‹ Voyages dans les régences de Tunis et d'AlgerChapitre 5 sur 26 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

UQ mousse. 11 aurait eu ainsi un trait de conformité de plus avec ce Linni^, sur Ijbs traces de qui il devait marcher par la suite, et qui commença par être placé, comme on sait, chez un cordonnier.

On se fît bientôt une idée plus juste de ce qu'il valait. Envoyé au collège de Rennes , il y remporta, dès la première année, plusieurs pi^ix ; et, tout étonné .de son succès, il en instruisit aussitôt son père, en lui recommandant surtout d*en faire part à son ancien maître, et de ne pas oublier de lui rappeler la prédiction qu'i7 ne serait bon à rien : petite vengeance qu'il répéta à chaque nouveau succès qu'il obtint, et qui peint bien le dépit ingénieux d'un enfant qui commence à être, bien sûi» qu'on Ta mal jugé.

Voilà ce qu'était l'enfant; voici ce que fut le jeune homme. Dès qu'il put se passer des secours de sa famille, il les refusa, quelques rlgoureases privations qu'il eût à s'imposer encore ; et la mort de son père l'ayant mis à la tête d'une foitune qui , à cette époque et dans le pays où il avait pris naissance , lui revenait presque tout entière en sa qualité de fils aîné, il la partagea entièrement entre ses deux sœurs.

M. Desfontaines vint à Paris, vers 1773, pour étudier en médecine. Vicq-d'Azyr professait alors , au Jardin des Plantes , ce Cours â^anatomie dont le Plan^j seul

* Flan éPun Cours cTanatomie et de physiologie, Œu\Tes de Vicq-d'Azyr. Paris, 1805.

fragment de ce G>ur8 qui noua soit parvenu, a marqué, pour la science, le commencement d'une ère nouvelle. M. Desfontainet avait conservé un souvenir profond de l'impression extraordinaire que faisaient, sur un auditoire immense, les vues transcendantes, la marche originale, la parole éloquente de ce beau génie. Mais une sensibilité extrême ne lui permit pas de suivre ce gnutid maitre aussi loin qu'il l'aurait voulu.

11 se toiuna donc tout entier vers la botanique ; cette science, par les objets agréables dont elle s'occupe , répondait beaucoup plus, en effet, à la douceur de son caractère.

A cette époque, d'ailleurs, l'histoire naturelle brillait d'un éclat qu'elle n'avait point eu encore. Buffon étonnait les esprits par la grandeur de ses vues et la beauté de son style. Bernard de Jussieu jetait les premières bases de cette méthode , expression si juste de la nature, qu'elle en a reçu le nom. J.-J. Rousseau écrivait ses Lettres sur la botanique , et son âme passiminée venait demander à cette paisible étude du calme et des distrac* donSé Mais la botanique pouvait-elle fixer long-temps ce génie inquiet et bouillant, qui se rq[>andait sur tout, se lassait de tout , et dont la mobilité même semblait multiplier la puissance ?

M. Desfontaines ne se fut pas plutât attaché à la botanique, que son ardeur pour l'étude le fit remarquer par Lemonnier, qui enseignait alors cette science am Jardin des Plantes, et qu'un grand fonds de bioaveil-

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