‹ Voyages de Piron à BeauneChapitre 60 sur 61 · I. Son chien favori. — [Note de Piron · texte numérisé non relu

I. Son chien favori. — [Note de Piron

3. Il s'étoit rompu la cuisse en tombant du siège de sa calèche qu'il menoit. — [Note de Piron.)

3. Le jeune duc de '**, tenant une grosse langue de carpe au bout de sa fourchette, la fit circuler très précipitamment à la ronde, puis finit par moi, et par se la mettre à la bouche, bien qu'au passage j'eusse ouvert la mienne très béante. — {Note de Piron.)

4. Village au delà de la Seine, où le fils aîné de M. de Livry se chargea de donner une fête à son père, à des dames, etc. C'étoit dans une cabane de paysan; faute de pot-à-l'eau. on fut obligé, pour les femmes, d'emprunter les burettes de la sacristie. Les dames se crottèrent bien en montant le rivage. Il y eut pourtant à cette fête jusqu'à des fusées que de la fenêtre le vent nous renvoyoit dans le nez. Je me souviens que l'enfant de la

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Dans des burcites de campagne ; Nous eûmes ce plaisir exquis Sous les auspices du marquis, Que Dieu préserve de la coupe De Sékindorf et de sa troupe' !

Car enfin bientôt il ira, En brave homme il obéira; Mais commandera-t-on en sage?

Je ne crains donc que son courage Et necraindrois rien de fatal, Si vous étiez son général.

Enfin, telle est ma destinée De n'entendre pas, cette année, La riûte du tendre Ncstier', Dont le son doux et forestier Plwnge le petit cucur mignon Tout au fond des eaux du Ligno:i.

Vrairacni d'ici je n'aurai garde D'entendre non plus la guimbarde' Sur laquelle on dit qu'il fouera, Si l'on prétend qu'il s'y hasarde, Une ou\crlurc d'opéra >.

maison, se voulant signaler par l'adresse de son cliicn à rapporter, jeta son cliapeau en l'air. Le vent l'emporta dans la Seine. Il eut beau crier : « Apporte ! » le cliien raisonna en bon géomètre. II ne se mit en aucun devoir, et le chapeau ctoit le lendemain au Havre-de-Grâce. — {Xotc Je Piron.)

i. Sékindorf (comt.: de), capitaine et diplomate qui, attaché, en 1742, à l'armée du Rhin pour seconder le prince Eugène, défit les Français à Clausem. Né en 1673, mourut en 1763.

2. Gentilhomme, écuycr du prince Charles, qui jouoil à ravir de la llûte allemande. — [Note de Piron.)

3. ^L le prince Charles me le vouloit faire accroire. — [Note de Piron.)

IQO AI'PKNDICE-

Oh ! que je te regrette encore, Homme, ange ou diable que j'adore', Qui, de ton gosier, de ta voix, De ta langue et de tes dix doigts.

De je ne sais combien d'alVaires Tant réelles qu'imaginaires, Tantôt bouffon, tantôt savant, Fais, par derrière un paravent, L'oiseau, le chat et la sirène.

L'archer, Tescroc et la vilaine :

Ramage, concert, bacchanal.

Chant céleste et bruit infernal.

Et vous, admirable Dampierre^ Qui donneriez l'Ame à la pierre, Il ne tiendroit qu'à vous, un jour.

Avec votre basse de viole, De faire à la chasse un bon tour Que le roi trouveroit fort drôle :

Ce seroit de l'avoir, au lieu . De fusil, de cor et d'épieu ;

Et dès que vous verriez le prince Chercher ou la piste ou la pince, De lâcher un bon coup d'archet.

Crac! Aussitôt l'oreille au guet, Les bêtes petites et grosses (Ou toutes nos fables sont fausses), Galopant au-devant du roi, Viendroient lui rendre hommage et foi : Et, comme un rare et beau trophée

1. Loeillet. Il faut l'avoir ouï pour se pouvoir imaginer le prodige de cette exécution. — [Note de Firon.)

2. Gentilhomme, écuyer du prince Cliarles et fort aimé du roi, qui l'avoit toujours près de lui à la chasse. Il donnoit paifaitemenl du cor et jouoit divinement bien du dessus de viole. — i'Sotc de Piron.)

Des talents du nouvel Orphée, S'iroient de bonne volonté Mettre aux pieds de Sa Majesté, Ne remuant le pied ni l'aile, Se laisscroient prendre par elle, Et, se tenant tous main à main, Danseroient un branle à refrain.

i^La fin de l'épître manque.)

Enfin, nous terminerons par une autre épître de Piron, datée de 1/36 et adressée à la fois à M"c Quinault et à sa cousine, M"e Balicourt, lesquelles étaient alors à Fontainebleau. Piron était resté à Paris.

Joli couple d'anachorètes

Regretté sans cesse à l'excès

Du plus grand des comtes François ',

Et du plus petit des poètes^;

C'est joindre l'aigle au marsouin :

L'un est bien près, l'autre est bien loin '.

L'amitié tendre, bonne et forte

Que l'un comme l'autre vous porte

Est l'unique et belle raison

Qui fait que, pour un moment, j'ose

Faire entrer en comparaison

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