CHAPITRE II
Arrivée de Desdames de Gaspey. — Un capitaine canadien offre loute courtoisie au sieur du Pont. — Quelques discours qu’eut l’autheur avec lui, et ce que firent les Anglois.
Le 95 du mois d'avril Desdasmes arriva avec la chalouppe de Gaspey, qui dit n'avoir ve aucuns vaisseaux, ni les Sauvages, et n’en avoit sçeû aucunes nouvelles , smon que quelques uns qui venoient du costé d’Acadie qui dirent y avoir quelques huict vaisseaux anglois, partie rodant les costes , autres faisant pesche de poisson : que Ivan Chou capitaine sauvage des Canadiens leur avoit fait bonne réception selon leur pouvoir, s’offrant que si le sieur du Pont vouloit aller en leur pays, au cas que nos vaisseaux ne vinssent, quil ne manqueroit d'aucune chose de leur chasse, ce faisant faire une petite maison en quelque endroit. De plus qu'il prendroit 20 de nos compagnons, qui partiroient parmi les siens pour y passer l’hyver, où ils n'auroient aucune faim, moyennant
Countoisie au deux robbes de castors pour chaque homme. Ce
capitaine de Canada aux Fransois,
n'estoit pas pen de treuver tant de courtoisie et
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ec la cuns L au- 1 veuelit les Ivan avoit frant pays ; ñl ne e, ce droit.
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DE CHAMPLAIN. 245 de retraite asscurée parmi eux, beaucoup mieux qu'avec nos Sauvages : ils nous apportérent un baril et demi de sel, sans ce que ceux de la chalouppe aidérent aux Péres religieux, lesquelles choses en ce temps-là ils prisoient plus que de l'or. Il nous confirina comme les Anglois avoient bruslé tous les vivres qui restoient aux Péres Jesuites, qu'ils avoient donné quelques six barils de farine aux Sauvages moitié guerre moitié marchandise : qu'ils avoient une grande aversion contre Les ennemis, notamment contre Les François renégals qui les avoient émmenés : et tout ce que nous avions seen des Sauvages, il nous le confirma touchant le combat, sçavoir qu'un petit vaisseau françois arrivant sur ceste affaire, ne voulant estre de la partie, se sauva parue à la rame et à la voile, et cogneut on que c'estoit le Révérend Pêre Norot Jésuite, qui s'estoit séparé depuis longtemps d'avec ledit de Roquemont, s'ils eussent eu quelque homme de conduitte et hazardeux, ils eussent entré facilement en la rivière pour veuir à Québec nous secourir, ce qui l’occasionna de s'en retourner en France, n'ayant emmené en Angleterre que les capitaines et principaux, et Le petit Sauvage que l’on remmenoit en son pays : que le général Guers avoit esté dix jours à se raccommoder à Gaspey, qu'ils n'avoient bruslé les
barque ni chalouppe à l'isle de Bonnaventure , ni
x. lan EU LE roro
PE srêns 22
Naufrage et perte que coururent les Anglois.
autres lieux, comme on nous avoit dit: que l'on avoit donné deux vaisseaux pour rapasser les François en France avec partie des maris, femmes et enfants, qui coururent depuis plusieurs fortunes et dangers, tant aux costes d'Espagne qu'ailleurs, desquels naufrages ils s’estoient sauvez, fort incommodez de toutes choses: voila ce que les efiects de ceste guerre causé, ent at commencement en la Nouvelle France aux Anglois, ils faisoient bien d'aller en ces lieux, voyant qu'ils ne pouvoient rien faire en l’isle de Ré où tout leur avoit mal succédé.
