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DFE CHAMPLAIN, 2063
« vous asseurer de son amitié, Comme nous vous « faisons de la nostre, et sçachant très bien les né- « cessitez extrêmes de toutes choses ausquelles « vous esles , que vous ayez à lui remettre le fort « et l'habitation eutre nos mains, vous asseurant « Loutes sortes de courtoisie pour vous et pour les « vostres, comme d'une composition honneste et « raisonnable, telle que vous sçcauriez désirer , at- « Lendant vostre response nous demeurons , Mon- « sieur, vos trés affectionnez serviteurs Louis et « Thomas Guer. Du bord du Flibot, ce 19 de juil-
« Let 1699. »
Ceste lettre lue devant le principal commis et autres des principaux, il fut résolu de leur fiure
response , comme ils ensuit.
« Messieurs, la vérité est que les négligences ou « contrariétez du mauvais temps, et les risques de « la mer, ont empesché le secours que nous espé- « rions en nos souffrances, et nous ont osté le « pouvoir d'empescher vostre dessein , comme « avions fait l'année passée , sans vous donner lieu « de faire réussir vos prétentions, qui ne seront «sil vous plaist maintenant qu'en effectuant les « offres que vous faites d’une composition , la- « quelle on vous fera sçavoir en peu de temps
nous y estre résolus, ce qu'attendant il vous
« plaira ne faire approcher vos vaisseaux à la por- « tée du canon, ni entreprendre de mettre pied « à terre que tout ne soit résolu entre nous , qui « sera pour demain. Ce qu'attendant je demeurera, « Messieurs, vostre affectionné serviteur Cham-
« plain, ce 19 juillet 1 629. »
Ledit capitaine Louis Guer r'envoya sur le soir sa chalouppe pour avoir ces articles de la composition , avec asseurance de nous donner toutes sortes de courtoisies , lesquels articles envoyasmes
avec le plus d'adventage qu'il nous estoit possible.
Articles accordez par le sieur Guer, commandant de présent aux vaisseaux qui sont proches de Québec, aux sieurs de Champlain et du Pont, le 19 de juillet 1629.
Que Le sieur Guer nous fera voir la commission du Roy de la Grande-Bretagne , en vertu de quoi
Ne il se veut saisir de ceste place, si c'est en effect par
LA une guerre légitime que la France aie avec l’An-
LS gleterre , et s'il a procuration du sieur Guer son
FE frère Général de la flotte augloise, pour traitter né avec nous, 1] la monstrera.
à. | é 3 Il nous sera donné un vaisseau pour rapasser en
France tous nos compagnons, et ceux qui ont esté pris par le sieur Général, allant treuver passage en France, et aussi tous les religieux, tant les
Peres Jésuistes que Récollets, que deux Sauvages
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DE CHAMPLAIN. 205 ses qui n'ont esté données il y a deux ans par les Sauvages, lesquelles je pourrai emmener sans qu'on me les puisse retenir , ni donner empeschement en quelque manière que ce soit.
Que l’on nous permettra sortir avec armes et bagages , et toutes sortes d'autres commoditez de meubles que chacun peut avoir, tant religieux qu'autres , ne permettant qu'il nous soit fait aucun empeschement en quelque maniére et façon que ce soil.
Que l’on nous donnera des vivres à suffisance pour nous repasser en France, en change de pelleteries, sans que par violence ou autre manière que ce soil, on empesche chacun en particulier d'emporter ce peu qui se treuvera entre les soldats et compagnons de ces lieux.
Que l’on usera envers nous de traitement le plus favorable qu'il se pourra , sans que l'on fasse aucune violence à qui que ce soit, tant aux religieux et autres de nos compagnons, qu'à ceux qui sont en ces lieux, à ceux qui ont esté pris , entre lesquels est mon beau-frère Boullé, qui estoit pour commander à tous ceux de la barque partie d'ici, pour aller treuver passage pour repasser en l'rance.
, Le vaisseau où nous devrons passer, nous sera remis trois Jours aprés nostre arrivée à Tadoussac
entre les mains, et d'ici nous sera donné une bar-
que ou vaisseau pour charger nos commoditez, pour aller audit Tadoussac prendre possession du vaisseau que ledit sieur Guer nous donnera, pour repasser en France prés de cent personnes que HOuS sommes , tant CEUX qui ont eslé pris, Comme ceux qui sont de présent en ces lieux.
