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avec grande démonstration d’allégresse, disant
que je m'asseurasse qu'il ne se passeroit rien entre les Sauvages au desadvantage des François qu’il ne nous en donnast advis, qu'il sçavoit bien que la pluspart n'avoientlecœur bon, et qu'Érouachy (du- 10) quel nous pensions faire estat) estoit un homme, Fri
homme cuuteleux,
cauteleux, fin et menteur, nous donnant de bons discours, accordant facilement ce qu'on lui proposoit, et néantmoins en arrière il faisoit tout le contraire, parlant autrement ; que pour lui il n'avoit ciafte rien tant en haine que ces cœurs doubles, mais qu'il falloit quelquefois faire semblant d’adjouster foy en ses discour: , et ne faire néantmoins que ce que l’on jugeroit devoir estre fait par apparence. 1 dit qu'il aime grandement les François, c’est le pe: moins qu'il peut dire, les effects le feront assez 1 cognoistre. Alors il me dist, le temps et la saison
approchera pour ceux qui auront bon cœur envers
toi et tes compagnons, si VOS vaisseaux ne vien- L Ge que Co nent, tu es asseuré de moi et de mon frère les-‘"" : | quels ne feront que ce que tu voudras pour t'assister en Ce que tu pourrois avoir affaire de nous, je tascherai encore d'attirer avec moi quelques Sauvages de crédit poussez de mesme volonté, il y
en à que j'ai commencé à y disposer, cela fait je
Fe ne doute plus rien contre mes envieux, desquels di je ne me soucie pas beaucoup : ils demeurcront
\ HU tels avec desplaisir, et moi contant de vostre amijt ué, en vous servant de tout mon cœur. Voilà bien
24 dit (lui dis-je) nous sommes délibérez de mettre le
Fri prisonnier dehors pour ton respect, et te faire en-
Hik trer en crédit : par ce moyen tu diras audit Éroua- | cu chy que tu m'as prié pour le prisonnier afin de le Hi mettre hors, que je t'ai donné bonne espérance it qu'en peu de jours cela se pourra faire, voyant ce tal id quil dira et tous les autres Sauvages, que je nr'as- se sa seure qu'ils le trouveront bon, jugeant bien que et
va! si c'esloit Loi qui eust accusé le meurtrier que tu p NN Pt ne poursuivrois pas sa délivrance, mais plustost c
x L} sa mort, ct leur dire à tous Les considérations que b
ñ nous voulons, en cas qu'il sorte. ne
al dame Le premier article. Que le prisonnier laisseroit d
4 \ TE aa peut fils chez Le Pere Joseph Caron Récoller,
Pr qu'il nourrissoil, et seroit comme pour ostage et s LA | asseurance, que le cas arrivant que les François q L (qui estoient allez aux Hurons) vinssent, et qu'ils ( kA n'y peussent retourner ny aller à la nation des Au Abenaquioicts, où J'avois envoyé descouvrir, Les C
a ë despartir entr’eux jusques à 25 attendant nos vais- Ë
14 sceaux.
; à “ 2. Que si lesdits Abenaquioicts avoient désir de
nous donner de leurs bleds d'Inde ou traiter :
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quels 'eront » amii bien tre Le ‘e enrouade le rance nt ce nr'as- 1 que ue Lu ISLOSt
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ques Sauvages et des François que nous y envoyerions pour traitter dudit bled d’Inde,
3. Que lui et ledit Érouachy nous respondroient que le prisonnier ne feroit aucun mal à qui que ce fust estant délivré et guari.
4. Que le temps venu de la pesche des anguilles iis nous en feroient fournir raisonnablement par leurs compagnons en payant.
5. Que je désirois qu'il fust recogneu pour capitaine entre les Sauvages; attendant que nos vaisseaux fussent venus pour en faire les cérémonies et le faire recevoir, et qu'il auroit pour adjoint et pour son conseil après lui Érouachy, Bastisquan chef des trois rivières, et le Borgne; qui estoit un bon Sauvage et homme d'esprit, avec un autre de nostre cognoissance, pour résoudre et délibérer des affaires entre eux.
6. Que ledit Érouachy tiendra sa promesse , que s'il void celui qu'il dit qui avoir tué nos hommes, qu'il s’en saisira ou nous le monstrera, s'il vient en ces lieux, pour en faire justice.
Voilà les conditions que tu leur diras que je désire , ausquelles je ne vois point de difficulté, et ayant resoult ensemblement, vous me viendrez revoir pour sçavoir ce que l’on fera sur ceste affaire, et s'ils seront délibére; d'accorder ce que Je
te propose. Il me promit d'accomplir le tout, en
leur remonstrant combien nous les surpassions en bonté, police, et justice, et comme nous nous comportions en choses criminelles, et ne leur ressemblions, veu qu'aussi-tost qu'un de leurs homcrus en leur NES avoit esté tué, sans considération aucune, ils dE alloient faire mourir le premier de la nation qu'ils de rencontroient, fust-ce sa femme ou son enfant : mais parmi nous, au contraire la justice ne s'exerçoit que contre celui qui avoit tué, et ne le sçachant que par soubçon nous usions de grande patience attendant le temps que nostre Dieu, juste Juge (qui ne souffre que les meschants prospérent
en leur mal) permet à la fin qu'ils soient descou- P
verts par des tesmoignages bien approuvez et ir- | E44 réprochables, premier que les faire mourir , ou délivrer s'ils n'estoient coulpables, ce que nous
faisions avec honneur et louange, et à la honte et | infamie de ceux qui l'auraient meschamment ac- P ( À ie cusé, devant souffrir le mesme supplice que le q Li Fe criminel , que nous avions détenu ce prisonnier,
à et pour le 44 mois, sans lui faire aucun mal que & de l'avoir retenu tant de temps, sur ce qu’il nr'a- 41: voit dit et oui dire à Martin , Sauvage défunct, et pour le bruict commun qui estoit entre tous les