‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 18 sur 89 · CHAPITRE VIIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIT

2 Arrivée de l’autheur devant la riviere des Erocois, — Advis du | Er HT pilote Doublet au sieur de Caen, de quelques Basques reti- ŒURT j . 4 .

"4 rez en l’isle S. Jean. — Plaintes des Sauvages accordées. — : 5 ct. Le meurtrier est pardonné, — Cérémonies observées en rece- A re vant le pardon du Roy de France. — Accord entre ces na- | Fittines tions sauvages et les Francois. — Retour du sieur du Pont F en France, — L’autheur fait faire de nouveaux édifices. WE ; SA k | : : : Co M Le 25 dudit mois, nous fusmes devant la ri- . b tetes ES | [et Liu Arariée vière des Irocois, où treuvasmes ledit Desches- | EE des Trocois. °° . ,. d .. : P l frs: nes, qui dit avoir eu nouvelle qu il devoit arriver le] EAU E:A RE : | : i e LUE quelques trois cens Hurons, où Estienne Bruslé de 1 les avoit rencontrez, au sault de la Chaudière, 75 lo ‘ QO, : lieues de ladite rivière des Irocois.

ads : t Cedit jour arrivèrent quelques 60 canots de ; | Hurons, et Algommequins, qui ramenérent du \ pa LD x: | d À ? . ’ # FA Vernay, et autres hommes qu on leur avoit donné Pé

pour hyverner en leur pays, afin de tousjours les tenir en amitié, et les obliger à venir.

LÉ Pè fre Ce jour là mesmes arriva le pilote Doublet, qu TU US . Arrivée du, Q 4: pilote Doubiet. [y] sixiesme, dans une double chalouppe, qui ve- qu RE noit de l’isle S. Jean et Miscou, où estoit Le sieur À dd

de la Ralde en pescherie, qui donnoit advis au

Advis du ques retirdées. — s en recee ces na- - du Pont

* ices,

t la ni- Jeschesarriver Bruslé

ère, 75

nots de ‘ent du t donne ours les

oublet, qui vee sieur

Avis au

FT a

. + , . . n ‘ sieur de Caen, que des Basques s estoient reurez ,, Xi quil + de Caen.

à ladite isle S. Jean, pour se mettre en deffence si on les alloit attaquer, ne voulant subir aux commissions de Sa Majesté; et qu'ils s'estoient saisis d’un moyen vaisseau où estoit un nommé Guers,

S'estoit suis d'un vaisseau

qui l’année d'auparavant estoit venu à Tadoussac comme j'ai dit ci dessus : il se contenta de lui prendre ses marchandises de traitte, le laissant aller avec ses munitions, et canons de fonte verte : il méritoit qu'on lui fit ressentir le chastiment que doivent recevoir ceux qui contreviennent aux ordonnances et décrets de Sa Majesté, il treuva de la courtoisie à son advantage, ce qu'il n'eût fait en beaucoup de personnes, qui l’eussent traitté avec plus de sévérité. Le pilote fitavec ceste chalouppe le long des costes et fleuve Sainct Laurent, près de deux cens lieues : il dit que ces Basques avoient 5, "a

ient } 1ë

, . , . reg Rene ie

donné de mauvaises impressions de nous aux Sau- impressions des

rens LL TE au

ane aux Sau vages.

vages de ses costes, disant que s'ils nous treuvoient à leur advantage, ils nous feroient un mauvais paru, et de fait il eût couru ceste fortune sans un

Le pilote cou-

Pére Récollet, qui estoit parmi ces Sauvages il y rt rismue sans . . + \ let.

avoit deux ans, lequel escrivit une lettre à nos

Pères, de l'estat auquel il estoit parmi ces peuples,

qui l’affectionnoient fort, et espéroit y faire quel-

que fruict moyennant la grâce de Dieu, estant fort

advancé au langage du pays.

Plaintes des

Pourparler

Le 47 dudit mois arrivèrent des Sauvages, qui firent une assemblée entr'eux, où ils formérent quelques plaintes des uns et des autres, touchant les passages qui n'estoient pas libres aux Hurons, que les Algommequins les traittent mal, leur faisant contribuer de leurs marchandises, et ne se contentant pas de ce, les déroboient, qui leur donnoit encore suject d’un grand mécontentement : * on les accorda sur toutes ces plaintes, ils firent des présents de quelques castors qui leurs furent payes plus qu'ils ne valoient.

Le 50 fut célébré la saincte messe. Ce jour mesme l'on fit un pourparler, pour l'accord du

pour lareord meurtrier, auquel je ne pouvois entendre, pour la

du meurtrier,

L'autheur le

perfidie qu'il avoit commise , en l'assassinat de nos hommes, néantmoins plusieurs considérations, et les raisons dudit sieur de Caen, qui me dit que Sa Majesté et mondit Seigneur lui remettoient la faute, qui m'y firent condescendre, à la charge que l’assassin feroit une satisfaction devant toutes les nations, confessant que malicieusement, perfidement et meschamment, il avoit tué nos compagnons, méritant la mort si on ne lui faisoit grace, ce qui fut accordé.

Le lendemain fut délibéré de faire quelques présents à toutes les nations, pour les obliger à nous aimer, et traiter bien les François qui al-

RE ee

ges, qui loient en leur pays, pour les conserver contre leurs rmérent “ ennemis, et ainsi leur donner courage de revenir touchant avec plus d'affection.