Ce qu'estant accordé et signé d'une part el d'autre par ledit sieur Guer qui est à Tadoussac général de l'armée angloise et son Conseil , nous metuons le fort, l'habitation , et maisons entre les mains dudit sieur Guer, où autre qui aura pouvoir pour cet effect de lui. Signé, Champlain, et du Pont.
Ces choses ainsi résolues furent envoyées aux vaisseaux où estoient lesdits Louis et Thomas Guer, qui virent ce que nous demandions , et aprés les avoir considérez ils se résolurent d'y faire respondre le plustost qu'ils pourroient , ce qu'ils fi-
rent, comme il s ensuit.
Articles accordez aux sieurs de Champlain et du Pont.
Pour le fait de la Commission de Sa Majesté de la Grande-Bretagne le Roy mon maistre, je ne lai point ici, mais mon frère la fera voir quand ils seront à Tadoussac.
J'ai tout pouvoir de traitter avec monsieur de
Champlain , comme je vous le ferai voir.
Lez , Pour Le fait de donner un vaisseau je ne le puis 52 du faire , mais vous vous pouvez asseurer du passage {5
pour en Angleterre , et d'Angleterre en France , ce qui
que | vous gardera de retomber entre Les mains des An- d
ame glois, auquel danger pourriez tomber. 3
Et pour le fait des Sauvagesses , je ne le puis ac-
1 el cordcr pour raisons que je vous ferai sçavoir si ssac j'ai l'honneur de vous voir; que pour le fait de ous sortir armes et bagages , et pelleteries , j'accorde ntre que ces messieurs sortiront avec leurs armes, haaura bits et pelleteries à eux appartenants, et pour les lan, soldats leurs habits chacun avec une robe de cas-
tor sans autre chose :; et pour le fut des Péres ils
ÿ AUX se contenteront de leurs robes et livres.
suCT, Ce que nous promettons faire ratifier par mon
:s les frère Général pour la flotte pour Sa Majesté de r'es- la Grande-Bretagne, signé VKertk, et plus bas ls f1- Thomas Kertk, et plus bas est #serit.
Les susdits articles «ccordez avec les sieurs de Champlain et du Pont, tant pour les frères Louis à et Thomas Kertk, je Les accepte et ratifie, et pro- NT. nn mets qu'ils seront effectuez de point en point. Fait
é de à Tadoussac ee 19 d'aoust , sul neuf 1629, signé, a
e ne David Kertk , avec un paraphe.
nan | Ayant arresté les arucles ils nous r'envoyerent
la chalouppe, nous priant de la despescher au plus- #4 r de Lost, pour SCAVOIP SI NOUS acceplerlons leurs art:
cles, à quoi nous advisasmes, nous estant assem- ?
RU LE PARTS 21 ù
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blez pour résoudre ce que l'on pourroit faire en ces extrémitez, el ne pouvant pas mieux , NOUS résolusmes de prendre la composition. Le lendemain 20 dudit mois ils firent approcher leurs trois vaisseaux, Sçavoir le Flibot de près de cent tonneaux avec dix canons, et deux pataches du port de quarante tonneanx, chacune six canons, et quelques cent Cinquante hommes, ayant mouillez l'anchre devant Québee, je fus treuver le capitaine Louis, pour seavoir ce qui l'avait empesche de ne me permettre d'emmener mes deux petites filles Sauvagesses Que J'avois depuis deux ans, ausquelles j'a-
L'autheur
chieut d'en: VOIS ENSeIgné tout Ce qui estoit de leur créance, et mener deux Bauvagesses.
appris à travailler à l'aiguille, tant en linge qu'en tapisserie, en quoi elles travaillent {ort proprement, estant au reste fort civilisées et portées d’un désir extresme de venir en France. Je fis tant avec ledit capitaine Louis que je le relevai des doutes qu'il avoit, me permettant les emmener, ce que sçachant ces files 1ls furent fort resjouies.
