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De Mars la trompette fatale
Ayant donné signal à touf ,
Et Bacchus, pour ce rendez-vous,
Ayant ouvert sa capitale,
Les tcnans vinrent à grands flots;
De l'Ouche les superbes eaux
S'en enflèrent jusqu'au rivage,
Et Suzon ', sur ces nobles bords
Plus dorés que le fond du Tage,
En déploya tous ses trésors.
Que de ces guerriers pacifiques J'admirai le brillant essaim, Quand je les vis, le glaive en main.
Traverser les places publiques!
Mais vinrent surtout les Beaunois, Le dos bien fait pour le harnois !
Le bel air à porter les armes !
Du premier jusques au dernier, Tous sembloient nés pour les alarmes Qui nous font crier au meunier.
Durant cette cérémonie
La Discorde ne s'endort pas ;
Et voici, pour l'honneur du pas,
Qu'elle sème la zizanie.
Nos chevaliers mal aguerris,
Moins par des coups que par des cris,
Se disputent le privilège;
Rien n'en pâtit qu'un étendard
1. Rivière qui passe à Dijon et se rcunit à celle de l'Ouche.
ODE
Qui, par un Dôlois sacrilège, Se vit percé de part en part.
Le lièvre ne gît pas là, Muse.
Ne nous impatiente plus; Quitte ces propos superflus. Et viens au jeu de l'Arquebuse.
Entrons dans ce cirque fameux, Où l'on voit l'Amour et les Jeux Aux côtés du dieu de la Thrace, Et sachons à qui le destin Doit faire aveuglément la grâce De mettre la palme à la main.
Mais quelle prudence est la nôtre!
Où diable me suis-je engagé?
Je crois que l'on est enragé Pour se pousser de part et d'autre.
Quelle horrible foule, grands dieux !
Que d'importans, de curieux!
J'étouffe. Muse, sors, dépêche. — On ne peut. — Eh bien, demeurons; Mais malheur à qui nous empêche!
Bientôt nous nous en vengerons.
Vois la troupe qui nous arrête :
Ce sont les rustres du pays.
Les voilà tous bien ébahis De se trouver à telle fêle.
Examine un peu ce pied plat :
Comme il est surpris de l'éclat Des trompettes et des timbales;