‹ Voyages dans les régences de Tunis et d'Alger (volume 2)Chapitre 44 sur 53 · MAXIMO · texte numérisé non relu

MAXIMO

.DECVRIONES

MAGNIFIGENTIA

* Tuburbo.

» OfiDO. (Sw.)

^ Le reste manque dan| Shaw.

BIVS ET . SFBGT.

. JCAHTIKI PBIIP«T.

De là nous suiTimes tout le long du Bagradas, et nous arriTames sur le soir à Tubourbe, dont je vous ai parlé dans ma cinqui^ç lettre ' ^

Le lendemain, 24,nous fîmes roiiteàPouest, six lieues traversant des collines et de petites montagnes , où nous rencontrâmes plusieurs ruines de villes, et nous entrâmes ensuite dans la plaine de Mater ou Matera, qui est Tancienne Madurus*. Cest un petit village semblable à tous ceux de ce royaiune , situé sur un petit monticule , au milieu dWe grande plaine presque toute noyée dians Phiver, ti'aversée par une rivière qa^on appelle la rivière de Mater, qui reçoit les eaux des montagnes des environs, e|; se décharge dans Pétang de Bizerti. Aunedemi-lieuede Matera on trouve la montagne de Gibel Ësquel dont je vous ai parlé. Le jour d'^rès^ passant k Test du second étang et traversant le canal de commu-

' Voyez plus haut, page loa.

» Voyez plus haut) pâg^i4^.

lûeajtion à Tingia , noii^ nous reiudâmes à K-s^ti fax suiyànC Iq premier étang du côté de Touest. Je ^^omnei quelque» jours dans cette viUe^ et nous fômes ensuite au <^p Nègre par la même route .^pie nous nkms prise eu j allant h. prenûère fois. J^ .mrivaî le 3o no«vembre 1724*

Le cap Nègre est situé sur une langue de la:TeqmaT)ance dans la mer environ un demi-' quart de lieue , couraatiLrouestr*n(H?dH>u»st» Le commencement.de cette langue où de ce cap est un pays plat qui va «isuitfi en sVle-* Tant, formant une longue colline d^enTiron quatre cents pas delarge^ euVironnée de troîs côtés par la mer. Le mouillage se trouve du côté de Fouest; le ficmd en est mauvais et coupe lesxâbles dfs bâtim^isqui si^y troormst dans le mauvais temps z e^ést ce^^uî fait que ce port est tmqours datt^wewc et cpi^ïl jf arrive de fréquens naufrages. .

Cet anse ou ce port est terminé par, une plage ou rivage de.saUe. fl s^ présente dW» bord une grande muraille à travers im^ queUeUyades coidissesp^oùrônfEÔlp^ ser le blé des magasins^ pour Fembarquer avec plus de diUgence/. car, eomme ]e port

est dangereux , il n ^ ^ P^^^ ^ P^J^ ^ù VoTi charge plus promptement et où les bâtÎBieBisr restent moins de temps qioiûilés. L^on y embarque par jour deux ou trois mille charges de blé, et les vaisseaux sont toujours expédiés; au bout de deux ou trois jours. Il y a dix grands magasins capables de contenir soixante mille charges de blé; Ils soutiennent un grand terre-j[dein qui est la place du mardié et qu^on^ appelle baxar. Ce marché est eutouré de ludles où Ton reçoit les marchandises: et le blé qu'ion jette dans les magasins. L^entrée de la place se trouve à côté du marché. De là Ton monte sur une jolie terrasse où il y a sept pièces de canon. Vis-À-Tis est la maison du directeur de la Compagnie , et parHlerrière y diverses lo^es pour les employée. Plus haut est Péglise^ et ^ur le sonmiet du cap il y a une forteresse mal b&tie et mal fi»tifiée, avec dix pièces de canon.

Les Français y (mt un comptoir ou établissement à Pinstiir de celui qu^ils formèrent, sous Hemi IV, au Bastion de France , dans lé rojwme d^Alger ; c^est-4-d^e que sous pré^ texte.de la pèdie du corail, en payant six mille piastres au bey et mille au dey de Tu-

niSi, 3s QDi la permission <le pécher el Aé négocier, exclusivement à tous autres mar^ chands, a^ec les Maures de ce iK>yaUkne. Ils paient mille pîaslres de iùhsme ou de jH-ésenl aux nations maures voisines de la place, pour les ^ngiiger à ne &ire aucim dommage aux commerçans «qui leur apportent des marchandiseSi

X^ principal -commerce courte en Mé^ on j achète aussi de la cire, de l^mile, des cuirs et quek[ue6 légumes^ Lorsque la disette ^st en France], on tire jusqu^à cent nulle charges dé blé de ce pays, qui a souvent été dW grand secours à la France, -soit par sa proxknité, «oit par le peu de risque qu'ail y a de transporter le blé en temps de guerre. Aussi rétablissement -du -Cap Nè^e a toiigours été regardé comme une chose très utile et nécessaire à là France^ Cet établissement avait étécommencé par des particuliers Élançais. Les Gén<Ms le prirent, et les Anglais le possédèrent après eux ; msàs depuis Tan 1686 il a toujours été sux. Français, qui Font occupé sous le nom de la compagnie du cap Nègre* Cette compagnie a souvent changé d^intéressés , et elle esJt aujourd'hui réunie à .k comi3agiiie

^^ABîque* EUe y entretient un directeur ^ui M ]gouvemeur de la place, quatM ou ciilq cam^ mis , un aiunônier, un ohirurgiéii , èl ^tviron quatre-yingts personnes , soit p^iu* là gai^e, soit pour le Service du Gonaptoit*.

