PRÉFACE XXXIII
en Allemagne : car, le 8 octobre, il partit de Zellerfeld pour Utrecht, où il arriva le i 2, sans avoir quitté sa chaise de poste pendant quatre jours et quatre nuits.
Lorsqu'il entra «dans les terres des États -Généraux*, il y avait neuf à dix semaines qu'il était en pays allemand. Il ne devait rester qu'une vingtaine de jours à Utrecht, Amsterdam et La Haye. L'impression qu'il reçut en Hollande ne fut pas bonne. Il amassa des renseignements sur la situation commerciale, financière et politique de la République. Puis, il se disposa à passer en Angleterre.
Ce fut le 3i octobre 1729 qu'il quitta La Haye, dans le yacht de lord Chesterfield », auquel lord Waldegrave l'avait adressé, ainsi que nous avons eu déjà l'occasion de le dire.
Montesquieu rapporta de son voyage à travers l'Autriche, la Hongrie, l'Italie, l'Allemagne et la Hollande, une foule de notions sur les sujets les plus variés. Rien n'était étranger à cet esprit curieux, sinon les spéculations mathématiques. Agriculture, commerce et industrie, travaux publics et constructions navales, hygiène et finances, stratégie même, sciences physiques et naturelles, beaux-arts, tout l'intéressait. Sur tout, il s'efforçait d'obtenir des renseignements exacts et précis. Pour mieux se rendre compte des choses, il traçait, au besoin, des croquis rapides, qu'il dessinait d'une main inhabile, mais intelligente.
La diversité des notes que le Président recueillit ainsi au passage témoigne à quel point il avait le désir de tout connaître et le don de tout comprendre. Il possédait à un degré supérieur, éminent, ces deux qualités précieuses, nécessaires à l'historien, plus encore qu'au philosophe