‹ Voyages de Montesquieu (volume 2)Chapitre 29 sur 152 · XXXVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XXXVIII PREFACE

rois croisé les projets de ce fou de Belle -Isle, et j'aurois rendu par là le plus grand service qu'un citoyen pût rendre à sa patrie. Il y a des sots qui ont de la pesanteur et des sots qui ont de la vivacité; mais ce sont les sots qui ont de la vivacité qui accouchent des projets les plus stupides '. » Ce fragment prouve, entre autres choses, que Montesquieu ne persista point dans les velléités diplomatiques qui le prirent certainement vers 1728. Nous ne nous en étonnons guère. Les esprits spéculatifs peuvent se laisser tenter un instant par l'action, où ils comptent trouver un moyen nouveau de s'instruire ; mais ils y renoncent sans peine, au premier obstacle, heureux de rentrer dans ces régions plus sereines qui sont leur milieu véritable et comme leur atmosphère naturelle.

Montesquieu écrivit beaucoup depuis son arrivée en Autriche, jusqu'à son départ des Provinces -Unies. Mais il s'en faut que toutes les notes qu'il jeta sur le papier, en voyageant, nous soient parvenues. La partie la plus importante de celles que nous possédons, nous ne l'avons même qu'à l'état de copie, et de copie très médiocre.

Deux petits cahiers et deux feuilles volantes nous renseignent sur son séjour à Vienne et à Gratz, mais très incomplètement.

Pour ce qu'il put voir en Hongrie, nous n'avons d'autres documents que quelques paragraphes insérés par erreur dans le Voyage en Italie ou en Allemagne, et les Mémoires qu'il rédigea, de retour en France, sur certaines mines et sur les machines dont on y faisait usage.

Nous ne connaissons bien que les incidents de son trajet

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