Je demandai des soldats audit Louis Quer pour empescher que l'on ne ravageast rien en la Chasut pescion pelle ni chez les révérends Pères Jésuites, Récol- Jets ni la maison de la veufve Hébert et son Len dre, ee qu'il fit, comme en quelques antres lieux ot il en estoit besoin, puis il fuit descendre à terr environ 150 hommes armez, va prendre posses-
sion de l'habitation où estant demanda les clefs am
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is r'émari vVaiseaux quaques ichre JUS , per uva- SJ a- 6, el qu'en )pred’un avec outes
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DÉ CHAMPLAIN. 209 sous-commis Corneille, et à Olivier qui traittoit avec les Sauvages, comme expérimenté et aux langues des Montagnais, Algommequins, comme de celle des Hurons, comme fort propre à cela. Il s'acquitta de sa charge en homme de bien, car ledit du Pont, principal commis, estoit au liet malade des gouttes, et ne pouvoit agir. Louis Quer ayant ces clefs les donne à un Francois appellé le
Baillif nauf d'Amiens qu'il avoit pris pour commis,
s eslant volontairement donné aux Anglois pour
les servir et aider à nous ruiner, comme pertide à son Roy et à sa patrie, avec trois autres que j'avois autrefois mené en nos voyages , il y avoit plus de quinze à seize ans, entre autres Fun appellé Esüenne Bruslé, de Champigny, truchement des Hurons, le second Nicolas Marsolet de Rouen, truchement ds Montaignas, le troisième de Paris, appellé Pierre Raye, charon de son mestier, lun des plus perfides traistres et meschants qui fust en la bande. Ledit Bulhf estoit venu autrefois en ces lieux avec ledit de Caen, qui l'avoit fait un de ses commis, l'ayant chassé pour estre grandement vi-
cieux. Cestui-ci entre au magazin, se saisit de tout
Paille, Frou
cois pe ide
Pille le mas
gazin des Prat
ce qui estoit dedans, et de trois mille Cinq cents"
à quatre mille castors, qui appartenoient au sieur de Caen, comme de toutes les autres commoditez qui estoient en Phabitation pour servir à icelle.
Louis Quer $'achemine au fort pour en prendre
possession, voulant desloger de mon logis, jamais « il ne le voulut permettre que je ne m'en allasse « tout-à-fait hors de Québec, me rendant toutes « les sortes de courtoisie qu'il pouvoit s'imaginer. «e Je lui demanda permission de faure célébrer la « saincte messe, ce qu'il accorda à nos Péres : je le « priai aussi de me donner un certificat de tout ce «e
qui estoit tant au fort qu'à l'habitation, ce qu'il
m'accorda, avec toute sorte d'affection ainsi qu'il
(oi s'ensuit. af à L « J'ai Louis Kertk, commandant de présent au de de ut ce « HrtdeQuébec en la Nouvelle France pour Le roy nc ne «ce la Grande Bretagne, mon seigneur et maistre, à pi certifie à tous ceux qu'il appartiendra, que j'ai Pc «iseuvé tant au fort qu à l'habitation ce qui s'en- « suit, 4 espoirs de fonte verte et ne moyenne «avec leurs boîtes, 2 breteuls de fer, de S00 livres « chacun, 7 pierriers avec leur boiste double, « 45 balles de fer pour les espoirs, et 6 balles cl « pour lesdits breteuls, 40 livres de pouldre à ca- pt k «non, 00 livres de meche, 14 mousquets, un F « mousquet à croc, 2 grandes arquebuzes à rouet si di « de 6 à 7 pieds, 2 autres mèches de mesme lon- bl ; de « gueur, 10 hallebardes , 12 piques, 5 à 6 milliers pe Y “sl « de plomb, 50 corcei:is suis brasarts, avec leurs qi ja ue « bourguninotes, 2 armes de gensdirmes à l’es- d î F5 « preuve du pistolet, deux pétarts de Lonte verte, n
Mais
lasse DuULeS iner.
