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C'est une grande et belle maison; c'est un grand palais. Il y a pourtant de grands défauts dans l'architecture : les portes petites comme les fenêtres; les fenêtres, en certains endroits, si basses qu'elles n'ont guère que leur largeur de hauteur. Le portique 3 et l'escalier sont à la manière d'Italie; mais cela n'est pas de bon goût : les metzanins (sic) sont trop bas. Du reste, cela fait une grande maison.

La galerie est pleine d'une très grande quantité de tableaux, que le feu Électeur a acquis à grands 10 frais, mais commodément, quand il étoit gouverneur des Pays-Bas. Beaucoup de Rubens; plusieurs Rembrandts; quelques peintres d'Italie, mais peu; et un petit cabinet où il y a beaucoup de petits tableaux flamands. Tout cela fait un beau recueil. i5

On entre dans les jardins, et, au bout d'une grande, antique et vénérable allée, qui sert de mail, on trouve Lustheim, qui est comme le Trianon, qui est une petite maison fort jolie. Après Lustheim est un grand canal. 20

Schleissheim est triste : la maison est trop grande pour la cour de l'Électeur. Le jardin de Nymphenbourg est plus gai.

L'Électeur communique ses affaires à peu de personnes. Pour les affaires étrangères, c'est le comte aS de Tœrring à qui il les communique, et un président qui étoit au fait du temps du feu Électeur. Le comte de Preising gouverne les finances.

Quatre principaux emplois : le comte de Tœrring- Seefeld est grand-maître; le comte de Thiirheim, 3o

grand -chambellan; le comte de Tœrring de Jettenbach, grand-maître de Tartillerie et ministre des affaires étrangères ; le comte de Preising, grand écuyer.

5 Principales maisons, sans préjudice des autres dont il y en a d'aussi bonnes : Tœrring, Preising, Tauffkirchen, Seinsheimb, Neuhaus, Piosasque, Lodron, Du Wahl.

Mad'* de Heineberg : Maillebois en étoit amou-

10 reux. Mad** Wolfranchdorf, jolie.

Le grand-chambellan a été gouverneur de l'Électeur et de ses frères, et, comme il est d'esprit autrichien et a des terres en Autriche, il a cherché à leur inspirer des sentiments de ce côté-là. L'Électeur est

i3 donc un peu porté pour la maison d'Autriche, quoiqu'il ne veuille pas perdre la protection de France. Ses états sont tellement situés qu'il ne peut plus guère jouer de rôle. Il ne peut guère être secouru par la France, et il est sous la patte de l'Empereur.

20 C'est un bonheur que le feu duc de Bavière, lorsqu'il se déclara pour nous, ne fût pas envahi par l'Empereur avant d'être secouru : car il resta six mois avant qu'on ne pût venir à lui.

Tous les autres grands princes de l'Empire ont

35 fait fortune; il n'y a que la maison de Bavière qui ne

Va, (sic) pas faite; Prusse, Saxe, Hanovre, Hesse! Il

est vrai que l'électeur de Cologne a bien des évêchés

et est plus puissant que son frère.

Cet électeur, petit sujet. Le comte de Plettenberg,

?o son premier et unique ministre pour la confiance; il voudroit fort être vice -chancelier de l'Empire.

L'électeur de Bavière n'a actuellement que 5, 000 hommes de troupes.

Le feu Électeur avoit fait venir des ouvriers des Gobelins, qui ont fait une manufacture de tapisserie. J'en ai vu à Schleissheim de très belles. 5

Je partis de Munich le 16 août 1729, après avoir reçu toutes sortes d'amitiés de M. de Rezé, chargé des affaires de France, que j'avois connu à Paris. J'avois la fièvre lorsque je partis; ce que j'attribue au changement du climat de l'Italie, où je mourois 10 de chaud, à celui de Munich^ où les étés ne sont pas beaux, et moins beaux que les automnes, et, pendant que j'y étois, il y avoit des jours glaçants; et, effectivement, mon valet eut la fièvre comme moi. i3

Il y a 5 postes de Munich à Âugsbourg.

