‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 60 sur 89 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

L'autheuroh.

tient congé d'aller à Tadoussac,

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veufve Hébert et son gendre ne pensant pas moins qu'à s'en retourner, se saisissant de leurs maisons et de leurs terres qui estoient ensemencées, ayant apparence d'une très belle récolte, comme aussi les terres desdits Pères, ce qu'ils ne firent ; an contraire lui offrant toute assistance, que s’il vouloit demeurer en sa maison qu'il le pouvoit faire aussi librement comme il avoit fait avec les François, bn permettant de faire cueillette de tous ses grains , en disposant comme il adviseroit bon estre, que pour le surplus de ce qui lui resterait de ses grains, qu :l le pourroit traitter avec les Sauvages, et l'année suivante au temps que les vaisseaux retourneroient s'il ne se treuvoit bien, il seroit en son opuüon de demeurer on s’en retourner, lui faisant valloir chaque castor marchand, quatre livres, qui lui seroient livrés à Londres. Tout ceci lui estoit grand advantage et plus qu'il ne pouvoit espérer :

mais comme Louis Quer estoit courtois, tenant

tousjours du vaturel François, et d'aimer la nation, bien que fils d'un Écossois qui sesloit marié à Dieppe, 1l désiroit obitger en tant qu'il pouvoit ces familles et autres François à demeurer, aimant

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ls Fran. Mieux leur conversation et entretien que celle des

Anglois, à laqueïle son humeur monstroit répugner.

Ces pauvres familles voyant la condition qu’on leur offroit de s'en retourner en France, après

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’ avoir employé quinze à seize ans de leur travail, pour tascher à s'oster de l’incommodité et nécessité qu'ils souffriroient sans doute en France, et estants chargés de femmes et enfants, ils se verroient contraints de mendicr leur pain, chose à la vérité bien rude et considérable à ceux qui se mettront en leur place. Ainsi se trouvoient-ils bien empeschés de ce qu'ils devoient faire, d'autant qu'ils se voyoient privés de l'exercice de L: :eligion, n’y ayant plus de prestres : ils m'en demandèren: non advis, plus par bienséance à mon opin

pour volonté qu'ils eussent à suivre ce qi r eusse conseillé, néantmoins jugeant l'avantage qu l’'Anglois leur faisoit, et la liberté qu'il leur donnoit de s’en retourner en France, je pensai leur donner un conseil qui ne leur cust point esté ruineux, leur remonstrant que la chose la plus chatouilleuse et de grand poix estoit l’exercice de nostre religion, qu'ils ne pouvoient jamais espérer si les Anglois estoient toujours en ces lieux, et par conséquent privé de la confession et des saincts sacrements qui pouvoient mettre leurs ames en repos pour un jamais , si ils leur estoient administrés, ce qu'ils ne pouvoient espérer si les François ne reprenoient la possession de ces lieux, ce que je me promettois moyennant la grâce de Dieu , que pour ceste année si j'estois en leur place je ferois

la cueillette de mes grains, et en traitter le plus

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