PREFACE XXXVII
Saint-Siège pour démontrer qu' « il faut changer de maximes d'État tous les vingt ans, parce que le Monde change»1.
Dans le même volume, il est une page étonnante, où Fauteur a consigné ses opinions successives sur le rôle possible de la maison de Savoie. Il serait inutile de commenter les trois notes qu'on va lire. La première remonte évidemment à l'époque où Montesquieu était encore sous l'impression de son voyage en Italie, tandis que la seconde peut être datée de i j3 7 environ, et la dernière, de 1748.
[ 1 7 3 1 (?) ] . «On dit: Une ligue avec les princes d'Italie. Mais comment se liguer avec rien? C'est une ligue sur le papier. Il n'y a que le roi de Sardaigne qui ait conservé la puissance militaire, et il la perdra encore si la neutralité de l'Italie et notre dégoût pour y faire des conquêtes subsistent longtemps. »
[ 1 jSj (?)]. « Depuis ceci, notre dernière guerre en Italie a mis le roi de Sardaigne en état de maintenir plus que jamais sa puissance militaire*.»
[i748(?)]. «*C'étoit la guerre de 1733. Celle de 1741 a rendu la sottise paumée. Encore un coup de collier, nous le rendrons maître de l'Italie, et il sera notre égal2.»
En lisant ces lignes, on déplore que Montesquieu ne soit pas entré dans la carrière diplomatique, où il eût pu être si utile, grâce à une sagacité exceptionnelle. Quand il vit les suites de la politique anti- autrichienne, dont il reconnaissait les périls dès 1729, il le regretta lui-même. On trouve, en effet, la note suivante dans le tome II de ses Pensées manuscrites :
«Je me repentirai toujours de n'avoir pas sollicité, après le retour de mes voyages, quelque place dans les affaires étrangères. Il est sûr que, pensant comme je pensois, j'au-