‹ Voyages de Montesquieu (volume 2)Chapitre 10 sur 152 · PREFACE XXI · texte numérisé non relu

PREFACE XXI

années après, il se rappelait avec émotion les noms des Lichtenstein, des Kinski et des Harrach '. Nous ne disons rien du prince Eugène et du feld- maréchal de Starhemberg, qui rirent connaître au futur auteur de l'Esprit des Lois la joie ineffable qu'éprouve un grand penseur en feuilletant l'âme d'un grand homme d'action.

C'est à Vienne encore que Montesquieu s'initia à la théorie des arts plastiques. Un certain chevalier Jacob, artiste sans doute lui-même, fut le premier maître qui lui exposa les principes de l'architecture, de la sculpture et de la peinture 2. L'élève se passionna pour cette étude nouvelle. Son Voyage en Italie le prouve et contraste (par parenthèse), à cet égard, avec le Journal de Voyage de son compatriote Montaigne. Il suffit, du reste, de prendre les Lettres Persanes, d'analyser les termes et les figures dont l'auteur se sert, pour en induire qu'une affinité étroite existait entre son génie et le génie d'un peintre.

Mais l'Autriche n'était pas le seul des états héréditaires des Habsbourgs que le Président fût curieux de voir. La Hongrie l'attirait par ses mœurs antiques, remontant au moyen âge3. Il résolut de s'y rendre dans les circonstances qu'il expose ainsi lui-même :

« L'Empereur doit partir le 20 pourGratz et Trieste. On compte que ce voyage sera d'environ trois mois et demi. Cela m'a déterminé à aller voir une partie de la Hongrie,

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