XII
ges de Desfontaines d* Alger à Mascara y à Tlemsen , a G>nstanti]ie et à Bôneji sont de simples journaux écrits rapidement pendant la route ^ et que l'auteui* n*a pas i^eyus. Quoiqu'on ait cherché à li^, autant que possible^ entre dles ces notes diverses et décousues , néanm(»ns Tc^liga^on de respecter toujours le premier travail de TauteuTy lai crainte de dénaturer ses observations, ont dû s'opposer à ce qu'on Ri dans ses brouillons des çhangemens trop considérables. On ne trouvera donc pas dans ces deux pièces tout i'ordjre et toute la liaison désirables ; mai$ ces l^ers défauts sont lûen compensés par l'abondance et l'intérêt des détails qu^elles renfia:-ment.
Nous avons avancé que les rations de Peysscmnel et de Desfontainesy loin de se nuire entre elles ^ se pré* taientun mutuel appui et se complétaient réciproquemeqt. En effet, nous n'avons point la lettre où Peysson* nel avait consigné les détails de son exoursî(Hi dans la partie méridionale de la régence de Tunis, sui* les limites du désert. Les contrées voisines du Maroc n'ont pas été visitées par le savant Provençal, qui, à peine arrivé à Alger, fut rappelé dans sa patrie tant par le manque de fonds que par les curdres de son gouvernement. La première lettre écrite à Lemonnier par Desfontaines, et le journal du voyage d'Alger à Mascara et à Tlemsen, rempliront cette double lacune.
Nous avons tout lieu de croire que Desfbntaines est allé par mer de Tunis à Alger ; mais ses papiers ne con-
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Uennent aucun détail sur ce voyage. Gependaiit la vatle étendue de cotes oompriie entre ces deux capitales de la Barbarie , renferme plusieun yilles maritimes, dignet d'attentkm sous plusieurs rapfKirts. La dernière lettre de Peysaonnel contient à ce sujet de ncHnbreus reosd-
Ile9t Ttai^^) le plus souvent , les deui( voyageurs pnt suivi le m^e itinéraire; que 'leurs observations poi^tept prdinairement #ur les m#qes: monumens et sur les mêmes loc^tés; nu^s , dans ce cas encorci il existe entre leurs (j)seryatUms respectives des différences asses sensibles I pour quQ chacune ait, indépendamment de l'autre , son intérêt profure et partiouU^. La géographie doit plus peut-être à Peysscmnel qu'à Desfontaines. ,Çelui-<û défigure moins, il est vrai, les noms de lieux; deplusyilascôndQ noter avec la plus grande précision Theure de son départ et le tcanps qu'a duré la marche. M?às à ces indieations Peyssonnel a toiyours soin d'ajouter une orienU^oH çxacte, et, lorsqu'il titiuve une positipn &vorable, il n? manque jamais de Êiire usage de spn quart de cercle et de sa boussole ; ses relèvemens géographiques aopt de la plus (^*ande utilité.
Lorsque Peyssonnel visite pour la première fois un lieu inconnu , il oODUn^oce par en fixer la position ; ensuite son premier soin est de s'informer des ruines antiques qui se trouvent dans le voisinage. Il les visite , les mesure , les décrit, en essaie même la restaïu^tion. Il déterre les pierres écrites , rassemble les firagmens de
celles qui sont brisées^ et copie toutes les inscriptions ou tous les lambeaux d'inscriptions qu'il déoouTi'e. Sans doute, les manuscrits perdus de Desfontaines de^ vaient contenir des travaux du même genre ; mais il semble que Tillusti^e professeur tieleur accordât qu'une importance secondaire : il en formait une coUecti(m dç rénsèignemens À part, pour s*en servir ensuite au besoin } mais , dans ses lettres comme dans ses journaux de voyages y il s'attachait plutôt à des notions d'utilité pratique. U ne néglige , à la vérité y ni les mines ni les inscriptions y mais il se contente de les signaler. Ce qm pique surtout sa curiosité , c'est la nature du sol , du climat y des productions. Lorsqu'il trouve des végétaux utiles, il les décrit, en fait connaître les usages, indique le mode de culture qui leur convient, et ne manque pas d'étudier soigneusement leur nature , pour savoir s'ik pourraknt réussir danç nos climats. Nous- n'avons pas besoin d'insister sui* l'importance de dts observations , surtout pour tout ce qui regarde la régence d'Alger y que le savant naturaliste a parcourue dans toute son ^étendue, depuis Tabarque jusqu'aux fronUères du Maroc. On voit que si le géographe el l'antiquaire doi-? vent trouver un plus grand intérêt dans la kcture de notre premier volume , le sfcoùd doit plaire davantage aux économistes et à tous ceux qui jHrennent à cœur lavenir de la colonisation africaine. Enfin , quant aux obsei^vations de mœurs, sujet dans lequel surtout il semble difficile que les deux voyageurs ne se soient pas
vépéiéBy il existe encore entre leurs observations des nuances bien marquées. Peyssonnei a divise les popu* lations arabes en trois classes : les riches y les pauvres y et la classe moyenne. Il dit peu de chose des grands et des riches ^ avec lesquels il n*a peut-être pas vécu. Ses détails les plus drconstanciés concernent les pauvres , et cette partie moyenne de la population également éloignée de la misère et du luxe j qui y pour Tobservateur , larme ce qu'on pçut proprement appeler la nation . Il sanble aussi que ses remarques aient été fiiites parmi les Arabes de la campagne. Desfbntaines y au contraire^ a pris ses tableaux de mœurs à Tunis ; et il suffit d'en lire quelques lignes , pour se convaincre qu'usant des privilèges attachés à son titre de médecin du bey y il a placé dans les maisons des riches le théâtre de ses observations. Nous pourrions pousser plus loin le parallèle y en examinant ce que les sciences naturelles doivent aux travaux des deux voyageurs y mais ce serait sortir de notre sujet. D'ailleurs y nous avons promis une notice biographique sur Desfbntaines y et c'est dans cette notice que trouvera naturellement sa place l'appréciation de ses autres travaux.
C'aurait été pour nous une bien douce tâche que de retracer la longue et belle carrière du savant naturaliste. L'amitié dont il nous a toujours honoré y nous a souvent permis de pénéti^er dans les circonstances les plus intimes de sa vie si honorable et si bien remplie. Mais un auti^e savant y son con&ère à l'Académie des