PRÉFACE XXIX
Dans ses études sur l'architecture, la sculpture et la peinture anciennes et modernes, il recourut aux avis des hommes les plus compétents, entre lesquels il cite deux Français : Bouchardon et Adam l'aîné.
Il ne se lassa point d'admirer pendant trois mois! Puis il prit le chemin de Naples. Mais il se promit de s'arrêter une seconde fois à Rome, au retour.
C'est le 2 3 avril 1729 qu'il arriva dans la capitale du sud de l'Italie, encore ébloui de tout ce qu'il venait de voir. Aussi ne fut-il guère séduit au point de vue artistique. Il écrivit même dans son Voyage ces lignes paradoxales : « On peut voir Naples dans deux minutes; il faut six mois pour voir Rome. »
Huit à dix jours lui suffirent pour visiter la Ville et, de plus, les environs, qui semblent l'avoir intéressé davantage. Il eût fallu être bien étranger à l'histoire de la nature et des hommes pour voir d'un œil indifférent cette terre, aux phénomènes merveilleux et aux souvenirs classiques, qui s'étend du Vésuve au cap Misène. Mais, de quelle joie n'eût-il pas été comblé si l'on eût repris dès lors les fouilles d'Herculanum, à la recherche de ces trésors d'archéologie qu'on ne devait mettre à découvert qu'à partir de 1738
et 1739!
Montesquieu retrouva au fond de l'Italie une de ses connaissances de Vienne : le comte de Harrach, qui y remplissait les fonctions de vice-roi, et qui le reçut fort bien.
Il paraît n'en avoir pas moins deviné ce qu'avait de précaire la domination autrichienne dans le royaume des Deux-Siciles, témoin cette note significative: «Pendant que j'ai été à Naples, je n'ai pas vu un Allemand qui connût un Napolitain, ni un Napolitain qui connût un Allemand. »
Il repartit le 6 mai pour Rome. En allant, il avait vu Capoue. Il vit Gaëte, en revenant.
Son second séjour dans la Ville éternelle fut plus court que le premier: il n'y resta que deux mois environ.