XXII PRÉFACE
et je partirai au commencement de la semaine prochaine pour Presbourg, pour voir la Diète1.»
Outre la Diète, il vit les mines de Kremnitz et de Schemnitz et celles de Neu-Sohl. Il emporta même de ces dernières une bouteille d'une eau merveilleuse qu'il analysa plus tard à Venise. De retour en France, il devait rédiger, sur les mines de Hongrie et du Hartz, plusieurs mémoires, qui montrent à quel point il s'intéressait encore aux sciences naturelles2.
Le 26 juin 1728, il était de nouveau à Vienne, d'où il partit pour Gratz (une fois de plus avec lord Waldegrave) le 9 du mois suivant. Ce n'était pas, du reste, sans esprit de retour qu'il quittait la capitale de l'Autriche. Il emportait le meilleur souvenir de l'aimable ville qui lui inspira cette réflexion galante :
« Les Grecs disoient : « Il n'est beau de vieillir qu'à » Sparte. » — Moi, je disois : « Il n'est beau de vieillir qu'à » Vienne.» — Les femmes de soixante ans y avoient des amants; les laides y avoient des amants. Enfin, on meurt à Vienne; mais on n'y vieillit jamais3.»
Montesquieu fit un séjour d'un mois environ à Gratz. La cour d'Autriche s'y était transportée. Aussi eut-il occasion d'avoir là avec le comte de Wurmbrand, président du Conseil aulique, des entretiens sur le droit public de l'Empire, entretiens qu'il devait poursuivre plus tard, dans le nord de l'Allemagne, avec le baron de Stein, président des finances du duc de Brunswick. Mais il ne négligea point, pour cela, de recueillir des notes sur l'histoire et sur les services administratifs de la Styrie, où il se trouvait. L'état des voies nouvelles de communication le frappa tout particulièrement.
Ce ne fut que le 1 2 août qu'il partit, avec le chevalier
1. Brouillon de lettre de Montesquieu au duc de Richelieu (Archives de La Brède).
1. Mémoires (inédits) sur les Mines (Archives de La Brède). i. Pensées (manuscrites), tome III, folio 35 1.