La ville d'Âugsbourg est belle, bien bâtie; des rues larges; de grandes maisons. Elle peut avoir 20,000 habitants, la moitié bourgeois. Elle n'est pas sur le Lech; mais elle en est tout près. L'Hôtel- de- 20 Ville est un assez beau bâtiment, surtout la salle.

Les bourgeois d'Augsbourg sont fort taxés. Comme ils n'ont guère que Tenoeinte de la Ville, il faut que l'industrie paye; de façon qu'ils payent presque tous les 2 centièmes deniers de leur capital ; ce qui fait la 25

moitié de leur revenu. Ce capital est estimé sous serment.

Les terres d'autour de la Ville appartiennent ou à l'Électeur, ou à TÉvêque, ou à d'autres seigneurs.

3 Elle est moitié luthérienne, moitié catholique. La religion calviniste n'y est pas soufferte. Parmi les bourgeois riches, il y a plus de Luthériens que de Catholiques. Parmi les pauvres, il y a plus de Catholiques que de Protestants. Les églises sont par-

10 tagées. L'Évêque (celui qui l'est actuellement est frère de l'Électeur palatin) a un palais dans la Ville et une douane sur les marchandises qui passent par la Ville. L'Évêque est indépendant du Magistrat, et le Magistrat, indépendant de l'Évêque. II exerce sa

1 5 justice dans le territoire autour de son palais, et le Magistrat, dans la Ville.

Il y a une abbaye fameuse de Bénédictins, appelée Saint* Ulric, dont l'abbé est un grand seigneur. Elle a une infinité de terres dans les pays d'alentour. L'abbaye est un asile pour les criminels. Là,

2o il se boit bien du vin et de la bière.

Le Magistrat est composé de moitié Catholiques, moitié Protestants. Ils sont forcés de bien vivre, et en paix, de crainte d'une commission impériale, qui 25 coûte bien de l'argent, et dont ils ont déjà tâté.

Il y a bien des seigneurs autour d'Augsbourg qui viennent habiter dans la Ville. Ils ne sQnt pas bourgeois et payent quelques petites choses au Magistrat pour venir y habiter.

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L'Évêque a sa cour, son maréchal, etc. Plusieurs de cette cour ont des privilèges qui les exemptent en tout ou en partie des douanes de la Ville. En un mot, au nom de liberté près, je ne vois pas l'avantage qu'il y a d'être bourgeois d'Augsbourg. Ils 3 administrent les revenus publics; mais ces revenus sont la moitié des revenus des particuliers, et il arrive que ceux qui n'ont que l'industrie ont tout le fardeau. Encore, à Ulm, les bourgeois ont-ils un orrand territoire autour de la Ville, qui les aide à lo payer les charges ; mais Ulm n'est guère que la quatrième partie d'Augsbourg.

La ville d'Augsbourg n'est pas sur le Lech ; mais elle en est tout près, à un quart d'heure de chemin. Elle est entre le Lech et une petite rivière appelée i5 Wertach. Le Lech se jette dans le Danube; ce qui donne facilement une grande communication à Augsbourg.

Il y a encore un petit torrent qui va tout auprès de la Ville, et qui quelquefois fait bien du ravage. 20

Le négoce d'Augsbourg consiste particulièrement dans ses manufactures. Elle en a de considérables de futaine et de toile. Elle a, de plus, ses ouvriers en argent et étain : l'orfèvrerie d'Augsbourg étant estimée en Allemagne; quoique je n'aye guère vu 25 d'ouvrages bien finis : s'attachant plus au bon marché qu'à la beauté. Il y a près de 3oo maîtres de cette profession-là à Augsbourg. Ils entendent (sic) assez bien à dorer l'argent.

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Ils négocient beaucoup avec Venise. Ils en tirent des soyes et soyeries, des marchandises du Levant, du café, des laines, des cotons, des épiceries, des raisins secs. Ces marchandises viennent par le s Tyrol, sur de petits chariots; ce qui peut coûter 8 à 9 florins par quintal. Ils envoyent à Venise de leurs étoffes ou futaines, de leur argenterie et,

enfin, de toutes les marchandises d'Allemagne : car Augsbourg a un très grand commerce avec l'Istrie lo et Francfort. Ainsi, à certains égards, Augsbourg est l'entrepôt entre l'Allemagne et l'Italie; ce qui n'empêche pas qu'Ulm, et Francfort, et Nuremberg, ne trafiquent directement en Italie.