Entendant de si tristes nouvelles nous voyant comme hors d'espérance de tout secours , nous jugeasmes qu'il n'estoit plus temps de temporiser, mais bien de remédier de bonne heure à ce que nous pouvions avoir affaire ; nostre petite barque estoit toute preste, Le dit du Pont s’estoit résolu de s'en aller dedans sans attendre la chalouppe davantage, craignant qu'elle ne tardast trop, et partant trop tard que malaisément l’on trouveroit des vaisseaux aux Costes pour estre possible partis, qu'en chemin faisani pour le plus seur, si nos vaisseaux devoient venir, ils Les rencontreroient ou ladite chalouppe qu'ils emméneroient avec eux. Ledit du Pont avoit eu de la peine à se résoudre à cause de l’incommodité de ses goutes, mais lui ayant bien remonstré qu'il avoit bien quitté sa
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maison pour s'embarquer en un meschant petit vaisseau, ct de plus qu'il estoit venu à Gaspey parmi tous les dangers de la guerre aussi malade qu'il estoit : davantage qu'il s’estoit mis dans une chalouppe de Gaspey pour venir à Québec avec de si grandes incommoditez qu'on ne l’auroit creu, si on ne l'avoit veu, que ce n'estoit pas de mesme en ceste occasion plus pressante , d'autant que son aage ct la réputation qu'il avoit entreles navigeants de ces costes , estoient cause qu'avec les capitaines et maistres des vaisseaux desquels il estoit cogneu, plus facilement il treuveroit passage , et pourroit plus asseurément contracter avec lesdits chefs des vaisseaux pour le passage; pour sa personne il n’alloit pas dans une chalouppe comme il estoit venu de Gaspey avec de grandes douleurs et incommoditez, mais en une barque fort gentille et bien accommodée, y ayant sa chambre où il seroit trés bien , et avec des personnes qui l'assisteroient, en lui portant toute sorte de respect, pouvant recouvrir plus de rafraichissement le long des costes, changeant d'un jour à autre de lieu que non pas à Québec où il n’y avoit rien: qu'il se trouvoit fort peu de personnes qui voulussent demeurer à l'habitation sans vivres. Que pour sa personne seule il falloit empescher quelquefois quatre hommes à l’assister et secourir, lesquels ne
pourroient lemeurer avec lui, de sorte que force
Ce que dit l'autheur au \:
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leur seroit de l'abandonner pour aller chercher leur vie de jour à autre : que de tenter la fortune de repasser en France lui seroit chose meilleure que de souffrir de si grandes nécessités, ne pouvant plus rien espérer de Québec, ayant le peu qu'il y avoit esté conservé pour lui seul, ce que je ne pensois pas qu'il peust faire, il me dist que pour le voyage qu'il avoit fait de France à Québec, il n'estoit pas à s'en repentir, mais trop tard, je lui dis, vous sçaviez aussi-bien que moi la façon comme l’on nous traitte en ces lieux, où les nécessitez ont plus régné que les biens-faits de ceux qui ont ceste affaire, vous n'estes point novice en cela, un autre se pourroit excuser, mais vous avez L'op d'expérience pour sçavoir et cognoistre ce qui en est : Car si à Québec vous aviez les commoditez approchantes de ce qu'il vous faudroit je vous conseillerois d'y demeurer. Enfin comme j'ai dit ci-dessus, il se résolut de s'embarquer et laisser le sieur de Marais, fils de sa fille en sa place, et emporter avec lui quelque 4000 castors pour subvenir aux frais de la despence, qui furent em-
su a Parquez. Cela résoulu, le lendemain il me dist si Pout faict voir + .
sa commission. ] AUTOIS agréable qu'il fit lire sa commission que lui avoit donnée le sieur de Caen, afin qu'un chacun sçeust la charge qu'il lui avoit donnée en ces lieux, craignant que ledit de Caen ne lui donnast
ses gages, lorsqu'il lui demanderoit, je lui dis que
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ne ure oupeu e je que bec, » Jui icon néceux ce el vous )istr'e coImoit Je Le J'ai aisser e, et *sub- emlist si 1 que cha- 'n ces nas
IS que
DE CHAMPLAIN. 219 cela ne im'importoit pas beaucoup, mais qu'il commençoit bien tard, parce que ledit de Caen, outre le droict qui lui pouvoit appartenir, s'attribuoit des honneurs et commandements qui ne lui appartenoient pas, anticipant sur les charges de Viceroy, Jui monstrant les principaux points. Pour ce qui touchoit le twafic et commerce de pelleterie il y avoit toute puissance, qu'en cela les articles de Sa Majesté nous gouvernoient, à quoi il se falloit arrester : en outre j'avois bonne commission en forme, selon la volonté de Sa Majesté, et de monseigneur le Viceroy, et celle dudit sieur de Caen ne pouvoit estre de telle considération.
