NOTICE SUR SWIFT
Swift a enfanté un grand nombre d'écrits en vers et en prose, recueillis en 1762, à Londres, en 9 vol. in-8°. L'ouvrage le plus long et le plus estimé que ce docteur ait fait en vers, est \ un poème intitulé : Cadenus et Vanessa. C'est l'histoire de ses amours, ou pour mieux dire, de son indifférence pour une femme qui brûla pour lui d'une flamme inutile. Son véritable nom était Esther Vanhomrigli. Elle était 'fille d'un négociant d'Amsterdam qui s'était enrichi en Angleterre. Après la mort de son père, Vanessa alla s'établir en Irlande, où l'ambition de passer pour bel-esprit lui fit rechercher la société du docteur, qui, insensible à son amour, la jeta dans une mélancolie dont elle mourut. Il y a dans cette production, ainsi que dans ses autres poésies, de l'imagination, des vers heureux, trop d'écarts et trop peu de correction. Ses ouvrages en prose les plus connus, sont : 1° Les Voyages de Gulliver à Lilliput, à Brobdingnag, à Laputa, etc., en 2 vol. in-12. Ce livre, neuf et original dans son genre, offre à la fois une fiction soutenue et des contes puérils, des allégories plaisantes et des allusions insipides, des ironies fines et des plaisanteries grossières, une morale sensée et des polissonneries révoltantes ; enfin une critique pleine de sel, des réflexions plates et des redites ennuyeuses. L'abbé des Fontaines, traducteur de cet ouvrage, l'a un peu corrigé. 2° Le Conte du Tonneau, traduit en français par Van-Effen : c'est une histoire allégorique et satyrique, où, sous le nom de Pierre qui désigne le pape, de Martin qui représente Luther, et de Jean qui signifie Calvin, il déclare la guerre à la religion catholique, au luthéranisme et au calvinisme. On ne peut nier que sa plaisanterie n'ait de la force ; mais il l'a poussée souvent au-delà des bornes, s'appesantissant sur des détails puérils, indécents et même odieux ; enfin, ne sachant jamais s'arrêter au véritable point. On ne peut mon*