‹ Voyages de Piron à BeauneChapitre 61 sur 61 · Le comte était aux eaux de Barèges · texte numérisé non relu

Le comte était aux eaux de Barèges

Si grande et si petite chose.

Ressemblance encore en ce point :

C'est que nous ne vous voyons point.

Son excuse est bonne et valable, Va je suis dans un autre cas, Moi qui n'ai qu'à faire deux pas; Mais il nie faut, au préalable, I.cs deux jambes que je n'ai pas.

Nature sur mon corps exerce Les fureurs d'une fièvre tierce Qui, du jour qu'une de vous deux Eut deux maîtres fous dans sa loge ' , A fait, de mon corps malheureux, Un membre du martyrologe.

La veine du dos de ma main Ressemble à celle de Lucain-; Ce que d'agréable j'y trcuve, C'est qu'elle est de beau bleu turquin. Du restc^ rien de plus mesquin Que la boisson dont on m'abreuve.

De peur que mon sang ne s'émeuve, La mer est sous mon casaquin Et l'enfer sous mon maroquin.

Terrible état et rude épreuve, D'être un instant le dieu Vulcain Et l'instant après un dieu fleuve!

Voilà, Mesdames, la raison Qui fait que malgré moi j'hésite A vous rendre quelque visite, Et que j'ai celles de Dibon '.

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