Le lendemain, qui estoit Le dimanche , au sorur de la sancte messe je fais assembler tout le peuple, avec la copie de la conumission du sieur du Pont, les articles de Sa Majesté et la commission
de monseigneur le Viceroy, auquel véritablement
je fais entendre le pouvoir que pouvoil donuer
ledit sieur de Caen à ses commis, différents d'avec celui que j'avois selon les articles de Sa Majesté, que je fis lire, contenant aucuns poincts de la commission dudit du Pont, et ensuite ma commission, qui estoit Lort ampie, disant à tous : je vous {: commandement de par le Roy, et monseigneur le Viceroÿ, que vous ayez à faire tous ce que vous commandera ledit du Pont, pour ce qui touche
le trafic et commerce des marchandises, suivant
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les aiticles de Sa Majesté que je vous ai fait lire, et du reste de m'obéir en tout et par tout en ce que je commanderai, et où il y aura de l'intérest du Roy et de mondit Seigneur, en me réservant dix hommes gagez dudit de Caen, suivant les articles résolus de toute la société, desquels ledit de Caen avoit esté porteur, et me les mit en main, par l'un desquels estoit porté et enchargé me donner dix hommes, avec toutes les commoditez nécessaires pour les employer au Fort, ainsi que j'aviserois bon estre. Jai creu que ledit sieur de Caen ne s’en ressouvenoit plus, car il n'y avoit pas d'apparence qu'il eust voulu disputer une chose où lui-mesme avoit signé, et le sieur Dolu, et autres associez. La chose la plus importante estoil de se fortifier le mieux que l’on pourroit pour la conservation du pays, qu'à faute de ce faire c’estoit le laisser en proie à un ennemi qui peut recognoistre nostre foiblesse, sans que ledit du Pont ni autres puissent empescher l’effect du commandement que j'ai, sur peine de désobéissance et puniuon corporelle.
Je vois bien (dist le sieur du Pont) que vous protestez ma commission de nullité. Oui en ce qui heurte l'suthorité du Roy et de monseigneur le Viceroy, pour ce qui est de vostre traicté et commerce, suivant les articles de Sa Majesté, à
quoi il se faut tenir, cela se passa ainsi.
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La chalouppe (comme j'ai dit ci-dessus ) estoit venue de Gaspey, qui interrompit le dessein dudit du Pont de s’en aller, d'autant que son intention n'estoit qu'au cas qu'il n'y eust aucun vaisseau à Gaspey où il peust s’en retourner, de revenir à Québec sans se mettre en peine de passer plus outre pour chercher passage et aller en France dans les vaisseaux françois, qui pouvoient être à l'isle de Sainct Jean du cap Breton, Canseau, isles de Sainct Pierre, Plaisance ou autres ports, qui sont à l'isle de Terre Neufve, où il y en avoit, et sembloit quil ne voulust aller à Gaspey que pour establir les François avec les Sauvages et s’en revenir à Québec : les matelots qui ne désiroient plus y retourner craignant de mourir de faim, avoient volonté de courir le risque et de chercher passage plustost que de demeurer avec les Sauvages, Si ce n'estoit par force: ce qui me fit lu demander si c’estoit son intention de s'embarquer en la barque, s’il avoit dessein de s’en retourner à Gaspey, il me dit qu'oui : alors je lui dis, que pensez-vous qui vous rameine , regardez ce qu'avez à faire, car les matelots ne sont pas délibérez le revenir, et ainsi vous vous trouverez déceu si vous vous attendez à cela, vous voyez que l’on descharge l'habitation de plus d'hommes que l’on peut, ne faisant estat que d'y faire demeurer
treize à quatorze personnes, el vous revenant,
Dessein du sieur du Pont d'aller à Que bee.
Remustrarce qui lautheur fait au sicur du Pout,
vous en amenerez une douzaine, ce seroit pour mourir de faim les uns pour l'amour des autres, il ny a pas beaucoup d'apparence : joint que quelques matelots sont résolus de demeurer avec les Sauvages de par delà, et le reste d'aller chercher passage à quelque prix que ce soit, mesme que ne trouvant vaisseaux ils se veulent hazarder de passer la mer en ceste barque, et si n'avez volonté de passer plus outre, je vous conseille plustost de demeurer ici : car aussi bien vostre voyage seroit inutile, estant contraint de demeurrer avec Les Sauvages où courir le hazard avec les inatelots.
