‹ Voyages de MontesquieuChapitre 48 sur 91 · I. Voir cela · texte numérisé non relu

I. Voir cela

pas ce qu'ils en savoient des Égyptiens. Je le prouve par la Table d'Isis, que j'ai vu (sic) dans la Bibliothèque du roi de Sardaigne, à Turin; dans laquelle on ne trouve aucun art. Les Grecs n'ont pas non plus

5 pris l'excellence de l'art des Perses : car il paroît par les ruines de Tche-elminar que la sculpture et l'architecture étoit (sic) très grossière. Ils ne l'ont pas non plus prise des Indiens : car ils n'ont pu passer que par l'Egypte ou par l'Asie pour aller jusques aux

10 Indes, et il est impossible que l'art fût dans les deux bouts, pendant que le milieu eût (sic) resté dans l'ignorance. La sculpture, et, par conséquent, la peinture, la gravure, l'architecture, en un mot, tous les arts fondés sur le dessin, sont Grœco solo ortœ.

i5 Le genre de la religion des Grecs fit le progrès de ces arts et leur perfection, et, avec cela, les hommes nus qu'ils voyoient sans cesse. Il falloit qu'ils eussent des Dieux à représenter en hommes, et il falloit qu'ils eussent sous leurs yeux des hommes propres à

20 être dessinés, et qui leur fissent à tout moment sentir les proportions du corps humain et les différentes attitudes et mouvements. Les Égyptiens (je ne sais pourquoi) ignorèrent l'art; les Perses, qui n'avoient point de Divinités corporelles à représenter, le

23 négligèrent; et les Indiens d'autrefois, qui, apparemment, comme ceux d'aujourd'hui (car les coutumes ne changent jamais en Orient), détestent (sic) la nudité % n'eurent pas occasion de se rendre forts dans le dessin.

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