‹ Voyages dans les contrées désertes de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 60 sur 83 · LEA · texte numérisé non relu

LEA

ASTORIA. 311 les plus intimes de son gendre. Il prenait intérêt à tout ce qu’on faisait, et rendait surtout de fréquentes visites au forgeron, dont il employait l'habileté à fabriquer toutes sortes d’armes et d’ustensiles appropriés à l’état sauvage. Les affaires les plus urgentes de la Factorerie en souffraient bien quelquefois, mais le moyen de refuser le père de la Princesse !

La lune de miel était à peine écoulée, et Mac Dougal était assis avec son épouse dans la forteresse d'Astoria, quand le 20 août 1813, vers midi, Gassacop, fils de Comcomly, entra précipitamment, et annonça, avec grande agitation, qu’il y avait un vaisseau à l'embouchure de la rivière. Était-ce un messager de paix ou de guerre ?

Était-il américain ou anglais ? Était-ce le Castor ou l’Isaac Todd? Mac Dougal descendit promptement au bord de l’eau, se jeta dans un bateau, et ordonna de ramer vigoureusement vers l’'embouchure du havre. Ceux qui étaient restés dans le fort exarainaient avec anxiété l’entréedela rivière, pour savoir s’il fallait se préparer à féliciter des amis ou à combattre des ennemis. A la fin, on aperçut un vaisseau qui traversait la barre et qui se dirigeait vers Astoria. Tous les regards resièrentsilencieusement fixés sur lui, jusqu'au moment où on reconnut le pavillon américain. Un joyeux

hourra s’échappa alors de toutes les bouches, ct

bientôt le canon du fort fit entendre un bruyant salut.

Le vaisseau jeta l'ancre du côté opposé de la rivière, et rendit le salut. Le bateau de Mac Dougal l’aborda, et on ne le vit revenir que le soir. Les Astoriens le suivaient des yeux pour découvrir quelles personnes il rapportait, mais le soleil s’enfonça dans la mer et la nuit vmt avant qu’ils pussent satisfaire leur avide curiosité. A la fin, le bateau atteignit le bord, et M. Hunt descendit sur le rivage. Il fut salué comme s’il était revenu de l’autre monde, et son retour fut célébré par des réjouissances presque aussi grandes que celles des noces de Mac Dougal.

Nous allons maintenant raconter les causes de sa longue absence, pendant laquelle avaient été faites tant de suppositions sombres et décourageantes.

Page 1