Hurons, Cet accord nese pouvoit faire que devant toutes leur fai- les nations afin qu’elles recogneussent quelle est et ne se | nostre bonté, au respect de leurs cruautez, et afin leur don- que le meurtrier en receût plus de honte, l’oblitement : geant après le pardon d’estre autant affectionné à irent des “ nous aimer, comme il avoit esté nostre ennemi nt payés “ mortel: il nous fallut user de quelque cérémonie,

car il faut user de démonstrations parmi ces peu-

Ce jour ; ples , avec les discours : la cérémonie fut telle qui

cord du ‘#"# Sensuit. | ve ’ .

,pourla Mu Le dernier de juillet, tous trouvèrent bon de Gsm 5 de l'accord et

suivre la volonté de Sa Majesté, de pardonner au du pardon à

mandé par le

at de nos

| . . . . ie LU *, meurtrier.

tions, et “ meurtrier qui avoit tousjours esté en crédit, et fait

capitaine par les Sauvages pour avoir tué nos hom-

t que Sa L la faute, mes, ledit meurtrier se devoit mettre au milieu de que l’as- toutes les nations assemblées en ce lieu, et celui 6 las nr: ‘ qu l’avoit assisté en ce meurtre, et lui faire disfildemient J cour: devant tout le peuple, du bien qu'il avoit pagnons , } receu des François, qu'il avoit très mal recognu, >, ce qui + comme meschamment et traitreusement il avoit assassiné nos hommes dépourveus d’armes, sous quelques ombre d'amitié, qu'on n'eust jamais peû penser ni bliger à aucun de nostre habitation, qu’il eust eû le cœur

. à S pe à Av IV js qui al- : 1 desloyal et perfide comme il l'avoit monstré,

que ce pendant le chef qui pour lors estoit à l'ha-

(E 72 VOYAGES ARE bitation, et autres du depuis n'avoient voulu user

HAE du pouvoir et droict que la justice leur donnoit de ARTE le faire mourir, comme il le méritoit.

RE

Cependant, l'affection que nous avions porté à dj ceux de sa nation, el comme estant allié des prin- \ EH cipaux, nous avoit empesché de le faire mourir, HE ES nous estants contentez de le chasser de nostre habitation, pour ne le voir, ni raffraischir la mémoire

(HAE de nos hommes massacrez. Et voyant qu'il avoit

ren ee de ne DT TD méà er er"

recogneu sa faute , s'estant mis en devoir de rece- L Ps . sub ,. te . , .

ETES voir le chastiment qu'il méritoit, qu'on lui par-

\ CAES donnoit, par la volonté de nostre Roy, qui lui 4 1 donnoit la vie; et à la requeste de tous les peu- | te ples : à la charge de jamais ne retourner, nitom- 8% k js 19 ber en ceste faute, ni aucuns de sa nation; estants le. personnes qui ne nous contentions de présents, (ti pour payement de la mort de nos hommes, comme a ils faisoient entr'eux : et que s’ilarrivoit à l’advenir pot qu'ils commissent telles perfidies et trahisons , on Die il: feroit punir de mort les autheurs du mal; les Fra 4 tenants pour nos ennemis : et tous ceux qui vou- les (UE droiïent empescher : et plusieurs autres discours tra À sur ce suject ; et quelques autres cérémonies qui cot | Prestation furent faictes. Cela achevé, le meurtrier se leva, fes QE urrer Et SON compagnon, me venant demander par- tar +

don, avec promesse à l’advenir, de se comporter si fidellement avec les François, qu'il n'auroit av

Hi antre volonté que réparer ceste faute par quel- ho

oulu user onnoit de

s porté à es prinmourir,

ostre ha-

mémoire

vil avoit

de recelui parqui lui

les peuni tom-

; estants

résents ,

, Comme

’advenir

sons , on

mal; les ui voudiscours aies qui

e leva,

er par-

nporter r'auroit

; quel-

ques bons services : et ainsi furent délibérez. nos Mais quoi que s’en soit, ces peuples qui n'ont runs. aucune considération , si c’est par charité ou autrement; ils croyent que le pardon a esté faict faute de courage, et pour n'avoir osé entreprendre de le faire mourir, bien qu'il le méritoit, et cela nou mettoit en assez mauvaise estime parmi eux, de n'en avoir point eu de ressentiment.

Toutes ces nations très aises et satisfaits, ils nous remercièrent, nous louants de ce que nous n'avions tesmoigné un mauvais cœur, et accordéèrent de

mener onze François pour la défence de leurs see" su villages, contre leurs ennemis, dont il en demeu- ju reroit huict en leurs villages, et trois qui revien-

droient avec eux au printemps en traitte. Ils emmenérent trois Pères Récollets, sçavoir les Pères Nicolas, Joseph, et Frère Gabriel, pour voir s'ils pourroient profiter au pays, pour la gloire de

Dieu , et apprendre leur langue. Deux autres Re

leurs sont don

François furent donnez aux Algommequins, pOur we les maintenir en amitié, et inciter à venir en traitte : il leur fut fait un grand festin selon leur coustume , qui fit l’accomplissement de la feste, et-par ainsi s'en allèrent grandement contants.

Le 2 d'août s’'embarquéèrent tous nos François avec les Sauvages en leurs canots, chacun avec son homme, et ce mesme jour l’on rechargea toutes

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