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nier si iong-temps détenu, qui s'en alloit mourant
Ce que Fau
de jour en autre : je lui dis que si nous le relas- theur lui dis
chions que ce ne seroit point à cause de la nécessité de vivres, car bien que nos pois manquassent, nous allions chercher des racines de quoi .. sc fust aussi bien, voire mieux passé que nous, lui qui estoit accoustumé d'avoir de telles nécessitez : de plus, que si nous eussions voulu lui faire perdre la vie depuis un an qu'il estoit détenu, que nous l'aurions peu faire, mais que nous ne faisions aucune chose sans bonne et juste information. Il dist qu'il le recognoissoit bien, que toutesfois si on le vouloit délivrer qu'il en respondroit , et s'obligeroit de le représenter, estant guéri d'un mal de jambe dont il estoit entrepris, et de mal d’estomach , que si on n'y apportoit un prompt remède il mourroit en bref : je lui dis que j y adviserois dans dix jours, qui estoit pour dilayer, attendant tousjours nos Vaisseaux.
J'advisai que s'il estoit question qu'il sorust, que ce seroit à mon grand regret, et d'ailleurs qu'en le délivrant cela nous pourroit en quelque façon estre profitable, et que toutesfois et quantes que nous le désirerions avoir nous le pourrions reprendre, s'il n'abandonnoit tout le pays.
Or comme j'ai dit ci-dessus, entre tous le Sauvages nous n’avions pas cogneu un plus fidelle ami et secourable que Chomina, qui nous advertissoit
Chomivua Sau
vage advertitles
232 VOYAGES 2 at us. de toutes les inenées qui se passoient parmi les ga d D: Sauvages, aussi je l’entretenois fort bien le co- vol a gnoissant vraiment loyal, il estoit, comme j'ai dit jee ci-dessus, l’accusateur et dénonciateur de nostre Me meurtrier, soubçonné par ses camarades qui lui portoient envie, mais il y en avoit qui le favorisoient, et principalement Érouachy, qui le portoit fort parmi eux.
Je mande Chomina qu'il me vint trouver au men fort, et aprés lui avoir longuement discouru sur "+ ce subject de la bonne volonté qu’il avoit tous- 1,44 jours eue envers les François, qu'il eust à la con-
- fi Lautheur | tünuer, en lui promettant de l’eslir capitaine à l’ara belles promes- ryée de nos vaisseaux : que tous les chefs feroient : Et estat de sa personne, qu'on le tiendroit comme François parmi nous, qu'il recevroit des gratifica- : FER tions et de beaux présents à l’advenir, lui donnant
crédit et honneur entre tous ceux de sa nation, : J
comme aussi de le faire manger à nostre table,
honneur que je ne faisois qu'aux capitaines d’en-
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tr'eüx, et que pour accroistre son crédit, qu'aucun
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conseil ni affaire ne se passeroit parmi eux qu'il n’y fust appellé, tenant le premier rang en sa nation, et pour davantage le mettre en réputation et le mettre du tout hors de soupçon de ce qu'on È l’accusoit qu'il estoit l'un des tesmoins de nostre 18 Fi . meurtrier, qu'il lui vouloit du mal, le menaçant u que s’il sortoit une fois de nos mains qu'il se ven-
DE CHAMPLAIN. 233 geroit de lui. Pour rabatre toutes ces mauvaises volontez, il falloit qu’il creust mon conseil, que ‘3h
Q . Q . ’ . , . Q dl tu 4 s'il avoit bien faict par le passé, il falloit qu'il fist AUS +
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