Ce qu'entendant il désira plustost demeurer, que de se mettre au risque , appréhendant la peine qu'il pensoit avoir en ce voyage pour le mal des youtes qui le tourmentoient de telle façon, qu'il estoit plus couché que debout, cela résolu il fit descharger de la barque 500 castors, de mil qu'il y avoit fait mettre.
Je fis d'amples mémoires de tous les deffauts que je recognoissois , avec lettres adressantes à Sa Majesté, à monscigneur le Cardinal , et à messieurs
u fit me. du Conseil, et aux associez, mettant Le tout entre ke der, Jes mains de mou beau-frère Boullay, lequel j'avois bien instruit de tout ce qui estoit nécessaire, lui donnant une commission suivant le pouvoir que
j'avois : et lui commandai de s'en aller avec les
pour tres, que avec heresme arder Avez seille osU'e emeu-
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effauts es à Sa SSIEULTS t entre | j'avois ire, lui oi que
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matelots chercher passage à quelque prix que ce
fût, lui donnant charge de laisser à Gaspey avec | dE Ivan Chou et ses compagnons sauvages, tous ceux ! 1
qui y voudroient demeurer , et ceux qui le vou- At:
droient suivre qu'il les emmenast avec lui. J'or-
donnai à tous ceux qui devoient s’en retourner,
qu'ils allassent dans les bois deux ou trois jours {
premier que partir pour chercher des racines pour oi
leur provision, attendant qu'ils peussent rencon-
trer la pesche de molue vers Mantane : ce qu'ayant Fait aswm
ble les mate
LR] . LR . lo .
fait je les fais tous assembler, voulant sçavoir la ”
volonté des uns et des autres, sçavoir ceux qui
désiroient. demeurer à Gaspey, et ceux qui vou-
loient suivre mon beau-frère , il s’en treuva vingt,
de trente qu'ils estoient, qui désirérent demeu-
rer à Gaspey, ent'autres Foucher, Desdames, et
deux autres matelots, et le reste désiroit courir Eur
risque.
Ayant mis ordre à tout, mon beau-frére partit ,
'artement de
. A à son heu Lei avec sa barque et tout son esquipage, le 26 de
juin, laquelle n’avoit que des racines, si ce n’es-
toient aucuns qui par leur mesnage avoient quel-
que peu de farine de pois. A barque parue chacun
de ceux qui restoient commencérent à labourer la
terre, et \ semer des naveaux, pour nous survenir
durant l'hiver : en attendant la moisson on estoit
tous Les jours à la recherche des racines pour vivre, tul . . » 0 . . : {+ \ ce qui causoit de grandes fatignes, car on alloit six {.
AS pr on nt VE 3:
25/ VOYAGES à sept lieues les chercher, avec une grande peine et patience, sans en treuver en suffisance pour
vaille à chercher de quoi
dire voient pour prendre du poisson, et faute de filets,
Chacun tr nous nourrir. Les autres faisoient ce qu'ils pou-
lignes et hains, nous ne pouvions faire grande chose : la poudre pour la chasse nous estoit si chère que je désirois mieux pâtir que d’user si peu que nous en avions, qui n’estoit pas plus de 80 à 40 livres, et encore très mauvaise.
