ÉTRENNES
ou ORDONNANCE DE M. LE MAIRE DE BEAUNE EN FAVEUR DE L^CADEMIE DES SCIENCES DE DIJON.
Nous, maire de Beaune , en cette qualité inspecteur et contrôleur général né de toutes les Académies des sciences, beaux-arts et beaux esprits dans rétendue du duché de Bourgogne,
A tous ceux qui les présentes verront , salut, savoir :
Les sieurs de PAcadémie des sciences de Dijon
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nous ayant fait leurs très humbles remontrances par une requête signée Goljit, secrétaire de l'Académie, tendant à ce qu'il nous plût :
I" Accorder des armoiries convenables pour rillusiration dudit corps académique ;
2° Confirmer ledit Goujet dans le secrétariat, quoique ignare et non lettré, nonobstant l'opinion formée par le public ;
3° Approuver le projet de statuts de ladite Académie tel qu'il nous a été représenté ;
Ouï sur le tout le rapport du sieur Bon Sens, à cet effet député,
Nous avons accordé et accordons à ladite Académie des armoiries pour l'illustration dudit corps, dont nous avons fait faire le blason par le surintendant de nos peintures.
^L^ Académie des sciences de Dijon portera d'or, à une montagne de sable, l'écu surmonté d'une couronne académique en forme de couronne de comte brodée de tètes de char dons fleuris^ en place de perles; pour cimier, une figure de Midas brisante et naissante, en bonnet, en rabat et en robe de palais, tenant de chaque main un étendard chargé des mêmes armes, avec la devise : Partiirient montes ; pour support deux baudets sailîans, brayans, de la riche taille, de ceux que l'on appelle communément docteurs dans notre territoire, en
vertu du droit où ils sont, depuis cinquante ans, de partager les honneurs dans les sciences avec les Dijonnois.
En ce qui concerne la demande en confirmation du sieur Goujet comme secrétaire, quoique ignare et non lettré, et en ce qui concerne le projet des statuts qui nous a été communiqué, et notamment Tanicle i^^ d'iceux, par lequel il est dit que, suivant la louable coutume de la ville de Dijon, la noble émulation sera interdite dans ladite Académie, qu'en conséquence défense demeure faite à tout académicien de contredire ou censurer les écrits d'un autre académicien, quoique ses écrits fussent contraires à la vérité, à la science et au bien public, nous avons renvoyé le toutau tribunal de la Folie^ pour y être prononcé ce qu'il appartiendra*
Voulant néanmoins traiter favorablement les sieurs Exposans, nous avons, par une considération particulière pour eux, enjoint et enjoignons au sieur Lucot du Tillot ', possédant l'étendard de l'ancienne Académie dite Mère Folie^ fondée par Philippe le Bon, ponant pour devise : Stullorum
I. Tillot J.-B. LucoUc, seigneur du), ne à Dijon en i66S, mort en lySo. EruJit, antiquaire, auteur de plusieurs ouvrages, entre autres d'un Mémoire pour servir à l'histoire de la fctc des fous, etc.
I 2 2 DKTH ACTEURS KT APOLOGISTES DES BRAUNOIS
wfmitus est mimcriis^ ci ses aiiribuis, Je rcmciirc incessamment ledit étendard au sieur directeur pour être porte devant eux aux jours solennels de ladite Académie; et, au cas où le sieur Lucot du Tillot en fcroit refus, ordonnons qu'il y sera contraint par toutes voies, même par corps; qu'à cet effet, il sera pris, saisi et livré au médecin de ladite Académie pour être clystérisé, saigné, purgé et émétiqué jusqu'à extinction de chaleur naturelle.
Donné à Beaune, le i" janvier 1741.