‹ Voyages de Piron à BeauneChapitre 44 sur 61 · II() DETRACTEURS ET APOLOGISTES · texte numérisé non relu

II() DETRACTEURS ET APOLOGISTES

rccla malions, M. le curé achète une cloche nouvelle chaque année. Que voulez-vous? Il a placé son amour-propre dans son clocher... Autant vaut là qu'ailleurs... Arrivés à la métropole, les amis pleurent, les héritiers rient, les poètes chantent ci les indifférents observent. Bientôt un silence profond succède à ce charivari; chacun se mouche, crache et se recueille. Je suis l'impulsion générale, quoiqueétranger à la causequi la dirige... Ocielî ce n^est point une illusion! Un chant mélodieux a frappé mon oreille, etc

Nous en passons et des meilleurs ! Voici un de ses CAQUETS :

Ea descendant la classe plébéienne, j'observe qiCà ca près [sic] d'un peu de vilenie, les ridicules sont absolument les mêmes. Par exemple, rien de plus ordinaire que de voir dérober les provisions à une bourgeoise occupée à inventorier le panier de sa voisine; ensuite, la curiosité provoquant l'indiscrétion des serviteurs, chacun sait combien de fois par semaine vous mettez le potau-feu, et le nombre de navets et de carottes que vous y joignez; enfinvos plus petits détails domestiques sont mis en ligne décompte... Dimanche, M. de La Brosse m'a arrêté au sortir du salut pour me dire des horreurs de son gendre. Lundi,

je me suis abstenu de dîner chez M"^<^ de Fonterrault, parce que j'ai été instruit à temps qu'elle avait acheté un chapon pour une poularde, et que son tonneau était au plus bas

Dans une note mise à la fin d'une page, il prétend qu'on doit « lui savoir gré de n^avoir pas tiré tout le parti que semblait lui offrir son sujet ». Toutefois, on voit que sa conscience n'est pas tranquille, et, comme pour la rassurer, il s'écrie :

Je pose en principe que le droit de Phomme de lettres sur les ridicules est aussi incontestable que celui d'un bon propriétaire de la BeaucePcstsur son domaine. Sans cela, rien ne saurait parer au désordre qui affligerait la société... Si encore je n\ivais à combattre que des Chapelain et des Cassaigne, je conserverais de l'espoir; mais, bien loinde ça [sic) ^\^. célébrité de mes antagonistes dirigeant Popinion publique, je me trouve en quelque sorte vaincu avant de m'étre mis en garde

Enfin, dans un chapitre intitulé : Du droit cTautcur, la vérité semble lui échapper, et il s'écrie :

Combien Ton doit savoir gré à l'homme obli-

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géant qui prend la peine de remettre chaque chose à sa place !... Au reste, le peu de succès des ouvrages classiques sufllt pour servir dVxcusc : personne n'ignore que les systèmes d'éducation sont abandonnés aux n jurriccs, tandis qu'une satire a plusieurs éditions "...

Ainsi donc, son secret nous est livré : il faisait tout bonnement de la médisance intéressée... la pire de toutes les médisances.

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