J'ai vu la Porte -Secrète. C'est une porte par lai3 quelle les bourgeois (ou tout autre qui a un billet

A. Porte qui s'ouvre.

B. Bras qui est attaciié à la porte, qui coule tout autour du long et n>st point attaché aux gonds.

G. Gonds.

D. Pivot qui tourne dans les gonds.

E. Autre bras ou manche de manivelle.

du Magistrat) entrent et sortent la nuit, à toute heure, en payant 8 ou lo kreutzer. Il y en a plusieurs, et elles s'ouvrent par un art que les Aile-

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mands croyent magique, parce qu'il leur semble que la porte s'ouvre toute seule. C'est un bras de fer attaché à la porte, avec un autre bras, en haut, et qu'on tourne.

Ils ont, de plus, un pont qui se baisse et s'élève, 5 sans qu'il paroisse que personne le fasse remuer. C'est que la flèche du pont est cachée en bas, et qu'en levant ou haussant la flèche, qui est derrière, on hausse ou lève le pont. Or voici comme on lève . ou hausse cette flèche. Il y a dans l'appartement lo d'en haut une roue perpendiculaire, qu'on tourne.

A. Pont qui se baisse ou se A lève.

B. Flèche du pont, dans un lieu en dessous.

qui engrène dans une roue horizontale; laquelle engrène dans un arbre qui est au-dessous, et qu'on ne voit pas, non plus que ce qui est au-dessous. Quand on tourne la première roue, qui est perpen- i5 diculaire, on fait hausser le pont. Quand on le (sic) tourne de l'autre (sic), on le baisse. Ce qui fait voir qu'à l'arbre il y a deux câbles ou chaînes attachées; qu'en tirant l'une, en tournant d'un sens, l'autre descend, et vice versa; et, par le moyen de deux ao poulies, une corde ou chaîne fait descendre, et l'autre fait monter.

Ces choses sont bonnes pour des Allemands qui aiment fort les choses secrètes.

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Les François et les Bavarois prirent Augsbourg. Il y avoit dedans 5,ooo Impériaux, qui capitulèrent pour eux, non pour la Ville; ce qui fit que nous y entrâmes à discrétion. Tout l'arsenal fut enlevé. Ce 5 que la Ville perdit ou contribua est estimé 5 millions de florins.

La Ville peut avoir 200,000 florins de revenu. L'Évêque, autant.

L'eau n'est pas rare dans les maisons d'Augs-

10 bourg : il y a, à chaque maison ou presque à chaque

maison, deux sortes d'eaux : de l'eau de puits, et de

l'eau de la rivière, qui vient par une machine et se

distribue dans les maisons de la Ville, en payant. .

Quand, à une auberge ou poste d'Allemagne, i5 vous demandez de l'eau à boire, on vous porte de l'eau bourbeuse pour vous laver les mains. Quand vous faites comprendre que c'est pour boire, soudain l'hôte ou le principal de la troupe vient vous dire que cela vous fera du mal, et qu'il vaut mieux 20 que vous buviez du vin ou de la bière. Comme vous persistez, on vous en apporte un peu, mais très peu, comme pour satisfaire votre opiniâtreté. Dès que vous en buvez, tout le village se met à rire. Je l'ai dit ailleurs : demander de l'eau dans une auberge 25 d'Allemagne, c'est demander du lait chez Darboulin.

Quand j'étois à Munich, la fièvre me prit. Soudain un palefrenier alla chez un apothicaire me chercher

une médecine pour me purger, me la porte, et, le lendemain, elle me fut portée en compte. Je dis que je la payerai à condition qu'il la prenne (sic).

