PREFACE
L'hoDoraUe mission d'explorer l'Afrique septentrion nale dans Tintérét des sciences naturelles est le dernier trait de cette conformité que nous avcms signalée entre les premières destinées de Peyssonnel et de Desfon* taines. Ce ^ten 1783 que ce dernier, déjà membre de l'Académie des sdences , forma le projet de parcourir la Barbarie y « pour j faire des observations sur la géo- « graphie, les antiquités , les mœurs des habitans y et « particulièrement sur l'histoire naturelle^ . » Un voyage dans ces contrées lui send>lait d'autant plus intéressant qu'avant lui iUicun naturaliste ne les avait visitées. Peyss<mnel , comme on vpit ^ était enseveli dans un oubli profond , les nombreuses excursicms et les précieuses découvertes que , soixante ans auparavant , il avait fiûtes en Afrique, étaient ignorées on méconnues. La nouvelle exploration tentée, et heureusement exécutée par De£-
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fontaines , eut an résultat bien différent : elle fournit aux sciences naturelles une riche moisson de nouvelles connaissances , et attacha une gloire duraUe au nom <|pi jeune savant. Doué d'un zèle ardent et d'une infatigable activité , Desfontaines tout en réunbsant les immenses matériaux de sa Flore càUmtîIjue , ne perdait pas de vue les autres parties de la tâche qu'il s'était imposée. Le i5 avril 1 784 9 après huit mois seulement de séjour dans le royaume de Tunis, il écrivait à M. Lemonnier, soii protecteur et son ami : « J'ai pris beaucoup de notes « sur lies pays 0iï j'îli passié y sur les arts , sto* la cuiiure, « les moeurs des habitans , les diverses tribus d'Arabes « qui hiabit^t le royaume 9 «ur les ruines que j'ai ren* « oontrée«> J'ai acheté des mécbdUes, copié beaucoup « d'inàcriptiônl , qui pourront éckdrer Li géogra]^iî^ « anoienne de ce jtoys ; mais œ n'«st pas en voyageant « qu'(^ peut &ire quelque chose de suii^. •
Desibntaihes méditait peut-être alors k rédâèébn de son yfyf»^ ; ^bosm la plupart de ses maftâiaux se per* dirent avaAt qu'il pût lés ateUre «1 oeuvre. Sans doute 9 il aurait retrouvé daas ses souvenurs et dans V% notes qui lui restaiaott dies élémens miffisans pour une relation intéressante et instruetive. Il avait même eom* mencé cet ouvrage; mais un «^cès de lûmcttté ou de modestie l'empêcha de le «ontinum*.
- Ce que Desfontaînes avait conservé de ses manuscrits passa, dans la suite, entre les mains de M. lebaronWalckenaer, qui , en 1 83o , s'empressa de le publier dans un
i*ecueil ^Hddkpie. Il noiM a semblé qvtt ces précieux fragmens m(?ritatent une plus grande publicité. Un vif intérêt estaujourd'hui répandu sur tous les objets qu'ik traitent, et la cél^^tédu nom de leur auteur leur donne «Qcore iffl nouveau prix. Nous SfvoDS donc jugé utile de les rasseipbler , de les coordonner , de les publier en un corps dWvrage. Celte entreprise nous offi*aît le doubk avantage de contribuer aux progrès de la scienocy et de rendre faonunage à la mânmre de Tillustre professeur, dont nous nous glorifions d'avoir été à k fois et Mève et f aaii. IL le baron Waldtenaer a mis les manusdits originaux à notre disposition j avec une bienveillance et mi empressement dont nous sommes heureux de lui exprimer ici toute notere recminaissaaoe.
Ce volume renkime dix chapitres et un appendice qui estseul étranger auxvoj^ages de Desfontaines en Afrique. Sâx de ces chapitres ont été imprimés dans les nouvelles Annales des voj^ages' ; nous les ferons suflisamment <xMmali^ tn signaknt ceux que nous publi<His pour la pranière ftôs ou que iious avtms reeueiHis à d'autres tsouroes*
Ces derniers sont au n<»ibre de quati^ : i^ k ^uxièine ktlre à M. Lemonnier, renfermant des ren- M^gnemèHs sur Hammam-el^Ënf, Soliman , Porto- Farina et Zawan. Elle était parmi les pièces ma-
' ToTïi. XLVI et XLVn ât U colleciioD, XS'Î et XVII de la 2« sërie.
tiuscrites qui uous ont été communiquées paf M. Walckenaer.
2® Une notice sur la Galle et sur la pèche du corail. Cette notice a été rédigée par nous sur des notes épai^es qui se trouvaient aussi parmi les manuscrits autographes de Desfontaines.
3^ Un mémoire détaillé sur Tile de Tabarque. Cette pièce intéressante, jusqu'ici inconnue, nous a été communiquée par M. Coquebert de Montbret, à qui nous devons atissi la cc^ie de deux lettres de PeysscmneL
4^ Enfin, une notice sur le chêne à glands-doux, sur le lotos de Libye et sur l'arbre à mastic. Le profit qu'on peut redi*er de la culture de ces trois végétaux nous a engagé à rassembler dans un chapitre particulier les détails qui les concernent, détails que nouiEh. avons empruntés aux Mémoires de l'Académie des Sciences ' pour le chêne à glands doux et le lotos , et aux Nouvelles Annales des Voyages pour ra]i>re à mastic*.
Un autre opuscule du même auteur a pour titre : « Mémoire sur quelques nouvelles espèces d'oiseaux « des cotes de Barbarie. » Ce travail présentant un intérêt purement scientifique, et n'étant. susceptible d'aucune application pratique , nous n^vons pas cru devoir le reproduire , et nous nous contentons de l'indiquer à ceux qui seraient curieux de le connaître : il
^ Années 1786, 1787.
• Tom. XLVII, p. 354.
te Utmve dans les Mémoires de rAcadémie des Scient, ces, année 1787, pa^ 497* Plusieurs raisons nous ont aussi empêché de faire entrer dans ce volume un vocabulaire kabayle qui a été imprimé dans les Nouv«Ues Annales des Voyages % d'aprèa un manuscrit trouvé dans les papiers de Desfonlaines. D'abord ^ ce vocabulaire n'est point l'ouvrage de Desfontaines lui-même ; de plus il est nécessaipement fort incomplet; enfin y il en a été publié depuis un autre bien plus étendu dans le Journal Asiatique *.
Parmi Im diverses pièces dont nous devons les originaux à l'obligeance de M. Walckenaer, deux seulement avaient été destinées par l'auteur à la publicité ; <hi les reconnaît au soin particulier qu'il a mis à leur rédaction . C'est d'abovd celle qui forme le chapitre premier intitulé : Tunis et sts environs ^ etc^ et le mémoire concert nant les plantes éccHiomiques qui croissent dans les régences de Tunb et d'Alger^ lu en séance publique le ift avril 1787. Les deux lettres à M. Lemonnier formant les chapitres^deux et trois, et le journal du voyage de Tunb à SîàX y chapitre quatre , quoique travaillés avec moins de soin que les deux pièces précédemment daignées, ont néanmoins subi une première rédaction qui en rend la lecture agr^J)le et facile. Mais les chafâtres cinq et six, qui renferment les relations des voya-.
> Tom. XLVII, p. 366.
*. Cahiec de février 1836.-