Aupràs du cap Nègre, le long 40 Ibl mer, on trouve. dans les rochers, qin sont une espèce de jaspe extrêmement dur, de Ces pierreë qu^on appelle Communément picarres d^àigies. Elle sont d^unè matière qui paraît ferrugineuse, et creuses en dedans. Les tin^ cou-* tiennent un peu d^argîle bleuâtre et mollasse qui , se deBséchant, &it Totitee d^Uù noyau de grelot ; li^ autres renferment une espèce de t^rre rqugè fert dure qui ne rêtttplit jamais him l^ufs cavités.

Je me joignis im jour i MM» leà Commis , qui luirent à la dia^se dans le têiMir qu'^oc^ cupe une mtion d^irabes appelés Nevesins*, à cinq lieues du cap Nègre, sui* le dhemin de I^e^ Chemin Êdsant, ncms fômes voir des tvous quW trouve âânn les moiitagnes, tâiHés à la pointe du marteau dans Uti roc vif. Ils ont ime entrée de trois pieds en carré , et le

' Nlfiçeni. (Sw. L.)

tcleâfois à èinq pieds d^élévatîoti , Autant de laiK geur et mutant de profimdeuf* On croit bonmmentqiiœcesonldès emôlages des premiers chrétiens; mais ce n'^est pas tnon 0{Hnion : car coninent les ermites ^^uraieiit-41s fidt k défHNisecbcreiisfr oesrocberis aTe<! ces dbnenùons^bebtB régnlsoîlé? D^âineUrs, ces trous «ont teut aûpràs dés iriUi^ ^out près de ceux éonl; je parle Fon Voit fes dëferis d\ih village , «t j^ ai TU pluâôeurs^e s^nblables dans le vcHsimge de rancieïtitie Tabraca'. On ny trouve aucune tfriÂx m aucune marque du èhnstiamsin^ Pm $i iru dans des rochers «scarpés>y à i5 cfaHo pieds «d^âéTation les uns sur les lAttres), et Ton tie pôuvaitîftller au plus életë t(|u^âV)^ tmé ^^èln^. I! y en a de fort petits; d^atMTêS mhî dôliAileS, en scA*te quW fiipdcht ^^tdÊ^ f^à éà m>ut% toi second pfais petit; iân y trdufe dedans ptusietirs petites mohes «semblables à ceUes que j^avais obser* ^nâes^ans tes tifmuéèlées dont j^avais eu Thon-

^ J'ai rapporté ailleurs, des observations analogues faites par Shaw, Hebenstreit, et Poiret. Province de Constantine^ p. aaS, 324*

^eUr de vous parler' : ce qui me fidt prèsù-»mer que ces trous serraient à recevoir les corps morts, et qu^ils étaient fermés par de .grosses jHerres carrées.

Le 25 , nous fômes à Tabraca. En suivant le bord de la mer, après avoir passé 1^ montagnes du cap Nègre, on descend dans une plage ou rivage de sable. On rencontre deux rivières : Pime s'^appelle Oulige , Tautre est celle de Tabraca*, qui vient des montagnes des Comires. Nous marchâmes environ sept lieues, et nous trouvâmes ensuite les ruines de Panciennë Tabraca, qui était située au pied d'^une^nlontagne , partie le long de: la rivière qui arrose Une belle plainb, e^t partie sur le penchant de la montagne, assez scabreuse du. côté du nord-est, par où eUe regai^è la mer^ On j trouve quantité de. d^rtôd^édifices qui paraissent avoir été assez eonsidérables et avoii» fedt partie dWe griande ville^ On y voit de bdles citeriaes, beaMCOup' da voàtes enterrées et quelques pierres sépulcrales

■ Voyez plus haut ^ P^es 117,121.

* Oued el 2Leine. Les mots Zeine et Tabraca ont une signification anak^e. Voy. Shaw, t. 1, p. 128, tr. fr.

émtes : j-en ai cc^ié quélqued-unes. Parmi^ ces masures, les Turcs ont ccHiservé et fabn^ ^ué une espèce de fort qu^on appelle Bourg€\ dans lequel il: j a quelques pièces de canon, des soldats turcs , et un aga qui perçoit un droit SUIT toutes les miorchandises que lesr Maures apportent à Pile de Tabarque.

Epitaphes :

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