Les Bavarois sont plus stupides que les Allemands ne sont. Effectivement, l'action sur l'esprit s de ces nations n'est pas instantanée. Il faut beaucoup de temps pour que l'âme soit avertie. Quelque ordre que vous donniez, vous les voyez rêver longtemps pour se le mettre dans la tête, comme si vous proposiez un problème de géométrie, et ils lo vous comprennent enfin. Mais, si vous donnez un ordre, et qu'ils l'ayent à la fin compris, n'en donnez pas un second : car, avant que le second soit compris, il faut bien plus de temps encore, parce qu'ils reviennent toujours au premier. J'ai vu souvent i5 arriver à la lettre, en Allemagne, l'histoire de cet Allemand chez Made de Lambert : c Par ma foi, je ris de ce que Madame a dit tantôt. > Il faut un certain temps.

On m'a montré aux portes de la Cathédrale 20 d'Augsbourg, qui sont de cuivre, avec des basreliefs du plus mauvais gothique que j'aye jamais vu, trois figures, où est représentée la création de la Femme, tirée de la côte d'Adam. Or, ce n'est pas un Créateur, mais une Créatrice, qui est la sainte 25 Vierge. Qu'est-ce que ces gens- là vouloient donc faire faire à Dieu ? Il est vrai que l'ouvrage est si mauvais qu'il est difficile de deviner si c'est un homme ou une femme. Il y a apparence que c'est

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une femme. Si c'étoit le Père étemel, il seroit vieux et aurait de la barbe. Mais la figure est d'une femme ou d'un très jeune homme.

J'ai beaucoup parlé d'Augsbourg parce que j'y 3 arrivai avec la fièvre, que le changement d'air d'Italie et d'Allemagne, le chaud de Rome et les vents froids de Munich, m'avoient donnée, aussi bien qu'au seul valet que j'avois avec moi. Je fus traité par les médecins d'Augsbourg bien à l'allemande. Mon

lo banquier me dit qu'il me donneroit un médecin

catholique. Je lui dis que j'en voudrois bien avoir

un turc, qui fût bon. Il me dit qu'il n'y en avoit pas

dans la Ville.

Pour les médecins de ce pays, ils ne vous deman-

i5 dent rien, ne vous prescrivent rien sur le boire et le manger. Ils vous ordonnent seulement leurs remèdes. Ils vous tâtent le pouls, quand vous le leur demandez. Je suis sûr que mon médecin n'a jamais su de quelle fièvre il a guéri mon valet. Il

ao la croyoit tierce, et elle étoit double tierce. Il donna à mon valet, d'abord, l'émétique, et à moi l'ipécacuana. C'est que ces corps pleins de bière et de jambon ont besoin d'être évacués; du reste, ne prescrivant rien pour le régime; du vin à discrétion;

25 ne s'informant jamais à quelle heure on mange, ni

qu'est-ce qu'on mange. C'est qu'on ne gagne rien

avec les Allemands de (sic) leur défendre de manger.

Mon médecin me donna de l'ipécacuana pour me

faire vomir et purger ma bile; puis, il me donna le

3o quinquina. Cela me chassa ma fièvre. Quand je par-

tis d'Augsbourg, j*avois mon estomac en assez mauvais état; mais il se remit peu à peu. Le mouvement même de la chaise de poste, le grand air me fit du bien, et même le pays du bord du Neckar est assez sain. s

Les Allemands sont hydrophobes. Effectivement il me semble que l'eau en Allemagne ne me plaît pas tant qu'en Italie et en France, qu'elle fatigue plus mon estomac.

Il y a à Augsbourg beaucoup d'hydropiques. C'est lo pour cela qu'ils ne donnent jamais le quina seul, dans les fièvres, mais mêlé avec quelque apéritif. Ils craignent qu'il ne cause des obstructions, soit du foye ou d'ailleurs, des hydropisies, etc. Ils n'osent pas saigner dans la fièvre : ils disent que cela la rend i5 d'abord maligne.