2r la je le it ce qu'il
qu'il
ni at € l'oy islr'e, e Jai senenne livres uble, balles à Cas, Un rouet » lonillhers leurs , l’es-
verte,
«une vieille tente de guerre et plusieurs ustan- « cilles de mesnage et outils des ouvriers qui es-
‘ toient en cedit lieu de Québec, où commandoit
« le sieur de Champlain en l'absence de monsieur
« le cardinal de Richelieu pour le service du roy « de France et de Navarre. Faict au fort de Québec « ce 21 de juillet 4699. Signé Louis KERTKk. »
Ils se saisirent aussi de plusieurs commoditez
Ne voulons
appartenant aux révérends Pères Jésuites et Re- fi ane
ce qui appart uoil aux Bel
collets desquelles choses ne voulurent donner ci de mémoire, disant, s'il faut rendre (ce que je ne crois pas) 1l ne se perdra rien, cela ne vaut pas la peine de l’escrire ni en faire recherche. Pour les vivres que nous trouvons il ne s'en gastera ni encre ni papier, dont nous n'en sommes pas faschez, vous aimant mieux assister des nostres. Nous vous en remercions bien fort, lui dis-je, il n’y a sinon que vous les faites payer bien chérement sans pouvoir avoir moyen de les disputer.
Le lendemain il fit planter l'enseigne angloise sur un des bastions, fist battre la quesse, assembler ses soldats, qu'il met en ordre sur les ramparts , faisant tirer le canon des vaisseaux, et quelques 5 espoirs de fonte qui estoient au fort, et deux petits breteuls qui estoient à l'habitation, et
quelques boîtes de fer, après il fit jouer toute l'es-
coupéterie de ses soldats, le tout en signe de res- A jouissance. sc Le jour suivant il fut à la maison des Pères m Jésuites, lesquels lui monstrérent des livres et ta- le bleaux et quelques ornements d'église, en lui of- cl frant s’il vouloit quelques uns de ces livres et ta- P bleaux. Ilen prit ce qu'il voulut de ceux qui lui Fi semblérent les plus beaux, comme trois à quatre f: tableaux, le ministre angleis eut aussi quelques to livres qu'il demanda aux Péres, après veu la mai- m son et tout le désert qui estoit fort beau, il fut veoir v: les Pêres Récollets, de là s'en retourna à lhabita- ju tion.
LR ME La nuict ensuivant ledit Baillif prit audit sous- Q commis Corneille cent livres en or et argent, avec m
une tasse d'argent, quelque bas de soie et autres bagatelles qui estoient dans sa caisse, ayant esté aussi soubeonné d'avoir pris dans la chapelle un
calice d'argent doré valant 100 livres et plus,
de laquelle chose l’on fit plainte audit Louis Quer
ñ ra Res qui en fit quelque perquisition, mais nul n'avoua nl ba ce sacrilége détestable devant Dicu et les hommes. n Fe Ce Baïllif accoustumé à renier et blasphémer le Je fs nom de Dieu à tout propos en disoit assez pour se 3 F DA rendre innocent : mais comme 1l est sans foi ni loi, d 4 bien qu'il se dise catholique comme sont les trois C autres, qui ne se soucioient de manger de la chair r
ni vendredi ni samedi pour penser favoriser Îles
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lui iatre ques naieoir
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esté e un plus, Quer voua unes.
er le ur se u Loi, trois chair
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DE CHAMPLA à. 273 Anglois, qui au contraire les en blasmoient , et faisoient plusieurs autres choses licentieuses et blasmables, je lui remonstrois assez les deffauts et les reproches qu'un jour il recevroit, desquelles choses il ne se soucioit pas beaucoup, pour l’espérance qu'il avoit de jamais ne retourner en France. Toutes les meschancetez qu'il pouvoit faire aux François 1l leur faisoit : on recevoit toute sorte de courtoisie des Anglois, mais de ce malheureux tout mal. Je le laisserai pour ce qu'il vaut, attendant qu'un jour Dieu le chastie de ses jurements, blasphèmes et impiétez.
Depuis que les Anglois eurent pris possession de Québec, les jours me sembloient des mois, ce qui me donna subject de prier ledit Louis Quer me permettre m'en aller à Tadoussac, où j'attendrois le départ des vaisseaux, passant mon temps avec le général qui y estoit, ce qu'il n'accorda, puisque ma volonté n'estoit de demeurer davantage. J'accommodai ledit Louis Quer de quelques commoditez d'emmeublement pour sa chambre qu'il me demanda : et pour le reste de mes commodités, je les embarquai avec ledit Thomas Quer dans le Flibot avec mes deux peutes Sauvagesses, Du Pont demeura avec la pluspart de nos compagnons, comme firent aussi tous les Pères, attendant de s’en retourner au second voyage.
Lesdits Anglois s'estant ainsi saisis du pays, la