‹ Voyages dans les régences de Tunis et d'Alger (volume 2)Chapitre 45 sur 53 · VIXIT. ANN · texte numérisé non relu

VIXIT. ANN

MEUS. YI. H. XI.

De là nous passâmes à Hle de Tabai^que^ occupée par les Génois. Cette île est située vi^-

^ Serait-ce rancien mot Byrsa ?

^vis ramÂeniM Tabraca, à une portée ie Ib-sil de la terre ferme. EHe est prùsifo» tMim^jtlaire^ afmi en^mrfm un laile on âers de Ëeue 4e circoi«fôrm<pe. £Ue reafcrme uae naonla- ^e ^acKtpé^ du ê^é du.nord^ ^ d'une pente asseï&cile du ootédb sud oo de là twre. Au haut de la vumtague il y a tm obâit^u dHme très bonne bâtisse. JjLe coté du nord est siu* le bord d'un rocher d:ès escarpé y tr$s élevé et inabordable. Du coté de l\>uest se trouve une tour sur laquée il y a un donjœi avec quatre pièces de canon en bronae aux armes de Messieurs de Lomellini, de Gênes. Deux bastions assez, réguliers commandent Tîle et la. terre ferme du coté du sud, et un demi-bas-, tion défend le côté de Test, où est la porte avec im poM-levis. L^île est d'aiiievrs bien fortifiée : sa situation la défend au -nosd et à Fouest; fi<m eitiréimté (mentale e^ défendue par un bàistion et au milieuidie 1^ s^élève une tour octogone* Vers le sudrcst^ àFendroit où sont les magasins et où se font les éhargemens et les débarquemens des marchandises^ on trouve une batterie à ras dWu et deux forts, élevés. Tout auprès des magasins , au sud-est de Fîle, est un banc de rochers qui avancent

dans la mer^ ei sur lesquels cm pounràit jetei^ un mole pu les yaîssewx seraient en sûreté , C9^ le mcn^Ui^ge y est bon« En deaeepdant vers le sud, on trouve encore des fertifica^ tions et une omriiiUe de cJrecmTallaitiah. Visà-vis la terre ferme il y a une jdage où abop* de&t toutes les eha)aupeS| et oà Ton tire à terre les betimens destinés pow la pédie du: corail. Cette plage ^t à iKHivert de la mer par^ un banc de rochers sur lequel ob a csQnooenoé un ipôlcr qfà lapFQtége^ et qui fcHne un aeeond pprt assuré , dâS^pdu du eôté de VcamU par iW ai4tt*efo|*t. T(^(es (Ses fortificatipns reodent cette île très forte el très sûre ^ et la mettent en état de ne craindre ni les Turcs m les Ara* bes de la Barbarie, atin^els je crois, qu^il sei^t impassible de la prendre, pour {^a qu^elle fût secourue. Elle eat habitée par des Génois qui font )e â^^e qommeree que les Français fomt^ au cap Nègre, avec 1^ Maures , et qui y entretiennent quarante bateaux, qu^oo appelle frégates c(»*aUines, pour la pêche du coraU, com^e les Fraiiçais font à la Catte* On y entretieiit c^ Sîoldats pour la gamispn, trois cent cii^qua^te pécheurs de corail, et cinquante pcorteurs et crocheteurs, qui, avec leurs fa-

milles, forment im tolaè Ae quinze ceifts haH—. tiois. 11 y a une paroisse servie par les rêvé— orends pères Angustins, qui sont, soumis^ à Févèque de Génesv

En i53o OH «iviron , Jean Doria, qui com-. mandait quatre galères] d^André Doria so» (Mid eet son père adq^tif , ayant eu nourelle que Dra^t, fameux eorsaire d^Alger, était à File de Corse avee six galères, marcha contre kii, Tattaqua et le prit^ Doria raillant Dragut sur ce quYtant si ûmeux corsaire fl s^était kissé prendre, Dragut, homme fier, luirépon* dit que ce qui le fîbchait le plus , c^était dWoir été pris par un ragassou ou jeune homme. Doria, piqué de cette r^onse, le fit mettre aux fers , et Dragut tomba en partage à la galère dW.M. Lomellini, de Gènes, qui traita de sa rançon, et, entre autres choses, Dragut^ s^obligea de lui faire donner Me de Tabarque pour la pêche du corail^ 11 tint sa promesse j et le don toi confirmé par tes firmans de Soliman II , empereiu^ ottoman, qui avait conquis le royaume de Tunis. MM. Lomellini s^accor^ dèrent après avec Charles-Quint, qui s'obligea d'y faire bâtir une citadelle et d'y entretenir ime garnison pour la défense de 111e , à eondi^

tion que ûs Génois quSTy trafiqueraient lui paieraient cânq pour cent de tout le commerce qu^ils j £»faient* L^accord fut tenu pendant quelque t^emps, et Charles-Quint y fit bâtir le château que je Tiens de décrire. Il prit les pientes de Tancienne Taibraca : car Ton trouve dans le château jduâeurs pierres avec des épitaphes« Mais depuis, les rois d^Espagne né* gUgèrent de payer la garnison , et les Génois y ont suppléé. Ils prétendent avoir toujours payé le droit de cinq pour cent et, en outre , les dépenses de la garnison, qu^ils demandent au roi d'^Espagne. Enfin, Pexacteur des droits que le roi d^Espagne y tenait s^est retiré, et depuis lors , au Ueu qu^on mettait le pavillon d'^Espagne au château , on y déploie aujourd'^hui le pavillon génois; mais le gouverneur qui y est reçoit les commissions de la cour d'^Ëspagne, et est soumis à en rendre compte aux MM. de Lomellini, ou à la compagnie qui agit pour eux. Voilà quel est aujoiu'd'hui Pétat de cette place, qui a encore un étabhssement au cap Rouge, sur les confins des royaumes de Tunis et d'Alger. Ce pays est habité par des. nations qui ne sont soumises ni au bey de Tunis ni au dey d'Alger.

Miûs je crcHS vous àToir assez eutr^ieiiu du royaume de Tunis ; j^aifiât^sur ce suîe^ toutes les réO^mons et les j[4i8^rvatiQM qui m^oi^été powbles , et je ne orcis pas mèxm qvCû m^m foit éc^ppé beapcoup d^inqpcM-tantos* Je scacais efaarmé d^apprendre que le tout tous ak ëé agréable, et qu^fl ait pu vmis prouTer le profond respect avec lequel j^ai llionneur d^ètre, etc..

PEYSSONNEL, doct.-m^

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