Il y a une fièvre qu'on appelle febris hungarica, qui est la plus dangereuse des malignes : car elle ne forme jamais des bubons, ni d'autres éruptions, par où la matière maligne puisse s'échapper. J'ai 20 oui dire à un médecin d' Augsbourg qu'il l'avoit guérie par l'application des vésicatoires. Il en applique huit, tout à la fois. Dans les fièvres malignes,* qui sont ordinaires dans ce pays, ils en appliquent beaucoup. 23

Les bourgeois d' Augsbourg sont beaucoup plus heureux que ceux d'Ulm, de Francfort, de Nuremberg : car, comme il y a deux religions, et que le

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Magistrat est partagé, si un homme est vexé par un magistrat, il a recours à l'autre, sûrement ennemi de celui qui lui a fait injustice, et il la fait réparer : car tout y est double, depuis le premier magistrat 5 jusqu'au dernier balayeur des rues. Cela fait encore que la République est mieux administrée : chacun ayant là son surveillant, ravi de le trouver en faute. Mais, dans les autres villes, où le Magistrat est tout luthérien, ils vivent comme des princes et sont de

lo petits tyrans.

Augsbourg ne laisse pas d'avoir bien des dépenses. Elle (sic) donne 400 hommes pour les troupes du cercle : car les villes impériales y sont rudement cotisées; plus, 200 hommes pour sa garde. L'entretien

1 3 de la Ville, du Magistrat, des ministres, tout cela coûte beaucoup ; et, quand tout est rassemblé, il se trouve que l'on paye un grand tiers de son revenu, voire la moitié. Les maisons ni les fonds en argent ne payent pas cela; mais environ 1/2 pour 100. Mais il

20 faut payer tous les mois une taxe pour son industrie

et bien des drogues, qui vont à près du 200* denier.

Il est vrai que cela n'est pas exigé bien à la rigueur.

Le nombre des Catholiques prévaut et prévaudra

toujours à Augsbourg. Chaque religion reçoit les

25 bourgeois qu'elle veut. Or les Luthériens ne peuvent guère en recevoir : car les terres autour d' Augsbourg, à 10 lieues autour, sont catholiques. Il ne peut donc venir de la campagne que des Catholiques, et on reçoit tout ce qui se présente.

3o Ainsi, de 5,ooo bourgeois ou chefs de familles qu'il y a, on compte 3,ooo Catholiques, 2,000 Luthériens.

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Quand un homme est grevé d'une sentence de magistrat, il appelle au Conseil aulique, qui même redresse les abus dans l'élection des magistrats et autres choses. Le Magistrat doit être composé de plus des trois quarts nobles. Cela fait en tout une s quarantaine. Les roturiers se font anoblir par l'Empereur. A Vienne, on fait tout pour de l'argent, et 2,000 florins feront un noble. Le Magistrat est, par abus, plein de gens parents très proches : père, fils, frères. L'Empereur a défendu cela. lo

Il y a plus de richesse à Nuremberg qu'à Augsbourg, quoiqu'il y ait deux ou trois familles d'Augsbourg plus riches qu'aucune de Nuremberg.

Le 23 août 1729, je partis d'Augsbourg assez malade; mais le chemin me remit. D'Augsbourg, 15 j'allai à Zusmarshausen : poste 1/2 ; de là, à Gilnzbourg: poste 1/2; de là, à Elchingen : une poste; de là, à Westerstetten : une poste. J'y couchai. Le lendemain, j'allai à Geislingen; puis, à Gœppingen; puis, à Plochingen : chacun distant d'une poste. 20 D'où l'on peut aller indifféremment à Stuttgard ou à Kannstadt : j'allai à ce dernier. Je couchai le 24 à Louisbourg. Kannstadt est vis-à-vis de Stuttgard, le Neckar entre deux. Cette petite ville est tout proche de Stuttgard. a 5

On avoit voulu persuader au duc de Wurtemberg de bâtir sa résidence entre ses deux villes; ce qui auroit été très commode pour lui et aussi pour ses sujets, qui auroient pu se servir de leurs maisons

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de Stuttgardy sans être obligés d'en bâtir d'autres. Il auroit pu même bâtir sur le Neckar. Mais il fut entêté de Louisbourg, qui est à une poste de

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