‹ Voyages dans les contrées désertes de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 67 sur 83 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

Sur l'état actuel du commerce des fourrures extraite principalement d'un article publié dans le Journal de Silliman , pour le mois de Janvier 1834,

La Compagnie du Nord-ouest n jouit pas long-temps de

l'empire qu’elle avait acquis sur les régions commerciales de

la Colombia. La coneurrence ruineuse qui existait entre elle

et la Compagnie de la baie d'Hudson se termina par sa chute, l 14

et par la ruine de la plupart de ses Partners. Les restes de | If o Ro ié , Re ; et la Compagnée se fondirent dans ! associalion rivale, et toutes | |]

$ , | . er les affaires se firent sous le nom de la Compagnie de la baie ll

d'Hudson. "4

Cette coalition eut lien en 18214. Astoria fut aloes aban- |

donné, et l’on bâtit sur la rive droite de la rivière, vingt ni lieues plus haut, un autre établissement qui reeut Ie nom de

Vancouver. IL te trouvait dans une contrée où l’on pouvait

| | { | { plus facilement se procurer des provisions , et où il y'avait | l4 moins de danger d'être molesté par des forces navales. La

NY | ©) ee, Ÿ Ÿ K Z NW 4 \ ” Ÿ es 7 V, € K 6? fie Æ 125 s£ ie 2 JE <a LL O se À 0 5 2e ere 55 È = 1 BASE ne © à | > >, ? CP 8 4

Compagnie entretient, dit-on, un commerce actif et prospére, el encourage les colonisateurs. Cependant elle est extrèmement jalouse de son monopole, qui s'étend depuis les rivages de l'Océan Pacifique jusqu'aux Montagnes et sur unc étendue considérable en latitude. Au licu de partager le commerce de la Colombia et de ses affluents, ainsi qu’il est stipulé dans les traités , les trafiquants et les trappeurs américains qui s'aventurent à traverser les Montagnes, sont obligés de se tenir au sud, hors des pays exploités par les brigades de la Compagnie de 14 baie d'Hudson.

M. Astor s’est complétement retiré de la Compagnie américaine des Fourrures comine de toutes autres affaires actives. Cette Compagnie est maintenant dirigée par M. Ramsay Crooks (l’un des héros d’Astoria). Son principal établissement est à Michilimackinac. Elle recoit ses fourrures des postes dépendants de ce comptoir, et de ceux du Mississipi, du Missouri, de la rivière Pierre-jaune, et des vastes pays qui s’étendent au-delà des Montagnes Rocheuses. Elle emploie des bateaux à vapeur, qui remontent les rivières ct pénètrent à de vastes distances dans le sein de ces régions, autrefois si péniblement explorées dans des canots, où même à cheval et à pied. La première apparition des bateaux à vapeur dans Je cœur de ces vastes solitudes, causa, dit-on, l’étonnement et l’effroi le plus extraordinaires à leurs sauvages habitants.

Outre les Compagnies principales dont nous venons de parler, de moindres associations se sont formées, qui s’avancent intrépidement dans les régions lointaines de l'Ouest, et au-delà même des Montagnes. L'une des plus notables est la Compagnie Ashley, de Saint-Louis, qui trappe pour son propre comple , et entretient un commerce éiendu avec les Indiens. L'esprit entreprenant et audacieux de M. Ashley

est un thème d’éloges dans tout l'Ouest , et ses aventures,

ses exploits, fournissent aux frontières un grand nombre 1. : , d'histoires.

Une autre Compagnie, composée de cent cinquante per-

sonnes de New-York, s’est formée en 1831. Elle est dirigée

par Île capitaine Bonneville, de l’armée des Etats-Unis, et à

poussé ses opérations dans des contrées peu connues jusqu’alors, Elle ramène des quantités considérables de fourrures des régions situées sur les rivivres Buenaventura et Timpanogos, entre les Montagnes Rocheuses ct les côtes de Monterey et de la haute Californir.

Les pays à fourrure, depuis l'Océan Pacifique jusqu’à l’est des Montagnes Rocheuses, sont maintenant occupés (sans parler des combinaisons particulières ni des trappeurs et trafiquants solitaires ) par les Russes, du détroit de Béhring jusqu’à l’île de la Reine Charlotte , située par 53 degrés de latitude nord, et par la Compagnie de la baie d'Hudson , depuis cette île jusqu’au midi de la Colombia. La Compagnie d'Ashley ct celle du Capitaine Bonneville se sont emparées du reste du pays jusqu’à la Californie. Enfin, tout le territoire situé entre le Mississipi ct l'Océan Pacifique, est traversé dans toutes les directions : les montagnes et les forêts, depuis la mer Polaire jusqu’au golfe de Mexico, sont parcourues dans chaque recoin par les chasseurs. Toutes les rivières, tous les ruisseaux, depuis la Colombia jusqu’à l’embouchure du Rio-del-Norte, ct depuis la Mac Kenzie jusqu'au Rio-Colorado, sont explorés et couverts de trappes à castor.

Presque toutes les fourrures américaines » qui n’apparliennent pas à la Compagnie de la baie d'Hudson, se rendent à New-York et sont distribuées de là pour la consommation intérieure, on envoyées sur les marchés étrangers.

La Compagnie de la baie d'Hudson embarque sur la baie

d'Hudson les fourrures provenant de ses Factoreries du Fort York, et de la rivière du Daim (Moose), Celles qui viennent de la Grande-Rivière (Grand-River), ete., sont embarquées qu Canada. Celles de la Colombia, enfin, vont à Londres. Aucune de ces fourrures n'arrive aux États-Unis autrement que par le marché de cette ville.

L’exportation des fourrures des États-Unis se fait principalement sur Londres. On en expédie cependant une certaine quautité à Canton, ctun moindre nombre à Hambourg. Enfin le commerce avec Mexico prend de jour en jour plus d’accroissement. On y envoie des peaux de castor, de loutre, de nutria, et de la laine de vigogne, préparée pour la chapellerie. Quelques fourrures sont exportées de Baltimore, Philadelphie et Boston , mais les principales cargaisons des États-Unis, sont de New-York à Londres, d’où les fourrures sont envoyées à Leipsick. Une fois arrivées sur ce marché bien connu, elles sont vendues pendant la grande foire, et distribuées dans toutes les parties du Continent.

Les États-Unis importent de l'Amérique du sud la nutria, la vigogne , le chinchilla et quelques peaux de daim. Ils recoivent aussi des peaux de veaux marins des îles Lobos à l'embouchure de la Plata. Une quantité de peaux de castor, de loutre, etc., sont annuellement apportées de Santa-Fé. Le nord de l'Europe nous fournit l’écureuil, le genet , le chafouin, le lapin bleu, le lapin commun et le lièvre, dont les fourrures sont toutes préparées pour garnitures, bonnets, manchons , etc.; mais l'importation la plus considérable vient de Londres, où s’est concentré presque tout le commerce des fourrures de l'Amérique du Nord.

Tel est le présent état du commerce des fourrures. On voit

que l'extension donnée à la Compagnie de la baic d'Hudson

et le monopole qu'elle à établi dans les régions dont Astoria | I 5

22 KASE MASSE

Page 1