‹ Voyages dans les contrées désertes de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 58 sur 83 · NP · texte numérisé non relu

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la nuit orageuse où Mac Dougal, dans le cours d’une expédition exploratrice, avait été forcé par la tempête de chercher un abri dans la royale demeure de Comcomly. La, pour la première fois, il aurait été ébloui par les charmes de cette princesse pécheuse, tandis qu’elle s’efforçait de bien recevoir les hôtes de son père.

D'un autre côté, le Journal d’'Astoria, tenu sous les yeux de Mac Dougal, enregistre cette union comme une affaire d'État, et comme un grand trait de politique. La Factorerie pour ses provisions dépendait principalement desChinooks; ils avaient été jusqu'alors bien disposés, mais on craignait qu'ils ne changeassent, s'ils venaient à découvrir la faiblesse de la garnison, les besoins de l'Établissement, et l'intention où l’on était de quitter le pays. Cette alliance, au contraire, devait à jamais rattacher Comcomly, et la puissante tribu des Chinooks, aux intérêts des Astoriens. Quoi qu’il en puisse être , car il est difficile de sonder la profonde politique des gouverneurs et des princes, Mac Dougal dépêcha deux de ses Clercs comme ambassadeurs extraordinaires, pour faire des ouvertures au Chef borgne, relativement à la main de sa fille.

Quoique les Chinooks ne soient point une nalion bien raflinée, ils ont sur les arrangements

matrimoniaux des idées qui ne déshonoreraient

pas Îles amateurs les plus déterminés de dot et de contrat. Le prétendant se rend, non pas au boudoir de sa maitresse, mais à la loge du père, aux pieds duquel il dépose ses présents. Ses désirs sont alors expliqués par quelque ami discret , choisi par lui pour cet oflice. Si le prétendant et ses présents trouvent grâce aux yeux du père, celui-ci expose la chose à la jeune personne, ct s'enquiert de l’état de ses inclinations. Si sa répouse est favorable, la demande est acceptée, et le prétendant fait au père, selon la beauté et le mérite de la future, de nouveaux présents de chevaux, de canots, etc. Il recoit à son tour des présents de la même nature quand le mariage est consommé.

Nous avons eu plus d’une occasion de parler de l’habileté de Concomly. Jamais elle ne s’exerca plus adroitement que dans cette circonstance. Il était grand ami de Mac Dougal, et charmé de l’idée d’avoir un gendre si distingué. Mais une telle occasion d'augmenter sa fortune ne devait probablement pas se représenter une seconde fois, et il résolut d’en tirer le meilleur parti possible. La négociation fut donc prolongée avec une science véritablement diplomatique. Les ambassadeurs tinrent conférence sur conférence. Comcomly faisait des demandes extravagantes, et estimait au plus haut prix les charmes de sa fille, I

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