Nous attendions de jour en jour les Hurons, et par mesme moyen vingt François qui estoient allez avec eux pour nous soulager de nos pois : ceste surcharge me mettoit bien en peine, n'ayant du tout rien à leur donner s'ils n’apportoient de la farine avec eux, ou que lesdits Hurons ne les remmenassent, ou bien les mettre avec les Sauvages autour de nous, couime ils nous avoient promis de les prendre, mais comme ils sont d’une humeur assez variable, cela me donnoit du tourment. Chomina nous dit qu'il s’en alloit aux Trois Rivières avec tous les Sauvages, qui deslogeoient d'auprés de Québec, pour aller au devant des Hurons traitter de farines s'ils en avoient : pour cet effect il
Chomina pro:
aan" demanda quelques cousteaux, et promet en traitter fidèlement , nous apportant aussitost les farines : la créance que nous avions en lui, fit qu'on lui en donna, et une arme de picquier qu'il demanda à
emprunter pour la guerre, de quoi il ne fut re-
fi
ve
peine pour poufilets, rande oit Si si peu
ns, et t allez ceste nt du
de la s r'em- 1vages roms ameur . Choiviéres auprés s traitffect il traitter arines :
lui en anda à fut re-
fusée. Son frère Ouagabemat s'offrit d'aller à la coste des Étéchemins, où estoient les Anglois, pour y traitter de la poudre ; il demanda qu'on lui donnast un François, lequel demeuroit à deux journées dans les terres de la coste, ce qui lui fut accordé, pour tascher de quelque façon que ce füt à nous maintenir. Pour ce sujet il partit le 8 de juillet, laissant la grande rivière, et ayant fait quelque chemin par celle qui va ausdits Étéchemins, ils treuvérent si peu d'eau qu'ils furent contraints de
s'en revenir le 11 dudit mois, et par ainsi ce voyage ne
fut rompu.
Le 15 de juillet arriva l'homme que j'avois envoyai à la descouverte des Sauvages appelé Abenaquioit, qui me fit rapport de tout son voyage suivant le mémoire que je lui avois donné, le nombre des saults qui falloit passer premier que d'y arriver, la difficulté des chemins qui se rencontroient en ce trgect de terre, jusqu'à la coste desdits Étéchemins, les peuples et nations qui sont en ces contrées, leurs façons de vivre, nous asseurant que tous ces peuples vouloient lier une estroitte amitié avec nous, et prendre de nos hommes avec eux pour les nourrir durant l'hiver, attendant que nous eussions secours de nos vaisseaux : qu'en peu de jours il devoit venir un chef de ses peuples avec quelques canots pour confirmer leur amitié, et mesme nous aider de leurs bleds d'Inde, estant
Rapport de la descouverte
des Sauvages
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pagne de. maisons, ayant nombre de terres défrichées où ils sément force bleds d'Inde qui recueillent suffisamment pour leur nourriture, et en aider leurs voisins, quand il manque quelque année qui n'est pas si bonne que d'autre. Il y a de belles campagnes et fort peu de bois où ils habitent, la pesche du poisson y est abondante de bars, saumons, esturgeons et antres poissons en grande quantité : comme aussi y est três bonne la chasse des animaux et du gibier, de sorte que quand les caues sont un peu grandes l’on y peut aller en six jours avec diligence : il y a une rivière qui va tomber en ceste coste des Étéchemins, en laquelle j'ai esté autrefois du temps du sicur du Mont, comme j'allois descouvrir les ports, hâvres et riviéres, Ce voyage et descouverte me donna un grand contentement pour l'espérance du fruict qu'un jour nous en pourrions retirer durant nostre nécessité, où ces peuples nous pouvoient bien servir. Ce qui est de remarquable, c'est un lieu où l’on ne craint point d’ennemis sur le chemin, qui vous puisse empescher d'aller et venir librement.
Le 17 du mois de juillet arrivérent nos hommes des Hurons en douze canots qui n’apportérent aucunes farines sinon quelques uns qui en avoient, ne la monstroient à la veue, en attendant nostre
disette, il falloit qu'ils fissent comme nons, et
an-
éfri- 1 ree, et Ique va de habite de ns en ane la » que y peut viére ns, en
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hâvres ana un fruict nostre en serieu où in, qui ement.
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allassent chercher des racines pour vivre. Je me délibérai les envoyer à l'habitation des Abenaquiois pour vivre de leurs bleds d'Inde attendant le printemps, n'ayant plus d'espérance de voir aucuns amis ni ennemis, la saison estant passée selon les apparances humaines.
