei elles laissèrent même voir des dispositions hostiles. C'était alors la saison de la pêche, époque à laquelle les peuplades guerrières du nord de la côte arrivent dans le voisinage de la Colombia. Elles sont connues par leurs dispositions belliqueuses et perfides et par les efforts qu’elles ont faits souvent pour surprendre les vaisseaux marchands. Parmi les Indiens ainsi rassemblés, un grand nombre appartenaient à la féroce tribu des Neweetees, par qui l’équipage du Tonquin avait été massacré.
On prit donc de grandes précautions à la Factorerie pour se prémunir contre toute surprise, pendant que ces dangereux étrangers se trouveraient dans le voisinage. On construisit des galeries en dedans des palissades, les bastions furent rehaussés , et des sentinelles y furent postées jour et nuit. Heureusement les Chinooks et les'autres Indiens du voisinage manifestèrent les dispositions les plus pacifiques. Le vieux Comcomly, qui avait de l'empire sur eux, était un rusé calculateur. Il voyait quels avantages il trouvait à avoir les Blancs pour voisins et pour alliés ;
RC
quelle importance son peuple et lui- mème acquéraient en servant d'intermédiaires entre eux et les tribus lointaines, Il était donc devenu, à cette époque, un ami solide des Astoriens, et formait une sorte de barrière entre eux et leurs cnnemis du nord.
L'été de 181 2 se passa saus aucune des hostilités qui avaient été appréhendées. Les Neweetees et les autres étrangers dangereux ayant terminé leur pêche, retournèrent dans leur pays, et les habitauts de la Factorerie recouvrérent leur sécurité.
Cependant il devint nécessaire de se mettre eu garde contre d’autres inconvénients. On arrivait dans la saison de la disette, qui commence en octobre et dure jusqu’à la fin de janvier. La chaloupe fut employée à fourrager sur les bords de la rivière pour pourvoir aux besoins de la garnison. Un certain nombre d'hommes, sous le commandement de plusieurs Clercs, furent envoyés prendre leurs quartiers d'hiver sur le: bords du Wallamot (la Multnomah, de Lewis et Clarke), jolie rivière qui se décharge dans la Colombia, à vingt lienes environ au-dessus d’'Astoria. Le pays qui borde cette rivière est agréablement coupé de prairies et de coteaux couverts de chèues, de frênes, d’érables et de cèdres. Il ahondait en élans et en daims. Les rivières étaient
également bien peuplées de castors, et la bri-
gade, après avoir satisfait à ses propres besoins, put encore envoyer à Astoria, par les canots, beaucoup de viande séchée.
Le mois d'octobre s’écoula sans qu’on vit revenir Île Castor. Novembre, décembre, janvier, se passérent, et l’on n’en recevait aucune nouvelle. On commença à ressentir de vives appréhensions pour sa sûreté. Il pouvait avoir fait naufrage en suivant la côte, ou avoir été surpris, comme le Tonquin, par quelque pertide tribu du nord.
Personne ne se laissait aller à ces craintes plus que Mac Dougal, qui était alors à la tête de P'Éta-
blissement. Il ne montrait plus la confiance qui l'avait long-temps caractérisé. Le commandement semblait avoir perdu pour lui tous ses charmes; enfin il se laissait aller au plus abject découragement, décriant toute l'entreprise, grossissant chaque circonstance fâcheuse, et ne prévoyant que des malheurs.
Le 16 janvier 1813, tandis qu’il était dans cette sombre humeur, il fut surpris de voir paraître soudainement M. Mac Kenzie. Celui-ci était harassé par le long voyage qu'il avait fait, dans cette saison d'hiver, pour revenir de son comptoir du Shahaptan, et son visage nébuleux semblait le digue frontispice d’un volume de calamités, Il avait été tout-à-fait désappointé et décou-
ASTORTA. 261 ragé, Son poste se trouvait au milieu des Tushepaws, nalion puissante et guerrière, divisée en plusieurs tribus, sons différents chefs. Elle possédait beaucoup de chevaux, mais n'ayant pas dirigé son attention vers la chasse aux casturs,
elle n'avait point de fourrures à vendre. Suivant
Mac Kenzie, c'était « une tribu de coquins » : d’où nous pouvons conclure qu'ils étaient disposés à consulter leur ivtérèt plus que ne le comportait celui d’un avide traficant.
Le gibier étant rare, Mac Kenzie avait été obligé de nourrir son monde, en grande partie, avec de la chair de cheval. Les Indiens, découvrant ses nécessités, avaient adopté une politique ordinaire au commerce civilisé. Ils avaient haussé le prix de leurs bêtes à un taux exorbitant, voyant bien que les Blancs étaient obligés d’en acheter, ou de mourir de faim. De cette manitre les marchandises que Mac Kenzie avait emportées pour acquérir des peaux de castor, couraient risque d’être échangées contre de la chair de cheval, et mangées sur place.
Il avait dépéché des trappeurs dans différentes directions, mais les contrées voisines ne renfermaient pas plus de castors que le pays où il était. Dans cet embarras, ilavait pensé qu'il ferait mieux d'abandonner ce poste improfitable et d'envoyer
ses marchandises aux comptoirs de Clarke et de
me —