ET COMPLÈTEMENT INEDIT
'âge de dix-huit ou dix-neuf ans n'ouvre pas encore l'esprit à de sérieuses réflexions. J'avois plaisanté bien ou mal à propos. Les intéressés, aussi sots que moi, n'avcient pas entendu raillerie. Une
I. Ce récit, continué par Piron longtemps après son premier Voyage à Beaune, en forme le complément. Il s'y livre à des réilexions sages, du moins en commençant; c'est comme un retour qu'il fait sur lui-même, une espèce de coup d'oeil rétrospectif où tout d'abord il semble vouloir faire à chacun sa part d'éloge et de blâme; mais bientôt sa verve l'emporte, il prend feu, et le voilà décochant de nouveaux traits pleins de malice contre les Beaunois. Au reste, à l'exception du Remerchncnt qu'on lira plus bas, le récit suivant n'a jamais été imprimé.
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vingtaine iiVa voient poursuivi Tcpce à la main; j'échappai sain et sauf, il ne s'en failoit guère que je ne m'en fisse gloire. Je ne sentis pas que je venois de donner une scène au public, que ce public ne se plaît qu'à déprimer,' et qu'un jeune étourdi survécut-il mille ans à sa première sottise et Teijt-il réparée de cent façons, on dateroit toujours de là, et que je venois de Tarmcr à jamais contre moi.
Inattentif à cette malheureuse perspective, je .ne repris mes esprits qu'avec mon rôle, et je me promis bien de repousser gaillardement les pasquinades qui n'alloient pas manquer de me pleuvoir sur le corps. La première fut une chanson du Pont-Neuf en cinquante couplets, sur l'air des Pendus, à rencontre d'un méchant enfant qui avoit désobéi à son père.
Or, écoute^, petits et grands, etc.
Je ne l'ai jamais pu recouvrer nulle part. Je sais où elle pourroit être; mais je ne Tirai pas chercher là.
Que ne l'ai-je ici ! Je la transcrirois bien vo-
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lontiers pour laisser un monument du bel esprit beaunois. Ce n'est pas leur faute si elle me manque : car ils m'en adressèrent douze exemplaires par la poste, et je les distribuai. Le mieux du tout, c'étoit poî^l franc. J'eus pour eux les mêmes égards en leur envoyant ce Rcmevciment par le premier ordinaire :
Brave et savant peuple de Bcaunc, Fils de Phcbus et de Bellone', Qui suivez les deux tour à tour, Glorieux des exploits célèbres Que vous fîtes dans les ténèbres, Vous les produisez donc au jour !
Chanson digne de vos écoles!
Le sujet, l'air et les paroles, Rien n'y dément le nom beaunois.
Pour nous la rendre encor plus belle, Que ne pouviez-vous avec elle Envoyer ici votre voix!
De la part d'un de vos libraires J'en ai reçu douze exemplaires.
Grand merci d'un si bel envoi.
Il ne sauroit que m'être utile, M'en eussiez-vDus adressé mille ! !
Je vais en faire un bon emploi.
I. Les Beaunois appellent leur ville Belna, quasi ex Bcllona. {Note de Piron.)
Lorsque, sans verge cl sans cj^c, Sur ma carcasse constipée Je vis briller vos glaives nus, Je le confesse à votre gloire, Vous me fîtes venir la (....
Vous me clcviez des torch.-c...
Mon Remercîmeiit ne fil pas autrement plaisir à mes bienfaiteurs. Ils prièrent celui qui le leur avoit attiré de rentrer en enthousiasme pour y répondre. Cela est bien aisé à dire. Le chansonnier s'étoit épuisé, le feu étoit éteint, toute la ressource fut de faire réimprimer la chanson. Des gens charitables me l'écrivirent, et me dirent en même temps que fauteur étoit un nommé Patin, docteur en médecine à Beaune.
Je renvoyai la lettre avec cette apostille au bas, et toujours du même ton :
Pour peu qu'il ait d'attention, Cette nouvelle édition Peut-être plaira davantage.
Dès que cet homme est médecin 11 doit souvent lire au bassin ' :
II aura relu son ouvrage.