Le révérend Pére Brébeuf (selon ce que lui ; Retour du
avoit mandé le révérend Père Massé supérieur)” Te s'en revint des Hurons, leur laissant une extrême tristesse de son départ, lui disant : Hé quoi! NOUS | Regret qu'on délaisses-tu ? Il y a trois ans que tu es en ces lieux ”"" pour apprendre nostre langue pour nous enseiyner à cognoistre ton Dieu, l'adorer et servir, estant venu pour ce Suject, à ce que tu nous as tesmoigné, et maintenant que tu sçais plus parfaitement nosire langue qu'aucun qui soit jamais venu en ces lieux, tu nous délaisses, et si nous ne cognoissons le Dieu que tu adores , nous l’appellerons à tesmoin que ce n'est point nostre faute, mais bien la tienne, de nous laisser de telle façon; il le leur remonstroit que l’obéissance qu'il devait à ses supérieurs ne lui permettoit pour le présent de demeurer, attendu aussi les affaires qu'il avoit, et qui estoient grandement importantes, mais qu'il les asseuroit, moyennant la grâce de Dieu, de les venir treuver et amener ce qui seroit nécessaire pour leur enseigner à cognoistre Dieu et le servir, et ainsi se départit. En effeet ce bon TOME Il. 17
ES
Avoit le don des lingues.
L'autheur assiste un chaeun avec fort peu de recognoissance.
Pére avoit un don particulier des langues, qu'il apprit et comprit en deux ou trois ans, ce que d’autres ne feroient en vingt: nous fusmes fort aises de le voir, comme estoient aussi les Pères qui se promettoient qu’il leur apporteroit des farines des Hurons, qui eust esté fort peu de chose, n'eust esté la valeur de quelque quatre ou cinq sacs, qui, à ce que l’on me dist, pesoient environ chacun 50 livres.
Ceste arrivée de canots de Sauvages ne nous apporta aucun bénéfice, car ils n’avoient point de farines à traitter qu'environ deux sacs , que les Pères Récollets traittérent, et le sieur du Pont en fittraitter un autre par le sous-commis : pour moi il fut hors de ma puissance d'en pouvoir avoir, ni peu, ni prou et ne m'en fut seulement offert une escuellée , tant de ceux qui en pouvoient avoir, parmi les nostres, que parmi les autres : toutefois je prenois patience , ayant tousjours bon courage , attendant la récolte des pois, et des grains qui se feroit au désert de la veufve Hebert et son gendre, qui avoient quelque six à sept arpents de terres ensemencées, ne pouvant avoir recours ailleurs, et peux dire avec vérité que j'ai assisté un chacun de tout ce qui m'estoit possible, ce qui fut néantmoins fort peu recogneu en mon particulier, et ceux qui estoient avec moi au fort, et estant les plus mal
pourveus de toutes choses.
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moi ir, ni , une voir, Lefois rage , qui se ndre, Lerres rs, Ct un de moins IX qui s mal
Pour ce qui estoit des révérends Péres Jésuites
ils w’avoient que de la terre défrichée et ensemen-
cée pour eux et serviteurs au nombre de douze
ne nous en pouvant aider comme je crois qu'ils
eussent fort désiré : le lieu où ils sont habituez est
très agréable, estant sur le bord de la rivière S. Charles.
Les Péres Récollets avoient beaucoup plus de terres défrichées et ensemencécs et n’estoient que quatre, promettant que S'ils en avoient plus qui ne leur faudroit en 4 à cinq arpents de terre ensemencez de plusieurs sortes de grains, légumes, racines et herbes potagères qu'ils nous en donneroient. L'année précédente chacun avoit si bien conservé cequ'il avoit qu'il s'estoit fait fort peu de libéralitez, sinon à quelques particuliers de ceux qui estoient logez à l'habitation, et celle, comme dit est, des Pères Jésuites qui nous assistérent de quelques naveaux selon leur puissance.
Comme les Hurons se délibérent de s’en retourner avec si peu de marchandises qu'ils avoient apportées, pensant treuver de quoi traitter, nouvelles nous vindrent de l’arrivée des Anglois par un Sauvage appelé La Nasse, qui avoit sa maison proche des Pères Jésuites, lequel donnoit espérance et toute sa famille de se faire instruire en nostre foy, et mesme les Péres lui avoient donné de leur terre défrichée pour le gaigner à eux, ce fat lui qui
Habitation
des Peres Je suites lortagréa
Charité des
leres Récollets
Nouvelle de l'arrivée des Auglois
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HR AFAE.